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Un bracelet québécois pour le 50e Super Bowl

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La firme québécoise Connect&Go a conçu les bracelets intelligents qui seront utilisés tout au long des festivités entourant le 50e Super Bowl, à San Francisco. Sur la photo, le 48e Super Bowl à East Rutherford, au New Jersey, en 2014.

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(Québec) Le 50e Super Bowl, qui se déroulera le 7 février, aura un petit quelque chose de... québécois. Le savoir-faire de l'entreprise Connect&Go sera des festivités, a appris Le Soleil.

Cet automne, la compagnie a reçu un appel plutôt inattendu. L'organisation du Super Bowl et deux commanditaires veulent que l'entreprise montréalaise conçoive des bracelets intelligents pour la prochaine grand-messe du football à San Francisco, en Californie.

«Pas de problème», ont répondu les trois propriétaires de la compagnie, dont Dominic Gagnon, qui a aussi déjà possédé à Québec l'agence spécialisée dans le marketing mobile Piranha.

Les parties ont alors entamé des pourparlers. Après quelques jours de négociations, l'entreprise Connect&Go livrera finalement plus de 35 000 bracelets intelligents. Ces derniers seront utilisés tout au long des festivités entourant l'événement.

«Le bracelet va servir pour contrôler les accès aux établissements ou encore comme principal moyen de paiement», explique l'homme d'affaires, qui a fait ses études à l'Université Laval en communication publique. «Les clients n'auront qu'à connecter leurs cartes de crédit au bracelet, et le tour est joué. C'est simple, ils vont pouvoir payer avec leur bracelet leurs marchandises. Ils n'auront plus à traîner sur eux des cartes de crédit ou de l'argent», ajoute-t-il.

Cette technologie sera utilisée surtout par les personnes V.I.P. Au cours des prochains jours, une équipe de Connect&Go s'envolera d'ailleurs vers la côte ouest des États-Unis avec le matériel nécessaire.

D'autres réussites

Bien que le Super Bowl soit un touché important pour la jeune pousse montréalaise, M. Gagnon énumère aussi plusieurs autres réussites de la compagnie.

«La popularité des systèmes de paiement sans numéraire a été exponentielle dans la dernière année, affirme-t-il. Avec l'obtention de mandats d'importance aux États-Unis tels qu'une levée de fonds à New York ayant amassé près de 3 millions $ avec nos bracelets en 15 minutes, le festival Osheaga de Montréal, ou encore l'utilisation de notre système de paiement lors de la fête du Nouvel An à Universal Studios en Floride, nous croyons que 2016 sera notre plus grande année de croissance à ce jour», ajoute-t-il.

Et l'entreprise entend bien poursuivre son ascension vers le sommet. Pour l'heure, le marché des États-Unis représente environ 80 % de son chiffre d'affaires, qui a explosé de 280 % en 2015 par rapport à 2014.

Fondée en 2012, l'entreprise Connect&Go comptait au départ cinq employés. Aujourd'hui, elle fait travailler plus de 30 personnes. À ce jour, elle a activé plus de deux millions de bracelets. Depuis sa fondation, Connect&Go a connu une croissance de son chiffre d'affaires de 500 %, dit M. Gagnon, originaire de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean.

Pour l'heure, M. Gagnon écarte la possibilité à court terme de voir un jour l'entreprise faire son entrée en Bourse. «Ce qui me fait peur de la Bourse, c'est qu'on perd un peu le contrôle sur la compagnie. Tu n'es plus maître de tes propres décisions. Ce n'est toutefois pas impossible qu'on s'associe éventuellement. Qu'on soit vendu ou qu'on achète [une autre compagnie]», conclut-il.

En juillet 2015, Dominic Gagnon et Anthony Palermo... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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En juillet 2015, Dominic Gagnon et Anthony Palermo de Connect&Go présentaient les bornes conçues pour le Festival Juste pour rire à Montréal. 

Photothèque Le Soleil

Ne jamais baisser les bras malgré les échecs

Trois universités québécoises ont refusé sa candidature. Aujourd'hui, il travaille pour l'une d'entre elles. Le cofondateur des compagnies Connect&Go et Piranha, Dominic Gagnon, a essuyé plusieurs échecs et refus durant sa carrière d'entrepreneur. Toutefois, il n'a jamais baissé les bras.

Aujourd'hui, à 28 ans, il n'a pas peur de parler de ses déboires. Comme la célèbre phrase le dit,«ce qui ne tue pas rend plus fort». Dans le cas de M. Gagnon, il a vu son entreprise Piranha passer d'un chiffre d'affaires de 3 millions $ à près de la faillite. Malgré tout, il s'est serré les coudes et est parvenu à remonter la pente.

L'homme d'affaires québécois est l'un des conférenciers qui participeront au FailCamp à Québec, le 29 janvier. Cette activité, qui aura lieu au District Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch, a pour objectif d'expliquer aux entrepreneurs que l'échec ne signifie pas nécessaire la fin d'une carrière. «Mais bien qu'il faut savoir en tirer une leçon», affirme M. Gagnon. «Je vais aussi parler des échecs lorsque j'étais plus jeune. Je n'étais pas un très bon étudiant. Après avoir été refusé à l'Université de Sherbrooke, à HEC et à l'Université de Montréal, j'ai finalement été accepté à l'Université Laval», ajoute-t-il.

En 2008, alors qu'il était étudiant à l'Université Laval, M. Gagnon a fondé la compagnie Piranha, une entreprise qui se spécialisait dans la conception d'applications mobiles. Un rêve qu'il caressait depuis déjà un bon moment.

Par la suite, chaque année, l'entreprise gagne du galon. À un certain moment, elle compte même une cinquantaine d'employés. Le siège social de la compagnie est basé à Québec et elle possède des tentacules à Montréal, à Toronto et à Paris. En 2012, il reçoit même le prix de Jeune entrepreneur, Est-du-Québec, par le Mouvement Desjardins. Et du jour au lendemain, le rêve s'est transformé en cauchemar pour l'homme d'affaires.

«Je me suis fait frauder par une personne qui était très proche de moi», dit-il ouvertement. «Elle avait la possibilité de faire des chèques. Sur deux ans, elle a sorti un petit peu plus d'un demi-million de dollars. Cela a mis l'entreprise en sérieuse difficulté. J'ai passé très proche de la faillite. Ç'a été un moment très difficile», raconte-t-il.

Piranha a alors été forcée de remercier une trentaine d'employés. M. Gagnon a travaillé fort par la suite pour redresser les finances. En septembre 2014, il a choisi finalement de vendre sa compagnie.

Le FailCamp

«J'ai beaucoup appris durant cet événement. L'entreprise est passée de héros à zéro. C'est ce qu'on veut parler au FailCamp. Cette étape de ma vie m'a amené à être meilleur. J'ai par la suite suivi des cours et je suis devenu une meilleure personne pour lire des états financiers. Si tu fais un échec et que tu n'apprends rien, tu as alors perdu ton temps», affirme M. Gagnon, qui est maintenant consultant pour cinq entreprises et aussi copropriétaire de Connect&Go, qui fabrique des bracelets intelligents. Ces derniers permettent aux utilisateurs, grâce à une puce, de payer leurs marchandises. La technologie de Connect&Go sera d'ailleurs utilisée au 50e Super Bowl.

«J'ai tellement appris de mes échecs qu'aujourd'hui Connect&Go est deux fois plus gros que Piranha et beaucoup plus solide», conclut M. Gagnon.

Les billets pour assister au FailCamp sont vendus au coût unitaire de 100 $. L'événement débute à 14h. 

Pour plus d'information : fail.camp

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