Vien confie 30 millions $ au privé pour la promotion touristique

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Si le projet gouvernemental se réalise, une nouvelle structure sera créée: l'Alliance de l'industrie touristique du Québec. Elle aura pour mandat de gérer la vente du «produit» sur les marchés internationaux et de convaincre les Québécois de dépenser plus ici.

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(Québec) La ministre du Tourisme, Dominique Vien, entend couper des vivres à son ministère et aux associations touristiques régionales afin de confier la promotion de l'industrie au secteur privé.

Ainsi, si le projet gouvernemental se réalise, une nouvelle structure sera créée : l'Alliance de l'industrie touristique du Québec (AITQ). Financée par l'État, celle-ci sera pilotée par des représentants des entreprises de ce secteur d'activité. Elle aura pour mandat premier de gérer la vente du «produit» Québec sur les marchés internationaux. La ministre l'invite aussi à convaincre les Québécois de dépenser plus ici.

Dominique Vien compte confier un budget important à l'AITQ : 30 millions $. C'est une hausse du financement de la promotion internationale du Québec de 130 %, se vante-t-elle. Pour y arriver, la ministre prévoit amputer le budget de son ministère de 13 millions $. Les associations touristiques régionales devront aussi contribuer 10 millions $; pour ces 21 ATR, la ponction de 10 millions $ représente la totalité de la subvention de base que leur versait l'État.

Mme Vien demande également aux entrepreneurs de s'investir. Dans «une approche de partenariat public-privé», Québec les invite à injecter 7 millions $ dans l'AITQ.

«Il y avait un coup de barre à donner», a lancé, mardi, Dominique Vien devant des centaines de représentants de l'industrie réunis au Centre des congrès de Québec. Malgré les efforts déployés, le tourisme ne croît pas tel qu'attendu. Elle dit donc s'être inspirée d'autres joueurs du marché, surtout aux États-Unis, qui confieraient déjà leur «marketing» au secteur privé.

20 postes coupés... ou 120?

En point de presse, Dominique Vien a avancé qu'une vingtaine de postes seraient abolis à la suite de la création de l'AITQ. Lorsque Le Soleil a insisté, a demandé quels seront les impacts concrets des coupes de 23 millions $ au Ministère et dans les associations régionales, la ministre a mis fin abruptement à la rencontre avec les journalistes.

Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) crie à la «destruction» du Ministère. Selon lui, quelque 120 postes pourraient être abolis sur les 243 actuels.

Le SPGQ dénonce le transfert, sans appel d'offres, des budgets de promotion du ministère du Tourisme vers le nouvel organisme privé.

Soulignons que Le Devoir révélait mardi que le Ministère a convoqué ses employés pour des rencontres d'information mercredi à Montréal et jeudi à Québec.

Taxe uniformisée

La ministre du Tourisme a aussi profité de son allocution au Centre des congrès de Québec pour annoncer que la taxe sur l'hébergement sera uniformisée au Québec. Partout, les voyageurs qui louent une chambre devront acquitter une taxe de 3,5 % pour financer les associations touristiques régionales. Cette taxe existe déjà, mais elle variait un peu d'une région à l'autre.

Québec fait le bon choix, dit Rozon

Président et fondateur du Groupe Juste pour rire, aussi président d'un comité créé par le ministère du Tourisme pour évaluer l'industrie touristique québécoise, Gilbert Rozon juge que le gouvernement fait le bon choix en confiant la promotion de la destination Québec au secteur privé.

Croisé au Centre des congrès de Québec, M. Rozon explique qu'il faut impliquer les entreprises touristiques, les asseoir à la table où se prennent les décisions stratégiques quant à la vente du Québec sur le marché international. «Partout où ça performe, c'est qu'il y a des privés autour de la table.» Le Québec n'avait pas le choix de bouger, selon lui. Au Canada, la destination Québec aurait chuté dans le palmarès des plus attrayantes pour les touristes. Aussi, dans le monde, des «destinations de qualité» de plus en plus nombreuses se démarquent, tentent de séduire les voyageurs, observe-t-il.

«Est-ce ultimement le rôle d'un gouvernement provincial de faire le marketing?» M. Rozon pense que l'industrie touristique doit s'en charger. Sinon, toutes les entreprises de ce secteur d'activités sont comme des oisillons qui piaillent pour obtenir leur part des subventions, leur part des fonds octroyés pour la promotion, illustre-t-il. «Au lieu de se déresponsabiliser en confiant tout au gouvernement», l'industrie doit être impliquée, selon lui. M. Rozon plaide cependant pour le maintien d'un ministère du Tourisme fort. 

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