Jour de grève malgré une entente imminente

Selon les estimations, près de 20000 membres du... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Selon les estimations, près de 20000 membres du front commun syndical ont manifesté en face des bureaux du ministre de l'Éducation, sur le boulevard René-Lévesque.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Lors d'une quatrième et ultime journée de grève cet automne, les 400 000 membres du front commun syndical étaient pour la première fois tous sur les lignes de piquetage en même temps. Une démonstration de force qui survient alors qu'une entente négociée avec le gouvernement semble être une question de jours.

«On a une capacité de régler avant Noël, c'est une question de volonté politique [...] J'y crois profondément», a commenté Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), en marge de la manifestation à Québec. Mme Chabot soutient que la population est en grande partie derrière les syndiqués, qui ont été «de bonne foi» jusqu'ici, en se présentant aux tables de négociation et en menant des journées de grève légales. Elle ne craint donc pas de loi spéciale qui décréterait les conditions de travail. «Si j'étais le gouvernement, j'y penserais à deux fois.»

Martin Coiteux, président du Conseil du trésor, a déploré quant à lui cette journée de grève qui n'est pas «pertinente», étant donné qu'une trentaine d'ententes sectorielles ont déjà été conclues ces derniers jours. «C'est dommage qu'on fasse subir à la population ce genre de situation quand, dans le fond, on est près d'en arriver ultimement à une entente», a-t-il commenté en impromptu de presse, à l'Assemblée nationale.

20 000 personnes à Québec

Tout près de M. Coiteux, environ 20 000 syndiqués du secteur de l'éducation, selon les estimations syndicales, ont envahi le boulevard René-Lévesque, en face des bureaux du ministère de l'Éducation. Ils ont placardé les édifices gouvernementaux, dont le complexe G, de post-it arborant le slogan «L'école à bout de bras».

«On a une belle mobilisation qui vient encore prouver aux gens qui disent qu'on est essoufflés qu'on n'est pas essoufflés, on est encore là», a commenté Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE). Selon elle, les profs signeront une entente seulement si elle n'est pas à coût nul et si elle allège leur tâche en classe. Mme Scalabrini rappelle que les enseignants ont encore deux journées de grève en poche, des «munitions» qui pourraient servir en janvier, si nécessaire.

Dans la foule, Le Soleil a rencontré des enseignants très enthousiastes, et d'autres qui étaient là par dépit. «Avec ce qui se passe aujourd'hui, je suis certain que ça va accélérer les choses», a lancé Jean Laflamme, enseignant au centre d'éducation des adultes Eastern Québec. «Je pense que le gouvernement et les syndicats sont en train d'avoir une espèce de bataille de pouvoir entre eux, honnêtement, et je pense que les deux ont oublié les gens qui sont sur le plancher [...] Il n'y en a pas un qui est capable de mettre de l'eau dans son vin, pour ne pas perdre la face», croit pour sa part Nichola Blomfield, enseignante ressource à l'école Joseph-François Perrault de Québec, dont le poste est menacé.

Le bureau de Charlesbourg du ministre de l'Éducation François Blais a aussi eu de la visite en matinée. Des syndiqués de la CSN ont tenté d'y entrer, mais ils se sont heurtés à des policiers en contrôle de foule. Les manifestants ont plutôt occupé les corridors autour du bureau.

Grève historique selon la CSN

C'est à Montréal que la FTQ et la CSN ont tenu leurs grands rassemblements, qui ont aussi mobilisé des milliers de personnes autour des bureaux des ministres. «C'est la plus grande grève nationale depuis 1972 dans le secteur public. Il y en avait 210 000 en grève en même temps en 1972, aujourd'hui, c'est plus de 400 000», s'est félicité Jacques Létourneau, président de la CSN. Pendant ce temps, à Lévis, les enseignants ont fait bande à part. Ceux de la commission scolaire des Navigateurs sont les seuls au Québec à avoir voté contre cette journée de grève, et comme ils n'ont pas rencontré piquets de grève de leurs collègues professionnels et employés de soutien, ils sont rentrés au travail mercredi matin pour faire de la correction ou de la préparation de cours. Avec La Presse Canadienne

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