Charest favorable à Énergie Est

L'ex-premier ministre du Québec, Jean Charest, présentait jeudi... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'ex-premier ministre du Québec, Jean Charest, présentait jeudi matin à l'hôtel Le Bonne Entente ses perspectives économiques internationales pour 2016.

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(Québec) L'ex-premier ministre du Québec Jean Charest est favorable au projet Oléoduc Énergie Est.

L'avocat de formation, associé aujourd'hui au cabinet McCarthy Tétrault, était présent jeudi matin à l'hôtel Le Bonne Entente, dans Sainte-Foy, pour présenter ses perspectives économiques internationales pour 2016. M. Charest a terminé son allocution en soulignant l'importance d'un projet comme celui de TransCanada à l'échelle du pays.

Ce projet mérite-t-il d'être réalisé? «À mon avis, avec tout ce que j'en connais, la réponse est oui», a confié sans hésiter l'ancien chef du Parti libéral, tout en ajoutant qu'il faut bien sûr que l'entreprise albertaine réponde à certaines conditions avant de pouvoir obtenir le feu vert de l'Office national de l'énergie, notamment.

«M. [Justin] Trudeau semble avoir donné une indication assez claire qu'il y aura des tests et une évaluation plus rigoureuse que ce qui était prévu. Tant mieux. Là, il faut maintenant avoir un débat ordonné et ne pas juste y aller à coups d'impressions», signale-t-il. «Juste dire non, ce n'est pas une réponse.»

Pour défendre sa position, M. Charest affirme qu'il est plus sécuritaire de transporter du pétrole par pipeline que par tout autre moyen de transport. «Cela ne veut toutefois pas dire qu'on utilisera plus les autres modes de transport», précise-t-il. Il ajoute dans son argumentaire que l'empreinte carbone du transport du pétrole est moins importante par pipeline que par camions, trains ou navires. «Troisièmement, sur le plan commercial, c'est beaucoup plus logique d'acheter nos propres produits que de les acheter à l'étranger. Pourquoi on achèterait des États-Unis si on peut acheter de soi-même?» demande-t-il.

La semaine dernière, 82 villes de la Communauté métropolitaine de Montréal ont affirmé publiquement leur opposition au projet de pipeline Énergie Est. Pour expliquer leur position, elles ont notamment souligné les risques que présente le projet par rapport à ses retombées économiques.

Du côté de Québec, le maire Régis Labeaume s'est montré quant à lui ouvert à l'idée du pipeline de 4600 kilomètres, qui va transporter environ 1,1 million de barils de pétrole par jour de l'Alberta et de la Saskatchewan vers les raffineries de l'est du pays. Il déplore toutefois l'attitude de TransCanada, qui «ne répond pas aux questions». «Très honnêtement, je préfère voir le pétrole transporter par un oléoduc que par train», a-t-il souligné cette semaine.

Un débat «mal engagé»

Selon M. Charest, le débat public sur le projet ne fait que «commencer», et celui-ci est «mal engagé» pour l'instant.

«On est davantage au début du débat qu'à la fin. [...] Le débat public est toutefois mal engagé. Ce qu'on entend à mon avis, ce n'est pas le reflet de la réalité. Lorsqu'on met beaucoup l'accent sur les risques, on ne les mesure pas par rapport aux alternatives. On oublie aussi de mentionner qu'on va vivre avec du pétrole pour encore plusieurs années. [...] La question, ce n'est pas de savoir si oui ou non il y aura des conséquences, mais plutôt de comment réduire l'empreinte. Là-dessus, je pense que le débat est à faire. Je ne suis pas satisfait de ce que j'ai entendu. Je ne suis pas satisfait de simples objections fondées sur une inquiétude, qui peut être légitime, mais qui a besoin d'être mesurée par rapport aux autres types de risque», dit celui qui était favorable au projet du pipeline Keystone XL lorsqu'il siégeait à l'Assemblée nationale.

L'ex-premier ministre du Québec espère donc voir aboutir un jour le projet de l'entreprise albertaine. Surtout que le Canada a comme réputation à l'étranger d'être «incapable de mener ses projets» à terme, affirme-t-il. «C'est la perception que j'ai lorsque je voyage. Lorsqu'on rencontre les investisseurs, la perception, c'est que le Canada est un pays qui n'est pas capable de réaliser ses projets. Et ça, il faut contrer ça», conclut-il.

La mise en service du projet de 15,7 milliards $ est prévue pour 2020. Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement sur le projet Oléoduc Énergie Est a officiellement commencé ses travaux, mardi.

Jean Charest sur...

... Uber

«C'est très intéressant. Cette semaine, j'ai fait un panel à la Bourse de Toronto. Il y a un rapport que la Chambre de commerce de l'Ontario vient de publier, et c'est sur l'économie de partage. Dans leur analyse de l'économie, ils ont réservé des commentaires sur l'économie de partage, incluant Uber et Airbnb. Et eux, ils voient ça comme étant un secteur de croissance. Alors là, il faut concilier ça évidemment avec les règles que nous avons actuellement pour le transport. Il y a comme un mouvement de changement qui va être irrésistible. Il faut que nous ayons une meilleure compréhension de ce que ça veut dire. On s'en va vers une économie différente de celle que nous avons connue. [...] Les banques craignent d'être ubérisées, c'est devenu une expression. Qui est le prochain qui va entrer dans la chaîne de production et qui va changer nos façons de faire? On aimerait bien éliminer les effets négatifs, mais là où je pense qu'on doit mettre nos efforts, c'est de comprendre ce que ça veut dire, parce que c'est irréversible ces changements en général. Ensuite, comment les rendre productifs? Pour l'industrie du taxi, il y a du travail à faire afin de s'assurer que ce soit des règles acceptables et que cela ne soit pas une concurrence déloyale.»

... le Plan Nord

«Quand nous avons fait le Plan Nord, on le disait : "On le fait dans une perceptive de 25 ans sachant qu'il y aurait des hauts et des bas." Là, on se trouve dans une période de bas parce que les ressources naturelles sont à des prix déprimés. Il ne faut pas se laisser distraire par ça. Évidemment, c'est une réalité, mais il faut avoir suffisamment de vision pour savoir que la demande va revenir et qu'il faut être là. Dans le cas des infrastructures, il ne faut pas attendre d'avoir soif pour construire un puits. C'est le défi des gouvernements. Le Plan Nord est toujours aussi pertinent qu'il était et il a toujours autant de potentiel. Il y a des matériaux comme le graphite et les diamants qui sont toujours en demande. Le marché de l'or a connu quelques soubresauts, mais il est encore au-delà de 1000 $ l'once. Le Plan Nord est une marque distinctive pour le Québec.»

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