Du bois canadien pour reconstruire La Nouvelle-Orléans

Ce quartier de La Nouvelle-Orléans, totalement dévasté par... (AP, David J. Phillip et Gerald Herbert)

Agrandir

Ce quartier de La Nouvelle-Orléans, totalement dévasté par le passage de l'ouragan Katrina en 2005, a retrouvé vie en grande partie grâce à l'entente sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis.

AP, David J. Phillip et Gerald Herbert

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Alexander Panetta
Le Soleil

(La Nouvelle-Orléans) L'entente, maintenant expirée, sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis a laissé un héritage important, quoique méconnu des Canadiens : il a déclenché un important mouvement humanitaire aux États-Unis financé par le Canada.

Des fonds dépensés avec discrétion, en vertu de l'entente conclue il y a dix ans, ont permis de rebâtir des centaines de maisons, notamment dans un quartier de La Nouvelle-Orléans sinistré par l'ouragan Katrina, et ont changé la vie de gens comme Sheldonna Durosseau.

«Maintenant, j'ai un trottoir où ma fille peut faire du vélo. Patiner. Jouer à la marelle. Faire des choses d'enfant», se réjouit la mère de 34 ans, alors que les larmes lui montent aux yeux.

«J'ai une sécurité. Je suis à l'aise, maintenant que j'ai quelque chose qui m'appartient.»

Les histoires comme la sienne abondent dans des régions des États-Unis touchées par des catastrophes, comme l'inondation de La Nouvelle-Orléans en 2005, l'ouragan Sandy sur la côte est en 2012 ou les inondations de parties du Colorado en 2013.

Car l'accord de 2006 sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis a apporté plus qu'une décennie de calme dans un dossier commercial problématique. L'entente de neuf ans mettait de côté des poursuites et des tarifs douaniers très élevés pour le bois canadien. La possibilité que les entreprises forestières canadiennes obtenaient des subventions injustes par le biais d'un accès abordable aux terres publiques faisait jusqu'alors l'objet de prises de bec incessantes. L'accord a temporairement calmé les mécontents.

L'entente prévoyait un plan pour dépenser plus de 5 milliards $ que les États-Unis avaient collectés en pénalités imposées aux sociétés forestières canadiennes. Une clause garantissait que 500 millions $ de ces pénalités demeureraient dans le trésor américain ou iraient à des entreprises américaines. La plupart de ces 5 milliards $ de frais ont été remboursés. Les États-Unis ont gardé 1 milliard $. La moitié de cette somme a été injectée dans des entreprises américaines, l'autre moitié a été remise à des organismes de bienfaisance.

19 000 maisons

Habitat pour l'humanité a reçu le plus gros chèque : 100 millions$. Alors que l'entente a expiré cette année, presque tout l'argent a été dépensé. Seulement quatre millions de dollars sont déposés dans un fonds pour des régions spécifiques, dont La Nouvelle-Orléans.

Depuis ce temps, l'organisme a construit 19000 maisons dans des centaines d'endroits, qui ont servi 70000 personnes aux États-Unis. Il estime que 5 % de ces demeures ont pu être construites grâce aux fonds du bois d'oeuvre.

«Le programme de bois d'oeuvre a énormément aidé», assure Fiona Eastwood, présidente nationale de l'organisme. Il a eu un impact énorme ici.»

Sheldonna Durosseau était enceinte de quatre mois lorsque l'ouragan Katrina a frappé la Louisiane. Elle s'est réfugiée chez sa soeur, et a fini par rester en Caroline du Nord durant trois ans.

Lorsqu'elle est rentrée en Louisiane, les prix des loyers avaient démesurément augmenté. La plupart des logements de La Nouvelle-Orléans avaient été dévastés. Elle avait deux emplois pour joindre les deux bouts, et elle en avait assez d'être locataire. Car il n'y avait pas que la moisissure héritée des inondations qui envahissait son appartement, il y avait aussi le bruit des rats qui grattaient à l'intérieur des murs où sa fille et elle vivaient dans un 2 pièces et demie à 619 $US (855 $CAN) par mois.

Elle paie maintenant moins cher pour l'hypothèque de sa maison à trois chambres à coucher.

C'est sa soeur qui lui a parlé de l'organisme. Après des vérifications financières, elle a fait 350 heures de travail bénévole, pour construire d'autres maisons de son quartier. Elle est devenue spécialiste dans le couvre-plancher et la peinture.

Une fois qualifiée, Mme Durosseau a reçu l'aide d'Habitat pour l'humanité pour remplir les dossiers pour l'hypothèque. Le 22 décembre, elle fêtait son premier anniversaire de propriétaire de maison. Sa fille venait d'inviter pour la première fois des amis à coucher pour sa fête d'anniversaire, et des ballons flottaient encore dans la maison.

La pénurie de logements persiste toutefois dans la ville : 185 000 unités ont été perdues ou endommagées dans les inondations. Habitat pour l'humanité en a construit environ 500, dont le cinquième grâce à l'argent de l'entente sur le bois d'oeuvre.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer