Un surplus de logements locatifs après celui des condos?

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Selon des données publiées lundi par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), il y a eu 5442 mises en chantier au cours de l'année dernière comparativement à 4449 en 2014.

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(Québec) Il y a quelques années, les promoteurs se sont mis à construire des condos. Beaucoup de condos. Ils ont carrément inondé le marché. Aujourd'hui, ils n'arrivent plus à les vendre malgré tous les incitatifs proposés aux acheteurs qui, les chanceux, ont l'embarras du choix.

Au rythme où vont les choses, la même situation pourrait se produire du côté des logements locatifs.

«Compte tenu du fort volume de construction observée en 2015 dans la région de Québec dans ce segment de marché, particulièrement dans celui des logements locatifs traditionnels, il y a un risque de se retrouver dans une situation de construction excessive», prévient Élisabeth Koulouris, chef analyste à la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) pour la région de Québec.

Il y a «construction excessive» lorsque le taux d'inoccupation atteint 6 % dans un segment de marché.

Entre 2014 et 2015, le taux d'inoccupation dans les logements locatifs dans la région de Québec est passé de 3,1 % à 4 %.

«Avec toutes les mises en chantier qui ont été dénombrées dernièrement, clairement nous nous dirigeons vers un taux d'inoccupation plus élevé», commente Mme Koulouris au cours d'un entretien avec Le Soleil.

Ainsi, pour 2016, la SCHL prévoit que le taux d'inoccupation dans les logements locatifs de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec - qui couvre principalement le territoire des villes de Québec et de Lévis - affichera 4,5 %. Il devrait atteindre 5 % en 2017. 

On se rapproche du taux de 6 % et du phénomène de «construction excessive».

Temps doux

Lundi, la SCHL publiait ses données pour l'année 2015.

Au cours des 12 derniers mois, la RMR de Québec a enregistré une hausse de 22 % des mises en chantier par rapport à 2014.

Il y a eu 5442 mises en chantier au cours de l'année dernière comparativement à 4449 en 2014. Au début de 2015, la SCHL en prévoyait 4625. 

«Le temps doux des derniers mois a sans doute permis à des promoteurs de devancer le début de la construction de certains projets», indique Élisabeth Koulouris.

La SCHL explique que c'est essentiellement le segment des logements locatifs qui a stimulé l'activité dans les chantiers de construction résidentielle. En effet, dans ce marché, le nombre de mises en chantier a explosé, passant de 1634 à 3106.

Quant aux mises en chantier de maisons individuelles, elles ont chuté de 887 à 826. Celles de maisons jumelées ou en rangée, de 745 à 500. Et celles de condos, de 1174 à 1010.

S'il y a eu la mise en chantier de quelques projets de résidences de personnes âgées en 2015, l'essentiel des nouveaux projets qui ont levé de terre dans le marché des logements locatifs sont des projets de logements locatifs dit traditionnels.

«Il s'agit de projets relativement luxueux qui s'adressent à une clientèle de baby-boomers qui sont déjà à la retraite ou qui le seront bientôt. Reste à savoir si la demande va suivre. Nous savons que les baby-boomers ont été plus fortement propriétaires que les générations précédentes. Voudront-ils effectuer un retour sur le marché locatif?»

Pour les deux prochaines années, la SCHL s'attend à des baisses du nombre de mises en chantier dans la région de Québec : 3550 en 2016 et 3125 en 2017.

Une baisse qui devrait également se manifester dans le marché des logements locatifs.

Reste à savoir si les promoteurs sauront s'ajuster pour éviter la «construction excessive».

Encore des condos à vendre

Quant au marché des condos, la situation met du temps à se résorber même si les mises en chantier ont diminué et que les transactions ont «légèrement» augmenté, témoigne Élisabeth Koulouris en signalant que le prix médiant d'un condo avait chuté de 2 % dans la région de Québec en 2015.

L'offre est encore «abondante», selon Mme Koulouris - tant dans le marché de l'existant que de celui du neuf - et les acheteurs ont nettement le gros bout du bâton. 

Une baisse des mises en chantier au Canada en décembre

Les mises en chantier canadiennes ont progressé plus lentement que prévu en décembre, ce qui était notamment attribuable à un ralentissement dans la construction de copropriétés à Toronto.

La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) a indiqué lundi que les mises en chantier s'étaient chiffrées à 172 965 logements, en données annualisées et désaisonnalisées, en baisse par rapport aux 212 028 logements de novembre.

Les économistes misaient en moyenne sur un taux annualisé de 200 000 logements, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Le nombre de mises en chantier dans les centres urbains a chuté en décembre de 19,1 %, à 159 007 logements.

Les mises en chantier de logements collectifs, qui comprennent les copropriétés, ont plongé de 27,0 %, à 101 264 logements, tandis que celles des maisons individuelles sont restées stables à 57 743 logements.

Dans l'ensemble, la tendance des mises en chantier dans les centres urbains a reculé dans les Prairies, en Ontario et dans le Canada atlantique, tandis qu'elle a augmenté en Colombie-Britannique et au Québec.

Marché surveillé

Le marché canadien de l'habitation est surveillé de près par les économistes, qui espèrent y constater des signes de ralentissement. La faiblesse des taux d'intérêt a alimenté la demande dans certains marchés, mais la baisse des prix du pétrole a nui à d'autres marchés.

L'économiste Diana Petramala, de la Banque TD, a indiqué que son institution s'attendait à ce que les mises en chantier à l'échelle nationale glissent en deçà de la barre des 180 000 logements en 2016, après avoir atteint une moyenne de 181 598 en 2015.

La SCHL a estimé que les mises en chantier dans les régions rurales s'étaient chiffrées à 13 958 en décembre, en données désaisonnalisées et annualisées.

La moyenne mobile de six mois pour les mises en chantier d'habitations s'est chiffrée à 203 502 en décembre, comparativement à 208 204 en novembre, a précisé la SCHL.  Avec La Presse Canadienne

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