L'opération charme de Couillard à Milan critiquée

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Milan

L'opération charme du premier ministre Philippe Couillard en Italie n'a pas été perçue de façon uniforme par les quelque 40 personnes issues du milieu des affaires venues l'entendre lundi à Milan, où se terminait sa mission économique.

Invité par une section régionale de la Confindustria - un regroupement national d'entreprises manufacturières - le premier ministre était notamment venu vendre son Plan Nord ainsi que sa Stratégie maritime, en plus de tenir diverses rencontres à saveur économique.

Dans une salle pouvant accueillir une soixantaine de personnes, il a entre autres mis l'accent sur les quelque 50 milliards $ d'investissements prévus d'ici 2035 dans le Nord du Québec en plus d'expliquer sa stratégie visant à axer l'économie québécoise autour de la «décarbonisation».

«Rien de concret»

Bien qu'il se soit dit «très intéressé» par le Plan Nord, Gianni Chiarva, le vice-président du conseil de Stella-Jones International S.A., l'actionnaire de contrôle de la société québécoise Stella-Jones (TSX:SJ), spécialisée dans les traverses de chemin de fer ainsi que les produits en bois traité sous pression, a affirmé qu'il n'y avait «rien de neuf pour lui» pour le moment.

«On parle beaucoup, il y a des articles dans les journaux, des congrès, mais il n'y a rien de concret», a-t-il dit à sa sortie de la salle, peu après avoir posé une question à M. Couillard concernant les investissements à venir dans le Nord.

M. Chiarva est un habitué du Québec, puisqu'il y séjourne habituellement environ 10 semaines par année.

Financement

Questionné par les journalistes, l'homme d'affaires s'est également demandé qui allait financer les quelque 50 milliards $ d'investissements prévus par le gouvernement Couillard dans le Nord du Québec d'ici 2035.

«Ce que je n'ai pas encore bien compris, c'est comment ils vont le financer, s'est demandé M. Chiarva. Avec la situation économique canadienne, c'est difficile de trouver les 50 milliards $. Qui va les trouver? Qui va les financer? C'est un dossier compliqué.»

Un peu plus tard, M. Couillard a remis sur la table l'argument selon lequel il fallait investir dans les infrastructures de cette région de la province pendant que les prix sont bas, afin que le Québec soit prêt lorsque le cours des métaux remontera.

Il a également jeté une partie du blâme sur le gouvernement péquiste précédent, affirmant que cette période de 18 mois avait freiné la vente du Plan Nord aux investisseurs étrangers, rejetant au passage l'idée que cet argument est de plus en plus désuet puisque les libéraux auront bientôt complété la moitié de leur mandat au pouvoir.

«C'est un immense recul, a dit M. Couillard. Pour les gens, c'était fini (le Plan Nord). Pour repartir la machine, c'est toute une entreprise, surtout dans le contexte économique mondial.»

La sortie de M. Chiarva n'est pas passée inaperçue auprès de la délégation pilotée par le premier ministre, puisqu'elle a incité le président-directeur général de la Société du Plan Nord, Robert Sauvé, à appeler ce dernier afin d'apaiser ses craintes, a-t-on appris.

Plus tard, par courriel, l'homme d'affaires a précisé qu'il tenait à remercier M. Couillard pour sa présence en Italie, espérant le rencontrer de nouveau prochainement.

Questionnement sur la politique de décarbonisation

Par ailleurs, une représentante de e-Geos, une société qui offre des services de radar satellite destinés à l'observation, a exprimé un certain questionnement à l'égard de la politique de décarbonisation du gouvernement Couillard, même si, à son avis, l'objectif est louable.

«Je ne suis pas certaine que cela fonctionnera puisque le prix du baril de pétrole est à des prix planchers, a dit la responsable du développement des affaires de l'entreprise, Donatella Giampaolo. Je ne suis pas certaine que la situation actuelle va inciter les entreprises à investir dans de nouvelles technologies.»

Au cours de son allocution - prononcée dans la langue de Molière et traduite en italien - M. Couillard s'est affairé à vanter les échanges commerciaux entre le Québec et l'Italie, qui figure parmi les 10 plus importants partenaires économiques de la province.

Dans la foulée de révélations concernant certains investissements douteux effectués à même l'enveloppe du Fonds vert, le premier ministre a réitéré son engagement à revoir la gouvernance afin d'assurer une plus grande transparence.

M. Couillard a par ailleurs profité de son passage en Italie pour révéler que son gouvernement négociait actuellement avec la société italienne Mecaer, qui serait prête à investir dans son usine d'assemblage de trains d'atterrissage de Laval, où travaillent quelque 120 personnes. Sans dévoiler les détails, il a indiqué qu'il s'agissait d'un engagement de «plusieurs dizaines de millions» afin de créer «plusieurs dizaines d'emplois».

Le premier ministre visitait Milan, dans le nord de l'Italie, qui fait partie de la Lombardie, une région considérée comme le moteur économique du pays. Depuis son élection, le gouvernement Couillard a entre autres fermé son bureau à Milan en plus de réduire le budget de sa délégation à Rome.

En plus de son allocution, M. Couillard a pris part à une série de rencontres, notamment avec l'ex-président italien Mario Monti ainsi que le vice-président de la Région Lombardie, Fabrizio Sala.

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