Grève des traversiers: négociations rompues

La grève à la Société des traversiers du... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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La grève à la Société des traversiers du Québec, déclenchée mardi dernier, devrait durer encore au moins jusqu'à jeudi.

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(Québec) Dans le coin gauche, la Société des traversiers du Québec (STQ) déplore que les négociations avec le Syndicat des Métallos - qui représente les travailleurs - soient «rompues» depuis samedi à cause du «manque de bonne foi» de ces derniers. Dans le coin droit, le syndicat affirme quant à lui que ce sont les patrons qui ont présenté une «offre globale et finale» forçant la fin des négociations.

Pour le moment, il est difficile de savoir qui dit vrai dans ce duel. Toutefois, ce qui est sûr, à moins d'une entente de dernière minute, c'est que les traversiers resteront à quai au moins jusqu'à jeudi, date prévue de la dernière assemblée.

Au cours des cinq prochains jours, les 150 officiers mécaniciens et de navigation en grève illimitée depuis mardi devront se prononcer sur la dernière offre patronale. Ils auront alors à trancher s'ils acceptent l'offre et, par la suite, si la grève se poursuit ou non. 

Joint par Le Soleil samedi, le président-directeur général de la STQ, Jocelyn Fortier, se disait déçu que les trois jours de négociation aient échoué. «On espérait avoir une entente avec le syndicat ou à tout le moins qu'on pourrait réussir à l'émouvoir pour qu'il démontre un peu d'empathie pour offrir un service minimum de base à la population des régions de Québec et de Sorel-Tracy.»

Selon M. Fortier, la STQ a fait un bout de chemin en démontrant de l'ouverture, en bonifiant son offre finale déposée le 5 octobre. Les nouvelles propositions visent notamment l'augmentation de la prime de disponibilité de nuit pour les officiers de L'Isle-aux-Coudres et la prime d'expérience. Toutefois, il déplore le fait que le syndicat ait réagi en présentant de nouvelles demandes. 

«Le syndicat ne veut absolument pas montrer d'empathie. Il devient impossible de négocier avec eux si à chaque nouvelle rencontre ils majorent leurs demandes. Ils n'évoluent pas», souligne-t-il. «Nous ne pouvons accepter que la population soit ainsi prise en otage. En 33 ans à la STQ, je n'ai jamais vu ça, déclencher une grève générale illimitée avant même d'avoir commencé sérieusement à négocier. Tout ce qu'on peut espérer, maintenant, c'est que nos employés fassent appel à leur sens des responsabilités et leur bonne volonté...»

Du côté du syndicat, on juge qu'il n'y a pas eu de place pour la négociation samedi. L'employeur se serait présenté à la table de négociation avec une «offre globale et finale». «C'est le gouvernement qui a mis fin aux discussions», commente une porte-parole. «Nous n'avons pas rompu la table», assure-t-elle.

Vote(s) jeudi

Jeudi, ce sont les employés de Québec qui auront à se prononcer sur leur avenir. Dans l'avis de convocation qu'ils ont reçu, et dont Le Soleil a obtenu copie, le syndicat écrit : «Nous procéderons ensuite à un vote secret pour l'acceptation de cette offre ou la continuité de la grève». La lettre laisse sous-entendre qu'il n'y a qu'un vote qui aura lieu lors des assemblées.

Toutefois, le syndicat nous assure que deux votes sont au menu pour chaque assemblée. Un premier vote sur «l'offre déposée par l'employeur» et un second pour une «grève générale illimitée ou une grève synchronisée avec le front commun du secteur public, ce qui veut dire les mêmes journées que les infirmiers, enseignants...»

Questionnée sur la raison pour laquelle il n'était aucunement question des deux votes dans la missive envoyée aux syndiqués, la porte-parole n'était pas en mesure de fournir d'explication. 

Samedi, les deux parties n'ont pas voulu se prononcer sur les points qui achoppent.

Lévis veut la reconnaissance d'un «service essentiel»

La Ville de Lévis adoptera lundi une résolution pour demander officiellement au gouvernement du Québec de déclarer la traverse Québec-Lévis service essentiel. Le maire Gilles Lehouillier a expliqué vendredi qu'il s'attendait «minimalement» à des traversées aux heures de pointe. Il a aussi tenté de faire la preuve que la santé et la sécurité des gens de Lévis étaient menacées. Il a donné l'exemple des malades qui doivent partir de l'est de la ville en transport en commun pour aller subir des traitements contre le cancer à Québec. Selon ses calculs, il leur faudrait passer au moins trois heures sur les routes pour faire l'aller-retour. «On n'est plus en 1970, au moment où les services essentiels ont été mis de l'avant; on est en 2015, et les modes de transport alternatifs sont maintenant des droits pour les citoyens», a-t-il ajouté. Au gouvernement, on disait vendredi qu'il n'était pas question d'intervenir par un vote ou une loi spéciale avant que prenne fin le vote des syndiqués. Annie Morin

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