Labeaume croit de moins en moins au projet de TransCanada

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Selon Régis Labeaume, TransCanada pourrait se buter à certains de ses homologues au cours des prochaines semaines. «Je parle avec les maires et j'ai l'impression qu'ils ne pourront jamais passer.

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(Québec) Régis Labeaume croit de moins en moins au projet d'oléoduc Énergie Est de TransCanada. «Ils ont tellement mal travaillé, ils n'ont pas eu de respect pour la population, ils vont payer pour ça!» estime le maire de Québec.

L'entreprise albertaine a abandonné jeudi l'idée de construire un port pétrolier au Québec. Le pipeline de 4600 kilomètres, qui va transporter environ 1,1 million de barils de pétrole par jour de l'Alberta et la Saskatchewan vers les raffineries de l'est du pays, va finalement ne compter qu'un terminal maritime, à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Le plan prévoit aussi trois branchements dans des raffineries, soit Suncor à Montréal-Est, Valero à Lévis et Irving à Saint-Jean.

Selon le maire de Québec, TransCanada pourrait se buter à certains de ses homologues au cours des prochaines semaines. «Je parle avec les maires et j'ai l'impression qu'ils ne pourront jamais passer. [...] Ils n'ont pas passé à travers toute les villes et villages du Québec, ce n'est pas fait. Je les sens complètement déconnectés. Lorsque le président arrive au Québec, je sens qu'il se sent comme sur une autre planète où il craint quelque chose. Ce n'est pas drôle!»

Bonne nouvelle

Pour le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui s'était opposé à la construction d'un port pétrolier sur son territoire, la décision de TransCanada est applaudie. Ce dernier estime que les retombées économiques pour un terminal pétrolier n'étaient tout simplement pas au «rendez-vous».

«Notre orientation avait déjà été donnée. Je n'avais pas de valeur ajoutée. C'était non pour le terminal», réitère le maire, qui déplore toujours le manque de transparence de la compagnie. «Pour deux raisons, la première, les retombées économiques, et la deuxième, c'est l'accessibilité sociale. Nous avons déjà un terminal avec Valero. Nous en avons un autre de prévu dans l'est de la ville pour le projet Rabaska ou, éventuellement, l'expansion des activités portuaires du Port de Québec. À partir de ce moment-là, un autre terminal n'était pas un plus pour nous. Surtout que les retombées économiques sont très faibles [quelques centaines de milliers de dollars en taxes par année], alors que pour Rabaska, cela nous permet d'aller chercher des revenus annuels de 7 millions $...»

Amendement

TransCanada (TSX : TRP) prévoit soumettre au cours des prochains jours un amendement à l'Office national de l'énergie détaillant le nouveau tracé. Si tout se passe comme prévu, le plan final devrait être dévoilé à la population cet hiver, a confié son porte-parole, Tim Duboyce.

Pour l'heure, des responsables de la société sillonnent depuis quelques jours les villes qui vont être touchées directement par l'oléoduc. Une rencontre citoyenne a notamment eu lieu jeudi soir à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. D'autres sont prévues la semaine prochaine de 16h à 20h à Saint-Augustin (lundi, à l'hôtel de ville) et à Lévis (jeudi, au Centre de congrès de l'Hôtel Four Points by Sheraton).

Malgré l'absence d'un port pétrolier au Québec, l'entreprise albertaine continue de marteler que les bénéfices à long terme seront au rendez-vous pour la province.

«On prévoit des retombées fiscales en termes de taxes et d'impôts de l'ordre de 1,9 milliard $», estime M. Duboyce. «Une fois que nous serons en exploitation, nous allons dépenser près de 100 millions $ par année au Québec, pour l'électricité, pour les coûts d'opération et en taxes municipales.»

La mise en service du projet de 12 milliards $ est toujours prévue pour 2020. TransCanada procède d'ailleurs actuellement à des tests de sol sur la Rive-Sud, notamment sur la route Marie-Victorin, dans Saint-Nicolas.

Joint par Le Soleil, Valero a indiqué que l'annonce de TransCanada n'avait aucun effet sur les activités.

En avril, TransCanada avait aussi renoncé à son projet de port à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent. Avec Annie Morin et La Presse Canadienne

«Importante victoire» pour les groupes environnementalistes

Plusieurs citoyens et groupes environnementaux se sont réjouis jeudi de l'annonce de TransCanada, qui abandonne l'idée d'un terminal pétrolier au Québec. Parmi eux, Patrick Bonin, responsable de campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, souligne qu'il s'agit d'une «importante victoire».

«La mobilisation de la population se poursuivra et s'accentuera tant que le dernier clou n'aura pas été planté dans le cercueil du projet de pipeline de sables bitumineux Énergie Est», prévient-il toutefois. Selon ce dernier, TransCanada se montre «hypocrite lorsqu'elle se dit à "l'écoute des collectivités locales"». Jean-Michel Genois Gagnon

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