L'Allemagne ébranlée par le scandale Volkswagen

Volkswagen a fait l'aveu choquant d'avoir implanté un... (AFP, ODD ANDERSEN)

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Volkswagen a fait l'aveu choquant d'avoir implanté un logiciel dans 11 millions de véhicules de par le monde, capable de détecter les tests aux émissions polluantes et d'en fausser le résultat.

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Agence France-Presse
Francfort

L'affaire des Volkswagen manipulées touche en plein coeur une Allemagne fière de son industrie et de son respect de l'environnement, qui s'inquiétait mardi du discrédit jeté sur le made in Germany.

Déstabilisé par des révélations aux États-Unis, le géant de l'automobile a finalement fait l'aveu choquant d'avoir implanté un logiciel dans 11 millions de véhicules de par le monde, capable de détecter les tests aux émissions polluantes et d'en fausser le résultat.

«Les gens de Wolfsburg [lieu du siège social de Volkswagen, dans le nord du pays] représentaient un idéal de l'ingénierie allemande. [...] Cette image est égratignée et cabossée. Au minimum», résume l'éditorialiste Ulf Poschardt dans le quotidien conservateur Die Welt.

Le scandale qui vient d'éclater «est un énorme préjudice pour la marque industrielle Allemagne», juge Max Straubinger, une figure de proue du parti bavarois conservateur CSU.

«Le made in Germany n'a jusqu'ici pas triché ni fraudé», remarque de son côté l'expert automobile Ferdinand Dudenhöffer, interrogé par l'AFP. Le géant aux 12 marques «est la plus grande entreprise allemande et une entreprise exemplaire. Personne n'aurait imaginé que Volkswagen puisse mentir», ajoute-t-il, en craignant que les doutes ne se propagent aux concurrents Daimler et BMW, et aux équipementiers Bosch et Continental.

«Si cette réputation [allemande] se trouve en danger, alors la croissance et l'aisance de ce pays sont menacées, car un emploi sur sept dépend directement ou indirectement de l'industrie automobile», s'inquiète l'éditorialiste Ulrich Schäfer, dans le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung.

De manière générale, c'est fort d'une promesse de fiabilité et de qualité que l'Allemagne peut exporter à tour de bras, pour plus de 100 milliards d'euros par mois, ses voitures, mais aussi ses produits chimiques et sa machinerie.

Mauvais timing

Conscient des enjeux, Berlin réclame des explications. La chancelière Angela Merkel a exigé la transparence totale sur cette supercherie, mais son ministre de l'Économie, Sigmar Gabriel, a assuré que le made in Germany restait un signe de qualité et n'était pas en danger.

L'affaire éclate au mauvais moment pour le gouvernement fédéral. Mme Merkel doit se rendre à la fin de la semaine à New York pour convaincre les dirigeants des Nations Unies d'adopter des engagements contre le réchauffement climatique, avant la tenue de la conférence de l'ONU à Paris en décembre.

Celle qui se voit volontiers en «chancelière du climat» aimerait que la sortie du nucléaire et la transition énergétique restent les marques de fabrique de son règne. En juin encore, elle était la grande artisane des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre adoptés par le G7 qu'elle présidait.

Mais elle se retrouve aussi en porte à faux, pour avoir constamment défendu les intérêts de son industrie automobile et repoussé la mise en place des limites d'émissions européennes.

Désormais, «les autres pays vont sourire [...] Si la plus grosse entreprise allemande triche, que vaut la parole de la chancelière?» s'interroge M. Dudenhöffer.

Les constructeurs allemands de leur côté avaient développé tout un discours autour de leurs «diesel propres», les moteurs au coeur du scandale Volkswagen.

Le scandale a également eu de fortes répercussions sur le marché boursier à l'échelle mondiale. Depuis deux jours, l'action du constructeur a perdu 35 % de sa valeur, terminant la journée de mardi à 106 euros (156,45 $CAN).

Le président démis?

En conséquence, il semblerait que le patron de la compagnie, Martin Winterkorn, sera démis de ses fonctions vendredi, rapportait hier le journal allemand Tagesspiegel sur la foi de sources proches du comité enquêtant sur l'affaire.

Toujours selon ce quotidien, c'est Matthias Müller, le patron de Porsche - filiale de Volkswagen - qui devrait lui succéder.

M. Winterkorn, 68 ans, qui a présenté des excuses sur le site Internet de la compagnie, mardi, dirige le fabricant automobile depuis 2007.

Volkswagen n'était pas joignable pour commenter cette information.

Pas d'autre constructeur impliqué

Le ministre allemand des Transports a affirmé hier qu'il n'avait aucune indication que d'autres constructeurs que Volkswagen aient truqué leurs moteurs, après l'aveu par le géant allemand qu'environ 11 millions de ses voitures étaient équipées de logiciels fraudeurs.

«Nous sommes en discussions avec les Américains, avec les administrations en charge de l'environnement, avec le secteur automobile, et nous n'avons aucune indication à ce stade sur l'implication d'autres constructeurs», a dit Alexander Dobrindt lors d'une conférence de presse à Berlin.

Le ministre a également annoncé la création d'une commission qui, en plus des contrôles menés par les services de l'administration automobile KBA, devra vérifier que les véhicules ont été construits conformément aux normes européennes et allemandes. La commission, qui comprendra du personnel de son ministère, des employés de la KBA et des scientifiques, se rendra sous peu au siège social du constructeur, à Wolfsburg.

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