AB InBev s'entend avec SABMiller pour 136 milliards $

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La nouvelle compagnie contrôlerait près du tiers du marché mondial

AP, Kirsty Wigglesworth

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Associated Press
Bruxelles

Les deux plus grands brasseurs de bière au monde ont accepté, mardi, d'unir leurs forces pour créer une compagnie qui contrôlerait près du tiers du marché mondial et rassemblerait sous une même bannière les marques américaines Budweiser et Miller Genuine Draft.

Après avoir refusé cinq offres, la brasserie britannique SABMiller a finalement accepté en principe une prise de contrôle par sa concurrente Anheuser Busch InBev, qui, en plus de Budweiser, détient également les marques Corona, Stella Artois et Beck's.

La transaction est évaluée à 69 milliards de livres britanniques, ce qui équivaut à environ 136 milliards $ CA.

L'entente pourrait toutefois se buter aux organismes de réglementation, notamment aux États-Unis et en Chine, qui pourraient craindre que la fusion freine la concurrence et réduise les options pour les consommateurs. Ces groupes pourraient contraindre la nouvelle compagnie brassicole à vendre certaines de ses marques.

Après avoir levé le nez sur les offres d'Anheuser Busch InBev pendant cinq semaines, les administrateurs de SABMiller ont finalement donné un accord unanime à l'offre de 44 livres par action (87,44 $) par action.

AB InBev a jusqu'au 28 octobre pour présenter une offre finale. Durant cette période, les deux parties devront finaliser les détails de la transaction et déterminer comment ils financeront la prise de contrôle.

Les marchés estiment que l'entente a de très bonnes chances de se concrétiser, l'action de SABMiller ayant grimpé près du prix offert par le brasseur belge.

La nouvelle de l'entente a également propulsé les actions de leur concurrent Molson Coors (NYSE:TAP.A), qui avançaient mardi de plus de 10 % à la Bourse de New York.

Les analystes s'attendent à ce que les autorités réglementaires exigent la vente de la participation de SABMiller dans la coentreprise MillerCoors, qui vend les produits Miller et Coors. Molson Coors possède 42 % de la coentreprise et sa participation grimperait à 50 % en cas de changements dans le contrôle. En vertu d'un accord conclu en 2008, elle a le droit de déposer une première et une dernière offre pour acheter l'autre part de 50 % si le nouveau géant de la bière est forcé de s'en départir.

Molson Coors a refusé de commenter au sujet de la fusion de ses rivales ou d'éventuels changements dans sa participation dans MillerCoors.

Selon les communiqués émis mardi, AB InBev a accepté de verser 3 milliards $ US à SABMiller si jamais l'entente n'avait pas lieu faute d'approbation des organismes réglementaires ou du feu vert des actionnaires d'AB InBev.

Heineken, le plus grand concurrent

Si elle devait voir le jour, la nouvelle compagnie totaliserait des ventes de 73,3 milliards $ US et contrôlerait environ 31 % du marché de la bière à travers le monde. Son plus grand concurrent serait Heineken, avec 9 % du marché.

AB InBev possède déjà six des marques de bières les plus populaires. Au Canada, le brasseur possède Labatt, qu'il a acquis en 1995. Pour sa part, SABMiller détient dans son portefeuille les marques Peroni, Grolsch et Milwaukee's Best, entre autres.

Le marché de la bière se consolide depuis une décennie, explique le professeur John Colley de la Warwick Business School, soulignant que les brasseurs cherchent à accroître leur influence sur leurs fournisseurs, distributeurs et détaillants.

«Le marché mondial de la bière est stable et dans certaines régions, il est en déclin alors que d'autres produits comme le vin continue de le pénétrer», explique-t-il, ajoutant que les microbrasseries continuent de réaliser des progrès.

Selon une analyste indépendante de Londres, Louise Cooper, l'une des conséquences néfastes de la majoration de l'offre sera de plus grandes coupes dans les effectifs.

«Plus l'offre augmente, plus l'effort de réduction des coûts devra être important pour que l'entente soit financièrement viable», explique-t-elle. «La direction de SAB a fait un bon travail pour ses actionnaires en tirant vers le haut l'offre d'achat. Mais elle n'a pas servi leurs employés, puisque plus d'entre eux perdront leur emploi», a-t-elle laissé tomber.

SABMiller emploie 69 000 personnes dans 83 pays, alors qu'AB InBev détient des effectifs de 155 000 travailleurs dans 25 États.

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