Les PME du Québec «manquent d'ambition»

L'associé-fondateur du Groupe Dancause, Réjean Dancause, et son... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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L'associé-fondateur du Groupe Dancause, Réjean Dancause, et son fils, Philippe, qui est associé-directeur au sein du cabinet-conseil en stratégies d'affaires pour les entreprises

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) «Un grand nombre d'entreprises québécoises manquent d'ambition», constate Réjean Dancause. Heureusement, la relève entrepreneuriale cogne à la porte.

Encore faut-il que les propriétaires actuels des petites et moyennes entreprises apprennent à leur céder le plancher.

Chaque semaine, Réjean Dancause parcourt de 1200 à 1400 kilomètres pour aller conseiller les propriétaires de PME sur les meilleures stratégies d'affaires à mettre de l'avant.

Il exerce la profession de consultant depuis 1975.

Il a fondé son entreprise, Groupe Réjean Dancause, il y a 26 ans.

«En 2014, nous avons oublié de fêter notre premier quart de siècle! Nous nous reprenons cette année», raconte-t-il en entrevue au Soleil.

Au fil de toutes ces années, le Groupe Dancause, qui compte sur une équipe d'une dizaine de conseillers en stratégie et développement, en marketing et commercialisation et en accompagnement de hauts dirigeants, a réalisé plus de 1200 mandats en stratégie d'affaires, principalement auprès des entreprises manufacturières de la région de Québec, de la Beauce et de la grande région de Montréal.

Choc des générations

Par les temps qui courent, les dossiers de relève d'entreprise accaparent Réjean Dancause.

C'est connu, les propriétaires de PME vieillissent. Près de 60 000 d'entre eux prendront leur retraite au cours de la prochaine décennie.

«Des dossiers plus difficiles les uns que les autres tellement la charge d'émotion est grande entre le cédant et le repreneur, surtout dans les cas d'une relève familiale», rend compte M. Dancause.

«Généralement, un entrepreneur, qui a fondé son entreprise il y a 30 ou 40 ans, n'a pas beaucoup partagé son savoir autour de lui tout au long de sa carrière. Il est le seul à avoir toutes les variables en tête. Il est le seul à prendre toutes les décisions importantes.»

Puis, un jour, l'entreprise atteint une taille suffisamment grande pour que la complexité des opérations exige le recours à des gestionnaires.

«L'entrepreneur doit alors apprendre à partager la direction de son entreprise avec des cadres ou des membres de sa famille qui, eux, ne partagent pas nécessairement la même vision que la sienne.»

C'est au moment où les discussions s'enclenchent en vue d'un transfert de propriété de l'entreprise que les conflits intergénérationnels finissent par éclater au grand jour.

«Deux cultures s'affrontent. Celle de l'entrepreneur qui, pendant des années, a tout décidé tout seul; celle des repreneurs qui, eux, n'adhèrent pas toujours aux façons de faire du fondateur. C'est là que les tiraillements commencent. C'est à ce moment qu'il faut intervenir pour aller au fond des choses avec les parties», explique Réjean Dancause.

Si le transfert de l'entreprise aux enfants ou aux gestionnaires de l'entreprise est mal planifié, comme c'est trop souvent le cas, ça tourne inévitablement à la crise.

«Imaginez le cas d'un père qui doit décider lequel parmi ses trois intéressés à chausser ses bottes prendra la direction de l'entreprise familiale!»

Un deuxième souffle

Une fois la «crise» passée, le transfert de propriété peut s'avérer positif pour l'entreprise qui est maintenant dirigée par des jeunes, généralement des diplômes universitaires, qui vont s'affairer à la faire passer à un autre échelon. À lui redonner un second souffle.

«Le fondateur a fait avec brio ce qu'il avait à faire. Aujourd'hui, avec la complexité des marchés, les avancements technologiques et les défis reliés à la rareté de main-d'oeuvre, ça demande, de la part des propriétaires d'entreprise, de nouvelles connaissances et une meilleure formation.»

Pour Réjean Dancause, «l'arrivée de la relève, ça donne de l'espoir».

Ça va faire un grand bien à l'économie de la Belle Province, car, à son avis, «un grand nombre d'entreprises manquent d'ambition», se limitant à évoluer dans un marché local, régional ou provincial.

Il explique qu'un entrepreneur plus âgé va souvent se satisfaire du chiffre d'affaires actuel de son entreprise.

«Il ne veut pas mettre en jeu son vieux gagné et l'investir dans la recherche et le développement et prendre de nouveaux risques. Pour les repreneurs, c'est différent. Pour eux, c'est impensable que l'entreprise ne grandisse pas et qu'elle ne sorte pas de ses frontières.

Trois conseils aux entrepreneurs

1. Laissez les opérations internes de votre entreprise à vos gestionnaires. 

Rapprochez-vous de vos clients et des clients de vos clients. Essayez de comprendre ce qui passe autour de vous (les fluctuations du taux de change, l'apport des nouvelles technologies, l'influence de l'environnement politique). Ainsi, vous serez en mesure de voir venir les tendances du marché et d'adapter votre entreprise aux bouleversements externes.

2. Laissez entrer les robots dans votre usine.

 Une façon d'affronter les problèmes chroniques de pénurie de main-d'oeuvre spécialisée qui ne se corrigeront pas demain. Pour Réjean Dancause, la limite du potentiel de croissance économique du Québec est définie par la disponibilité de main-d'oeuvre.

3. Pourquoi ne pas ouvrir une usine aux États-Unis et fonctionner avec le huard et le dollar américain? 

La meilleure trouvaille pour ne pas se faire déculotter quand le huard se met à grimper trop haut et que nos entreprises perdent leur avantage concurrentiel sur nos voisins du sud. De toute façon, les grands donneurs d'ordres exigent de plus en plus que leurs fournisseurs les suivent aux États-Unis, au Mexique ou ailleurs dans le monde.

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