Coiteux veut régler les négociations d'ici Noël

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Martin Coiteux a refusé de parler d'une éventuelle loi spéciale qui codifierait les salaires et les conditions de travail des salariés de l'État. Il a cependant laissé entendre qu'il veut régler cette longue ronde de négociations d'ici Noël.

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(Québec) Les négociations avec les syndicats des secteurs public et parapublic «arrivent à la croisée des chemins», dit le président du Conseil du trésor du gouvernement du Québec, Martin Coiteux. «Les prochaines semaines - je ne parle pas des prochains mois - sont déterminantes», déclare-t-il. Ça passera ou ça cassera bientôt.

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, affirme tendre la main aux syndicats sur la question des régimes de retraite. Il est prêt à entendre toute proposition «très concrète» afin d'arriver rapidement à une entente à ce chapitre.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

«Le fruit devient assez rapidement mûr pour une accélération de la cadence des négociations autour des enjeux critiques» que sont les salaires et le régime de retraite des quelque 500 000 employés de l'État, affirme Martin Coiteux.

«On a ce qu'il faut pour en arriver à une entente négociée», dit-il.

Le grand argentier de l'État a accordé une entrevue au Soleil et une autre à Radio-Canada afin de lancer un message aux syndicats des secteurs public et parapublic et, par-delà, aux Québécois dans leur ensemble. C'est un message d'ouverture et de flexibilité que M. Coiteux a cherché à faire entendre. Ces entrevues se sont déroulées vendredi, au terme d'une première série de débrayages.

Martin Coiteux a refusé de parler d'une éventuelle loi spéciale qui codifierait les salaires et les conditions de travail des salariés de l'État. Il a cependant laissé entendre qu'il veut régler cette longue ronde de négociations d'ici Noël.

Sur le régime de retraite, le président du Conseil du trésor dit tendre la main aux syndicats. «S'ils veulent nous faire des propositions concrètes, très concrètes, et nous dire à quelle vitesse ils sont prêts à faire bouger les paramètres, je suis convaincu qu'on est capables d'arriver à une entente» à ce chapitre.

Dans ses propositions présentées il y aura bientôt un an, le gouvernement du Québec a fait part de son intention de faire passer l'âge normal de la retraite des employés de l'État de 60 à 62 ans à compter du 1er janvier 2017. Et de faire en sorte que leur rente soit calculée selon la moyenne du salaire de leurs huit meilleures années de travail et non plus des cinq. Enfin, que la pénalité applicable pour une prise de retraite anticipée passe de 4 % à 7,2 % par année.

«Le plus important pour nous n'est pas que ça s'applique le 1er janvier 2017», assure désormais M. Coiteux. «C'est qu'on fasse un mouvement significatif» durant le terme du prochain contrat de travail.

«On est flexible sur la vitesse» à laquelle on passera de 60 à 62 ans, répète M. Coiteux. Ainsi que sur la hauteur des pénalités actuarielles qui seront imposées à ceux qui choisiront de partir avant 62 ans.

«On peut moduler ça», dit l'homme fort du gouvernement Couillard.

Mais il faut du «mouvement», insiste-t-il. Car, si rien n'est entrepris, le coût des cotisations explosera et les plus jeunes en feront les frais, indique-t-il.

La «relativité salariale»

Sans livrer de détails, le président du Conseil du trésor se dit prêt aussi à bonifier le salaire de dizaines de milliers d'employés qui ne seraient pas actuellement rémunérés au niveau où ils devraient l'être. Et ce, à travers un exercice de «relativité salariale».

Cet exercice s'ajouterait aux propositions de l'État tablant sur un gel salarial les deux premières années du prochain contrat de travail et sur des hausses de 1 % annuellement les trois suivantes. Les organisations syndicales réclament 4,5 % par an pendant trois ans.

Martin Coiteux explique que l'exercice de relativité salariale envisagé vise à corriger des «problèmes d'équité entre différentes catégories d'emploi»; à revoir, autrement dit, «la structure de rémunération» de certains groupes d'employés. Cet exercice passe par un remodelage des échelles de salaire.

Le gouvernement «est prêt à consacrer des efforts budgétaires» à la relativité salariale. Celle-ci ne s'effectuera donc pas à «coût nul», réitère-t-il. Les infirmières et les enseignants seraient concernés.

L'offre de 0 %, 0 %, 1 %, 1 %, 1 % peut-elle bouger, peut-elle être modifiée? «Ce qui ne bouge pas, c'est le package complet», répond le ministre. Il doit être compatible avec le cadre financier gouvernemental.

Pas question pour le gouvernement de «retourner en déficit» ni d'augmenter les taxes ou les impôts pour financer la rémunération des employés de l'État, martèle  M. Coiteux.

Les départs à la retraite ont bondi

Au cours des six premiers mois de l'année 2015, 17,5 % d'employés de l'État de plus que l'an dernier ont officiellement demandé à prendre leur retraite. Ce sont 12 563 fonctionnaires, enseignants, infirmières, mais aussi des cadres qui ont formulé cette demande.

Une situation qui n'est pas étrangère au fait que le gouvernement a tenu jusqu'ici à ce que les changements au régime de retraite des employés des secteurs public et parapublic s'appliquent en 2017.

En 2004, un cotisant gagnant un salaire moyen payait 1843 $ par année au Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics. En 2014, c'était 3650 $.

En 2016, si rien ne changeait, et «selon les taux qui devront s'appliquer pour assurer la santé adéquate du régime, ça sera 4347 $», avait fait savoir Martin Coiteux au printemps. Le régime de retraite des employés du gouvernement est financé moitié-moitié par les salariés et les contribuables québécois. 

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