Contre-proposition «irréaliste et inacceptable», dit Coiteux

Les leaders du front commun, Daniel Boyer (FTQ),... (PC, Jacques Boissinot)

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Les leaders du front commun, Daniel Boyer (FTQ), Louise Chabot (SISP) et Francine Lévesque (CSN) demandaient 1 % d'augmentation par année pour protéger le pouvoir d'achat de leurs membres, 1 % de «rattrapage salarial» avec les autres travailleurs québécois et une participation à l'enrichissement collectif de 0,5 % par année liée au PIB.

PC, Jacques Boissinot

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(Québec) Le gouvernement Couillard rejette la contre-proposition du front commun intersyndical des secteurs public et parapublic. Il paraît désormais inévitable qu'une loi spéciale s'abatte sur plus de 400 000 employés de l'État.

La contre-proposition syndicale présentée mercredi matin est «irréaliste et inacceptable», a déclaré quelques heures plus tard le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux. «On est à des années-lumière de nous entendre», a affirmé le ministre.

«J'ai de la difficulté à voir la voie vers une entente négociée à partir de ce qui a été déposé», a de son côté commenté le premier ministre Philippe Couillard.

Les syndicats ont fait la «sourde oreille» à la demande du gouvernement, a ajouté M. Coiteux. «Il n'y a rien là-dedans qui nous permettrait de renouveler nos voeux de mariage; d'autant plus que nous, le contrat de mariage qu'on souhaite, c'est un contrat de cinq ans. Pas un contrat de trois ans.»

Avant de prononcer le «divorce officiel», le ministre a demandé au chef négociateur du gouvernement, Maurice Charlebois, de voir ce qui peut encore être fait avec les chefs syndicaux. Les prochains jours seront cruciaux.

Selon les calculs du Conseil du trésor, un écart de 12,4 milliards $ sépare les parties sur cinq ans.

«Un cadre comme celui-là, ça veut dire des déficits budgétaires, a martelé Martin Coiteux. Ou alors des augmentations substantielles d'impôt. Ou alors, des compressions budgétaires dans les services pas mal plus sérieuses que l'effort qu'on consent aujourd'hui.»

Le ministre s'est inspiré d'une déclaration prononcée lundi par Philippe Couillard pour brandir une épée de Damoclès. «On arrive à la fin du mois de novembre. Noël s'en vient bientôt. Et l'année 2016 est à nos portes. Le premier ministre, il a dit qu'on ne pouvait pas avancer bien longtemps dans l'année 2016 avant d'en arriver à une entente. Alors, c'est maintenant que ça se joue.»

Report de la grève

Dans sa demande révisée, le front commun réclame d'abord un minimum de 1 % par année pour protéger le pouvoir d'achat de ses membres - ou l'équivalent du taux d'inflation lorsque celui-ci est supérieur à ce pourcentage.

Il demande aussi 1% au titre du «rattrapage salarial» avec les autres travailleurs québécois. Il y ajoute une participation à l'enrichissement collectif de 0,5 % par année liée au PIB.

S'appuyant sur des données de Statistique Canada, Louise Chabot, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics, a indiqué que, l'inflation s'élevant actuellement à 1,4 %, la demande syndicale est de 2,9 % pour cette année.

La nouvelle proposition constitue «un geste significatif», ce qui permettra «de faire avancer la négociation et de convenir d'une entente satisfaisante pour nos membres», a dit Daniel Boyer, président de la FTQ. C'était avant la sortie de M. Coiteux.

La vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, a annoncé que le front commun intersyndical reportait sa grève générale - prévue les 1er, 2 et 3 décembre - de trois jours afin de laisser le maximum de chances à la négociation. C'était également avant que le président du Conseil du trésor rejette la contre-proposition.

Sur le terrain, certains syndiqués ayant déjà voté en faveur des débrayages souhaitent depuis quelques jours que le mouvement de grève soit suspendu. Celui-ci demeure néanmoins vigoureux.

Au tour des professionnels

Des professionnels du gouvernement du Québec commenceront à exercer leur mandat de grève, les soirs et fins de semaine à compter du vendredi 27 novembre. Ces professionnels syndiqués, qui ne font pas partie du front commun, n'avaient pas débrayé jusqu'ici. Ils sont membres du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, qui représente près de 25 000 membres, comme des agronomes, des chimistes, des comptables. La grève qui a été annoncée mercredi aura cours les soirs et les fins de semaine, du 27 novembre au 22 décembre. Elle pourra concerner, par exemple, des analystes en informatique qui procèdent à des mises à jour de systèmes informatiques.  

Avec La Presse Canadienne

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