Mouvement Desjardins: l'étoffe du prochain président

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Selon Pauline D'Amboise, secrétaire générale chez Desjardins, la personne qui brigera la présidence doit posséder un sens politique.

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(Québec) La période de mises en candidature pour accéder à la présidence du Mouvement Desjardins se termine lundi, à 16h30. Qui sont les candidats potentiels et que faut-il pour s'asseoir sur la chaise laissée vacante par le départ de Monique F. Leroux, qui occupait le poste depuis huit ans?

Le Soleil a obtenu en exclusivité le libellé des sept grandes compétences recherchées par le groupe financier. Ces dernières figurent dans un document confidentiel remis aux 256 membres du collège électoral. La secrétaire générale chez Desjardins, Pauline D'Amboise, a accepté de les commenter.

La future présidente ou le futur président doit...

... être promoteur et représentant de la culture coopérative et de l'image de Desjardins

«Cela veut dire que la personne doit être en mesure de mobiliser les différentes parties prenantes face à notre modèle coopératif; d'être capable notamment d'en partager les valeurs. Cela doit être un individu qui s'inscrit dans la continuité, mais aussi qui assure la cohésion entre les stratégies d'affaires de Desjardins, sa valeur et sa mission. Pour le volet culture et affaires, la personne doit avoir la capacité à intégrer les deux.»

... avoir une vision et pensée stratégique

«Lorsqu'on est le premier leader d'une organisation comme Desjardins, c'est clair qu'il faut être en mesure de voir tous les environnements. Il faut être en mesure d'amener l'organisation pour répondre aux enjeux et en même temps savoir profiter des opportunités qui se présentent. Il faut être en mesure de lire le marché.»

... avoir le sens des affaires

«Dans la structure organisationnelle de Desjardins, nos quatre secteurs d'affaires relèvent de la présidence du Mouvement. Au-delà d'assurer la cohésion du groupe et de faire vivre la nature coopérative de Desjardins, il a un rôle de développement des affaires. On l'a vue au cours des dernières années avec les transactions qui se sont faites et avec les partenariats stratégiques qui se sont conclus même à l'extérieur du Québec. La personne est aussi là pour développer les affaires du Mouvement.»

... avoir une maîtrise de la gestion financière, des risques et de la réglementation

«Le chef de la direction doit être en mesure de venir rassurer les autorités [financières] et le public en général que le Mouvement Desjardins est géré de façon rigoureuse. Qu'il y a tout ce qu'il faut pour sécuriser l'avoir des membres.»

... avoir un sens politique et un leadership d'influence et de mobilisation auprès

des dirigeants élus

«Qui dit organisation avec une structure démocratique dit une personne qui possède un sens politique. Il y a des délicatesses lorsqu'on assume la présidence du Mouvement. On fait des affaires avec une équipe de permanents, mais aussi avec des dirigeants élus. Qui eux-mêmes ont leurs enjeux au niveau local, au niveau régional et aussi au niveau du Mouvement. Il faut posséder un sens politique et être en mesure d'influencer les gens. Le président du Mouvement est un leader d'influence parce ce n'est pas comme dans une entreprise traditionnelle ou on peut voir une prise de décision qui part d'en haut et qui s'implante par le bas avec une direction très directe. Chez Desjardins, on le sait, les décisions se prennent dans un leadership partagé. Maintenant, il faut faire en sorte que ce leadership-là s'exerce efficacement d'où toute la délicatesse qui est requise. Il faut donc avoir un bon sens politique à l'interne et à l'externe.»

... avoir un leadership d'influence et de mobilisation auprès de l'équipe de direction

«Compte tenu que le mouvement est rendu avec l'ampleur qu'il possède aujourd'hui et avec le fait qu'il se développe autant à l'échelle canadienne qu'au niveau, à certains égards, international pour accompagner nos membres, ça prend bien sûr une personne qui est en mesure d'assurer la cohésion et la mobilisation de l'équipe de direction. Nous avons un comité de direction de 12 membres avec des fonctions très variées, de soutien ou dans des secteurs d'affaires. Le président ou la présidente doit être en mesure de faire en sorte que tout ce monde-là interagisse et travaille ensemble pour aller plus loin, plus vite. C'est une habileté qui est recherchée.»

... avoir des habiletés intra et interpersonnelles

«C'est plus la personnalité de la personne. Elle doit être en mesure de répondre aux attentes des gens. Par exemple, cela demande de l'écoute et aussi avoir le sens de l'affirmation quand vient le temps. Bien sûr, il faut à un certain moment prendre des décisions. Et il y a aussi toute la question de la résilience, du contrôle de soi.»

Étapes à venir

Jusqu'à lundi : période

de mise en candidature

Du 2 février au 18 mars 2016 : rencontres privées avec les membres du collège électoral

19 mars 2016 : élection par les membres du collège électoral

8 avril 2016 : entrée officielle en fonction

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Pauline D'Amboise, secrétaire générale chez Desjardins  

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Un vote à huis clos

Le processus électoral menant à l'élection de la présidence du Mouvement Desjardins tire à sa fin. Le 19 mars prochain, les membres du collège électoral auront à se prononcer à huis clos pour leur nouveau patron.

La présidente et chef de la direction Monique F. Leroux, qui a été élue dernièrement à la tête de l'Alliance coopérative internationale, va donc passer le flambeau au cours des prochains mois, plus précisément le 8 avril, lors des assemblées générales annuelles du Mouvement. 

Le processus de transition chez Desjardins est toutefois commencé depuis près d'un an. «À la demande du conseil d'administration du Mouvement, Mme Leroux est venue expliquer en quoi consiste en 2015 le travail de présidente pour actualiser un peu la perception et la compréhension de notre réseau face à cette tâche importante», affirme au Soleil la secrétaire générale chez Desjardins, Pauline D'Amboise. 

Le profil recherché découle donc des travaux qui ont été faits au cours des derniers mois en prévision du départ de Mme Leroux. «Il fallait actualiser et structurer la description de cette fonction pour être claire avec toutes les personnes qui pourraient être intéressées, mais aussi avec nos dirigeants pour qu'ils comprennent bien c'est quoi le travail en 2016», explique Mme D'Amboise.

Afin d'aider les 256 membres du collège électoral [certains ne voteront pas] dans leur prise de décision, Desjardins va leur fournir au cours des prochains jours - après que la période de mise en candidature va être terminée, soit lundi à 16h30 - un guide avec notamment une présentation de chacun des candidats dans la course. 

Processus ouvert

Et qui peut postuler? «Le processus est très ouvert. La règle, c'est que la personne doit être membre chez Desjardins depuis au moins 90 jours», explique la secrétaire générale. «La candidature peut venir de l'interne comme de l'externe. Toutefois, le candidat doit comme premier pas obtenir l'appui de 10 signataires parmi les membres du collège électoral [au moins deux doivent provenir de chacune des grandes régions qui délimitent le territoire de Desjardins soit les régions Est, Centre et Ouest]. Cela nous évite d'avoir des candidatures frivoles. Chaque membre ne peut signer qu'un bulletin», précise-t-elle.

Ce qui signifie théoriquement qu'au maximum, 21 personnes peuvent soumettre leur candidature, «car certains membres du collège électoral ont décidé de ne pas signer le bulletin», explique Mme D'Amboise. «Par le passé, le plus de candidats que nous avons eus, ce sont huit [2008].»

Chaque mandat à la présidence est d'une durée de quatre ans pour un maximum de deux mandats.

Au début du mois de janvier, La Presse a révélé quatre personnes successibles de remplacer Mme Leroux, soit Stéphane Achard, premier vice-président et directeur général Entreprises, Service de cartes et Monétique du Mouvement Desjardins; Robert Ouellette, premier vice-président, Technologies et Centre de services partagés du Mouvement Desjardins; Guy Cormier, premier vice-président, Réseau des caisses et Services aux particuliers; et Sylvie St-Pierre Babin, présidente du conseil régional Outaouais, Abitibi-Témiscamingue et Nord du Québec. Cette dernière s'était présentée en 2008 contre Mme Leroux. Rappelons qu'en 2012, Mme Leroux avait été réélue par acclamation.

Le 13 février, une séance privée des représentants est prévue à l'horaire. Il s'agira du début de l'opération séduction pour les candidats. «Cette journée-là, la présidente du Mouvement va présenter les paramètres du prochain mandat et par la suite, tour à tour, les candidats vont faire une présentation suivie d'une période de questions. Ils vont présenter notamment leur vision», explique Mme D'Amboise.

Lors du vote au mois de mars, plusieurs tours de scrutin pourraient être tenus si une majorité n'est pas obtenue par un candidat. En 2008, six tours avaient été nécessaires pour que Mme Leroux devienne la première femme de l'histoire à être présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins. Elle avait succédé à Alban D'Amours. 

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