Jean-François Lépine: parler aux Chinois d'une seule voix

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Jean-François Lépine compte faire profiter les hommes d'affaires de sa vaste expérience pour percer le marché chinois.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) À l'aube de devenir la plus grande puissance économique de la planète, la Chine est un marché que ne peuvent plus ignorer les hommes d'affaires d'ici. En outre, le gouvernement québécois doit apprendre à parler d'une seule et même voix afin de bâtir des liens solides avec l'empire du Milieu, estime le nouveau chef des bureaux du Québec en Chine, Jean-François Lépine.

De passage, vendredi, devant le Club économique de Québec, l'ex-journaliste explique qu'il est primordial que les différents ministères, la Caisse de dépôt et placement, Investissement Québec et les représentants du secteur privé envoient un message clair à leurs homologues chinois. Quelque 140 compagnies québécoises font affaire avec ce pays, le deuxième partenaire commercial de la province après les États-Unis.

«Il y a des situations où les Chinois se demandent qui parlent au nom de qui au Québec», déplore M. Lépine, en entrevue au Soleil. «Cinq ou six ministères majeurs font affaire avec la Chine et ils ne se parlent pas. Ça prend une volonté de ne plus travailler en silo, chacun de son côté, pour présenter un front uni. Nos concurrents, eux, sont plus cohérents.»

Pour avoir été les yeux et les oreilles de Radio-Canada à Pékin, de 1983 à 1986, Jean-François Lépine compte faire profiter les hommes d'affaires de sa vaste expérience pour percer le marché chinois. Au cours des trois prochaines années, il sera le responsable des trois bureaux du Québec, à Pékin, à Shanghai et bientôt dans la province du Shandong. «On ne peut pas se permettre de ne pas être là. C'est l'avenir de la planète. Il faut profiter de nos opportunités, même Québec, qui est jumelée avec ville de Xian, un grand centre industriel.»

«Il est très important d'être sur place», poursuit M. Lépine, qui parle le mandarin. «Les Chinois l'apprécient beaucoup. Pour eux, ça signifie que tu désires fidéliser tes relations.»

Croissance insoutenable

Confrontée à une urbanisation galopante - 325 millions de personnes s'installeront dans les villes d'ici 2025 -, la Chine doit composer du coup avec des contraintes environnementales majeures. Une réalité qui pourrait profiter à plusieurs compagnies québécoises spécialisées dans les énergies vertes et renouvelables.

Qualifiant de «redoutables» les hommes d'affaires chinois, Jean-François Lépine estime que leurs homologues québécois ne doivent pas les craindre pour autant. «Plus ils vont investir chez nous, plus il va y avoir une réciprocité. Nous allons exiger d'eux les mêmes conditions qu'ils ont ici.»

Même si la croissance chinoise est tombée l'an dernier à 7,3 % - son plus bas taux depuis 1990 - et continue de faiblir, M. Lépine estime qu'il était écrit dans le ciel que ce boom économique ne pouvait se poursuivre longtemps. «La Chine a connu trois décennies avec 10 % de croissance par année. Ce n'était plus soutenable. Un réajustement devait arriver. Le gouvernement est en train de changer la structure de son économie afin de moins dépendre des exportations et davantage de [la consommation] de la classe moyenne.»

Condamné à changer

Sur l'épineuse question des droits de l'homme, malmenés en Chine, l'ex-journaliste de

66 ans estime qu'il serait suicidaire de prendre le gouvernement de front. «La position canadienne et québécoise est claire: si nous avons des préoccupations, on va les communiquer. Plusieurs universités québécoises contribuent à changer les choses à travers un programme de formation de juges et greffiers chinois, afin que les tribunaux soient plus transparents et que les procès ne se déroulent pas de façon arbitraire. C'est une façon indirecte de clarifier la situation. Ça ne servirait à rien d'affronter un géant comme la Chine et de faire des campagnes de boycottage. À la limite, ils s'en foutent. La Chine est obligée d'évoluer, elle n'a pas le choix, et ce sera le cas au plan des droits de l'homme.»

À titre de «journaliste indépendant de nature», qui n'a jamais caché ses opinions à l'égard de la situation politique en Chine, Jean-François Lépine ne voit pas de problème à respecter le fameux «droit de réserve», cher aux relations diplomatiques.

«Ce ne sera pas facile, mais les Chinois connaissent mes positions. Je n'ai jamais retenu mes critiques à l'égard de la Chine. J'ai reçu un très bon accueil de l'ambassadeur chinois au Canada. On ne m'a jamais interdit des visas pour faire mes reportages. Mais je le répète, plus on ouvrira les vannes, plus on contribuera à rendre la Chine plus transparente.»

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