La Presse annonce la suppression de 158 postes

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

La réorganisation découlant du virage numérique de La Presse ne se fera pas sans heurts au sein du quotidien de la rue Saint-Jacques, qui abolira 158 postes, dont 43 au sein de sa salle de rédaction.

Annoncées une semaine après l'abandon de la version papier en semaine, les compressions affecteront 102 postes réguliers - dont des cadres et professionnels - ainsi que 56 surnuméraires et employés temporaires.

S'il concède que ces décisions ne sont pas faciles, le président et éditeur du quotidien, Guy Crevier, a toutefois estimé jeudi que le nombre d'employés réguliers reviendra au niveau de 2011, année où il y avait eu de nombreuses embauches pour le développement de La Presse+.

«C'est une journée qui est triste, mais nous étions autrefois dans un environnement de précarité, alors que là nous pouvons soutenir des emplois de qualité», a-t-il expliqué au cours d'un entretien téléphonique.

Selon le président et éditeur de La Presse, une «centaine» de postes supprimés sont reliés à la version papier du quotidien.

Puisque la grande majorité des employés concernés par la réorganisation n'a pas encore été rencontrée, il n'a pas été possible d'obtenir davantage de détails sur les compressions.

Toutefois, les employés affectés à la distribution du quotidien savaient depuis plusieurs années que leur emploi disparaîtrait avec l'abandon de la version papier.

La quasi-totalité des départs devrait se faire d'ici janvier, ce qui fera passer le nombre d'employés à 633, comparativement à 637 en 2011, d'après M. Crevier. De son côté, la rédaction devrait compter 283 travailleurs réguliers et temporaires.

Ampleur étonnante

L'Intersyndicale de La Presse, qui regroupe quatre syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux et un autre affilié à la Fédération des travailleurs du Québec, s'est montrée très étonnée de l'ampleur des coupes.

«Ces compressions, à notre avis et de l'avis de plusieurs personnes, fragilisent un succès encore fragile en ce qui a trait à la production de ce nouveau média», a déploré le porte-parole de l'Intersyndicale et président du syndicat des journalistes de La Presse, Charles Côté.

Si les syndiqués appuient le virage numérique de leur employeur, M. Côté, en point de presse, s'est demandé comment il sera possible de continuer à produire quotidiennement La Presse+ avec un effectif aussi réduit.

Questionné sur les comparaisons effectuées par M. Crevier par rapport au nombre d'employés à La Presse en 2011, le porte-parole de l'Intersyndicale a eu une interprétation différente.

«En 2011, on publiait un journal papier six jours par semaine, a-t-il rappelé. Maintenant, nous publions sept jours par semaine, il y a 40 % plus de contenu dans La Presse+. On a un rythme de travail beaucoup plus élevé. Il faudra faire très attention à cet élément.»

Le président et éditeur de La Presse n'a par ailleurs pas fermé la porte à différents moyens, comme des départs volontaires ou à la retraite, pour minimiser l'ampleur des compressions. Les syndiqués - dont les conventions collectives viennent à échéance le 31 décembre - ont également semblé ouverts à cette possibilité.

M. Côté a également exprimé le souhait que la réorganisation se fasse sous le sceau de la transparence puisqu'il est actuellement difficile pour les syndiqués de connaître «l'état réel» de la situation.

«Jusqu'à présent, la direction de La Presse nous communique seulement les chiffres qui font son affaire», a-t-il dit.

La semaine dernière, M. Crevier avait affirmé que le modèle d'affaires de La Presse+ était «viable», sans nécessairement parler de rentabilité.

Faire plus avec moins?

Pour sa part, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec s'est montrée «étonnée» de l'ampleur des réductions de personnel, soulevant au passage des préoccupations quant à la qualité de l'information.

«On espère qu'il y aura cette sensibilité et que cela ne se traduira pas par faire plus avec moins», a fait savoir sa présidente, Lise Millette.

Gesca, propriétaire de La Presse, détient un investissement dans La Presse Canadienne dans le cadre d'une entente conjointe avec les sociétés mères du Toronto Star et du quotidien Globe and Mail.

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