Gaz naturel à Anticosti: une manne possible de 650 millions $ par an

Le sous-sol de l'île d'Anticosti recèlerait surtout du... (Photothèque Le Soleil)

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Le sous-sol de l'île d'Anticosti recèlerait surtout du gaz naturel, dans une proportion de 77,5 %. Le reste serait du pétrole.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le sous-sol de l'île d'Anticosti recèlerait surtout du gaz naturel, et non pas du pétrole, mais en quantités telles qu'il pourrait générer des bénéfices de 650 millions $ par pendant 75 années pour l'État.

Ces informations apparaissent dans des études préparées pour les consultations que le gouvernement tiendra dans le cadre de l'Évaluation environnementale stratégique (EES) pour les hydrocarbures de l'île située dans le golfe Saint-Laurent.

C'est une cinquantaine de rapports qui ont été rendus publics, mercredi. Le ministère des Finances en signe un sur «l'évaluation financière, l'évaluation des retombées économiques et scénarios possibles de développement de l'exploitation des hydrocarbures» sur ce territoire insulaire.

L'analyse révèle que les travaux d'exploration laissent croire que c'est à 77,5 % du gaz naturel de schiste qui sortirait des éventuels puits de production. Ce serait du pétrole pour le reste.

L'estimation des retombées économiques mentionne que les «retombées fiscales et financières, directes et indirectes pour le gouvernement du Québec [atteindraient] au moins 650 millions $ en moyenne par année».

Projections du PQ en 2014

Ce chiffre rejoint les projections que mettait de l'avant la première ministre Pauline Marois lorsqu'elle a annoncé, en février 2014, que son gouvernement investirait directement 115 millions $ dans le projet. À l'époque, Philippe Couillard, alors chef de l'opposition, trouvait l'aventure risquée et avançait que le Parti québécois «joue à la loterie avec l'argent des Québécois».

Le dossier des hydrocarbures est sujet à controverse. Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires du ministre des Ressources naturelles. En impromptu de presse, Pierre Arcand n'a pas voulu se prononcer s'il est moins dommageable pour l'environnement que le sous-sol recèle plus de gaz naturel que de pétrole. «Le dossier est complexe», et il y aura des audiences publiques, a-t-il noté.

Les données économiques et énergétiques sont «en constante évolution», selon lui. Il n'a pas voulu se prononcer sur l'impact que pourrait avoir une mise en exploitation sur les engagements du Québec en matière de changements climatiques. «Avec le marché du carbone, a-t-il évoqué, année après année, il nous faut diminuer les gaz à effet de serre [GES].»

Le ministre David Heurtel (Environnement et Développement durable) a affiché la même attitude prudente. «On parle d'un projet qui s'étend sur 50 à 75 ans. Il faudra vraiment évaluer l'ensemble des impacts sur l'exploitation sur les GES.»

Il a souligné deux éléments à analyser : «l'impact de la fracturation en milieu insulaire»; et «toute la question de l'eau» potable qui est le sujet d'un questionnement dans le rapport.

Selon les Finances, une exploitation maximale du gisement créerait 2000 emplois annuellement. Une des études évalue que 6800 puits devraient être forés pendant la période d'exploitation qui irait jusqu'à la fin du siècle. Selon les données divulguées, le gisement d'Anticosti pourrait fournir à lui seul plus que toute la consommation de gaz naturel du Québec.

Lundi, Le Soleil a révélé qu'Alexandre Gagnon, le pdg de Pétrolia, partenaire dans Hydrocarbures Anticosti, avec le gouvernement, Corridor Resources et une pétrolière française, privilégie d'acheminer le gaz naturel par pipeline vers la Gaspésie pour l'acheminer ensuite vers Lévis. Il serait possible d'aménager un autre pipeline vers la Côte-Nord.

Un des rapports dévoilés mercredi précise qu'il en coûterait 4 milliards $ pour un oléoduc, long de 900 kilomètres, allant jusqu'à Lévis. Les projections sur le potentiel gazier reposent sur une campagne de 12 sondages stratigraphiques, conduits ces deux dernières années, un investissement d'environ 60 millions $. Une deuxième phase est nécessaire et tout dépendra des résultats de l'EES.

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