Énergie Est: le projet n'est pas mort, mais pas fort

L'annonce de TransCanada d'abandonner le projet de terminal... (Archives La Presse)

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L'annonce de TransCanada d'abandonner le projet de terminal pétrolier au Québec a fait plaisir aux environnementalistes. Sur la photo, un opposant au pipeline participant à une manifestation à Montréal, en octobre.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Politiquement, le projet Énergie Est n'est pas mort, mais il n'est pas fort avec la décision du promoteur d'abandonner l'aménagement d'un port pétrolier en territoire québécois.

En arrivant à l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a évité de dire que l'annonce par TransCanada amènera son gouvernement à bloquer le passage de l'oléoduc au Québec.

«Cela ne change rien aux conditions que nous avons établies», dont celles d'obtenir des retombées économiques suffisantes pour laisser passer. «Mais cela les rend plus difficiles» à atteindre, a-t-il concédé.

Le chef du gouvernement a fait écho au fait que les raisons environnementales avaient conduit la firme albertaine à laisser tomber la construction d'un terminal méthanier à Cacouna, dans un secteur du Saint-Laurent considéré comme la pouponnière des bélugas.

Sans anéantir les chances de donner un feu vert au mégaprojet de 12 milliards $, encore fallait-il «qu'il y ait démonstration très nette de bénéfices économiques. C'est au promoteur de faire cette démonstration.

«Avec un port en eaux profondes - non pas que je souhaite un retour aux installations à Cacouna -, c'est assez simple de calculer les bénéfices en matière d'infrastructures et d'emplois. Sans ça, je ne dis pas que c'est impossible, mais c'est un peu plus compliqué.

«Ce n'est pas mon projet, a-t-il poursuivi. C'est à lui [TransCanada] de démontrer les avantages économiques pour le Québec qui ne peut se contenter d'un simple droit de passage.»

Philippe Couillard a insisté sur le fait que toute spéculation apparaît vaine tant que TransCanada n'aura pas rendu public le tracé définitif du pipeline pour traverser le Québec sur quelque 700 kilomètres. Le dévoilement du projet final est attendu pour la fin de l'année.

Le ministre Pierre Arcand (Énergie et Ressources naturelles) n'a appris qu'en matinée, la décision de TransCanada sur le port. Lui aussi s'est dit dans l'attente de la divulgation des plans définitifs par la firme pour se prononcer sur les retombées économiques, mais aussi sur les impacts environnementaux et les répercussions du projet sur le réseau gazier au Québec.

Pierre Karl Péladeau sur le projet Énergie Est

Inacceptable, dit le PQ

Rencontré à Lévis, où il a prononcé une allocution, le chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, a évité de dire s'il considère que l'abandon du projet portuaire sur les rives du fleuve constitue un obstacle supplémentaire à la construction du pipeline.

«De très nombreux maires sont en désaccord avec l'oléoduc. J'en tire comme conclusion, peut-être de façon préliminaire, qu'il existe de plus en plus un consensus au Québec» contre le passage du pipeline, a-t-il indiqué en insistant pour dire que, dans ce dossier comme dans tant d'autres, «ce sont les lois québécoises qui devraient prévaloir sur les lois fédérales».

Le porte-parole du Parti québécois dans ce dossier, lui, a laissé entendre qu'Énergie Est lui apparaît globalement et irrémédiablement inacceptable. Pour Mathieu Traversy, «à moins d'un revirement de situation majeur, rien [ne pourrait générer] des retombées économiques suffisantes pour faire accepter le projet».

Selon lui, les «risques environnementaux» et l'inacceptabilité sociale déclassent tout gain en emplois, lié à l'éventuelle construction d'un tuyau reliant l'Alberta au Nouveau-Brunswick, désormais seul emplacement pour aménager un terminal pétrolier.

M. Traversy n'a pas voulu dire si le transport par pipeline de produits pétroliers, comme le propose TransCanada, lui semble plus sécuritaire que d'utiliser le rail ou encore des pétroliers naviguant sur le fleuve. «Il n'y a pas de solution magique», s'est-il limité à répéter.

Le député péquiste de Terrebonne s'est montré sceptique que ce qu'acheminera TransCanada profitera aux raffineries québécoises de Valero, à Lévis, et Suncor, à Montréal. Énergie Est transportera du pétrole bitumineux de l'Ouest que ne peuvent traiter les deux raffineurs, a-t-il prétendu.

Il a accueilli avec autant de doute les déclarations des deux entreprises de raffinage qui ont affirmé qu'Énergie Est pourra les approvisionner avec d'autres types de pétrole. À ses yeux, les installations de deux entreprises ne peuvent recevoir du pétrole bitumineux à moins de consentir à d'énormes investissements.

«Importante victoire» pour les groupes environnementalistes

Plusieurs citoyens et groupes environnementaux se sont réjouis jeudi de l'annonce de TransCanada, qui abandonne l'idée d'un terminal pétrolier au Québec. Parmi eux, Patrick Bonin, responsable de campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, souligne qu'il s'agit d'une «importante victoire». «La mobilisation de la population se poursuivra et s'accentuera tant que le dernier clou n'aura pas été planté dans le cercueil du projet de pipeline de sables bitumineux Énergie Est», prévient-il toutefois. Selon ce dernier, TransCanada se montre «hypocrite lorsqu'elle se dit à "l'écoute des collectivités locales"».  Jean-Michel Genois Gagnon

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