Le patron de Québecor dénonce les privilèges de Netflix 

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Julien Arsenault
Le Soleil

(Montréal) Le grand patron de Québecor, Pierre Dion, souhaite un encadrement plus strict du service de vidéo sur demande Netflix afin que le «terrain de jeu» soit équitable pour les diffuseurs traditionnels.

Si l'entreprise américaine encaisse d'importants revenus au Canada, elle ne facture pas de taxes à ses clients et n'investit pas dans les infrastructures de télécommunications au pays, a-t-il déploré lundi devant le Cercle canadien de Montréal.

«Les services comme Netflix profitent des infrastructures de fournisseurs comme Vidéotron, Bell (TSX:BCE), Telus (TSX:T) et Rogers (TSX:RCI.B) sans même y verser un sous», a affirmé M. Dion devant un parterre de gens d'affaires.

Contrairement à Netflix, les entreprises canadiennes ainsi que les compagnies étrangères qui détiennent des activités au pays - comme Apple - doivent imposer aux consommateurs les taxes provinciale et fédérale sur leurs services numériques.

Selon le président et chef de la direction du conglomérat québécois, le service de vidéo sur demande «monopolise pas moins de 34 pour cent du trafic» sur les réseaux à large bande passante.

«Ce sont des milliards de dollars en investissements que font les joueurs au Canada dans leurs infrastructures, a ajouté M. Dion en mêlée de presse. Les investissements sont de plus en plus imposants parce que la consommation augmente. Netflix ne participe pas à cela.»

Netflix a connu une croissance fulgurante au cours des dernières années et revendique actuellement près de 70 millions d'abonnés répartis dans quelque 60 pays.

Selon la firme eMarketer, l'entreprise américaine qui a vu le jour en 1997 compte maintenant plus de quatre millions d'abonnés au Canada, comparativement à 1,1 million en 2011.

Dans l'espoir de répliquer aux progrès réalisés par Netflix, les diffuseurs traditionnels canadiens ont pour la plupart chacun lancé leur propre service de diffusion sur demande.

Questionné par les journalistes, M. Dion a justifié sa sortie par la volonté d'«envoyer un signal» aux autorités canadiennes concernées, ajoutant vouloir aborder cette problématique prochainement.

Il n'a toutefois pas voulu aborder la question des moyens à mettre en place - comme une redevance - afin de corriger le tir.

«J'ai inclus cette notion (dans mon discours) pour parler du problème, s'est limité à dire M. Dion. On aura la chance de s'exprimer.»

La quête du grand patron de Québecor pourrait toutefois s'avérer ardue, puisqu'au cours de la dernière campagne électorale, les libéraux, les conservateurs ainsi que les néo-démocrates ont tous assuré ne pas vouloir imposer de «taxe Netflix».

Le conglomérat québécois n'est pas le premier à s'attaquer au populaire service de vidéo sur demande.

Lors de récentes audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), certains diffuseurs traditionnels avaient critiqué Netflix puisque l'entreprise américaine n'a pas l'obligation de respecter un quota de production de contenu local, sans compter qu'elle n'est pas tenue de verser de l'argent dans un fonds visant à subventionner la production télévisuelle canadienne.

La possibilité d'imposer une taxe sur les services de diffusion en continu avait fait les manchettes en septembre 2014 lors d'audiences du CRTC sur l'avenir de la télévision canadienne. Plusieurs intervenants, dont Radio-Canada et la Guilde canadienne des réalisateurs, avaient alors suggéré l'imposition d'une redevance pour soutenir la production de contenu canadien.

Repenser la télévision québécoise

Puisque les coûts de production d'une émission de télévision grimpent sans cesse, M. Dion a également estimé que le temps était venu de revoir le modèle d'affaires au Québec.

«On fait de la bonne télé au Québec, mais on ne pourra plus seulement demeurer dans notre territoire, a-t-il affirmé. Le temps est venu de créer nos propres champions.»

Le dirigeant de Québecor souhaite entre autres voir le milieu québécois de la production conclure plus de partenariats visant à cocréer, cofinancer et coproduire des séries télévisées.

Le conglomérat, qui a mis la main sur les studios Mels par le biais de sa filiale Groupe TVA (TSX:TVA.B), caresse l'ambition de faire sa marque dans les coproductions internationales.

Des partenariats ont déjà été conclus à cet effet au cours des dernières semaines avec des multinationales comme NBC ainsi que Universal.

«Nous pouvons faire la production de grandes séries (en français et en anglais) qui peuvent voyager à travers le monde», a affirmé M. Dion.

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