L'aromathérapie, un marché en pleine forme en France

Longtemps éclipsée par la science moderne, l'aromathérapie, l'utilisation des... (Collaboration spéciale, Johanne Martin)

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Etienne Balmer
Agence France-Presse
Paris

Longtemps éclipsée par la science moderne, l'aromathérapie, l'utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques, a de nouveau le vent en poupe, notamment en France, profitant de l'engouement pour les produits naturels bio et la défiance envers les médicaments.

Recevant dans leurs bureaux du 16e arrondissement de Paris, parfumés de leur «best-seller», un spray assainissant composé de 41 huiles essentielles, Marco et Isabelle Pacchioni, le couple à la tête de Puressentiel, leader français de l'aromathérapie, incarnent le succès fulgurant du secteur.

Créé il y a seulement dix ans, Puressentiel est aujourd'hui une société d'une centaine de salariés avec cinq filiales en Europe: en 2014 elle pesait 70 millions d'euros de chiffre d'affaires et elle vise 20% de croissance cette année.

La société familiale conçoit ses produits en laboratoire, puis s'approvisionne en matières premières dans le monde entier. Elle confie ensuite la fabrication par distillation à la vapeur d'eau à un sous-traitant français de la chimie fine, Fareva, installé dans la Drôme.

Puressentiel, qui aspire à devenir le numéro 1 mondial de l'aromathérapie, vient d'ouvrir une filiale au Canada, avec l'immense marché américain en ligne de mire à partir de 2017.

En France, le secteur de l'aromathérapie, avec ses produits vendus en pharmacie et parapharmacie, avoisine les 180 millions d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de près de 16% sur un an, selon des données de la société d'étude OpenHealth cumulées sur 12 mois, arrêtées à fin juillet.

«On se rend compte que les utilisateurs de nos produits veulent prendre en charge leur forme, leur bien-être et leurs petits bobos du quotidien, ils se posent des questions qui ont été longtemps occultées par une espèce de lobbying de la chimie de synthèse», estime Isabelle Pacchioni, dont la mère était herboriste et le père naturopathe.

Gare aux abus

L'aromathérapie propose surtout de prévenir et soulager quantité de maux du quotidien: rhume, angine, mal de tête, insomnies, fatigue, stress, douleurs articulaires, piqûres d'insectes...

«On n'est plus du tout dans l'ère de la +plantouille+ (élaboration de décoctions maison, ndlr), mais dans la démonstration par la preuve», selon Mme Pacchioni.

Puressentiel multiplie ainsi les études scientifiques sur l'efficacité et la tolérance sur ses produits, en collaboration avec des médecins ou des hôpitaux, tout en se fixant une limite: «On ne va pas soigner des maladies, mais traiter l'environnement» des malades, selon sa fondatrice.

En Allemagne aussi, une trentaine d'hôpitaux utilisent des huiles essentielles, comme assainissant ou pour prévenir des escarres, notamment chez les patients âgés. «On s'aperçoit souvent que les coûts sont moindres qu'avec des produits pharmaceutiques conventionnels», explique à l'AFP Monika Werner, une spécialiste allemande des médecines douces et conférencière sur l'aromathérapie.

«Le regard de beaucoup de médecins a changé sur l'aromathérapie, mais le chemin a été long et il y aura toujours des sceptiques», résume Mme Werner.

Anne Landreau, chercheuse en biodiversité végétale à l'Université de Nice et enseignante en sciences pharmaceutiques et ingénierie de la santé, met toutefois en garde contre un risque d'utilisation abusive des huiles essentielles, à cause de «la tendance du grand public à un retour à la nature qui va aller chercher le miracle un peu partout».

Bien que ces huiles n'aient pas le statut de médicament, elles n'en constituent pas moins «un mélange de composés actifs, qu'il faut prendre dans des cas précis, avec un bon conseil et en quantité adéquate», ajoute cette pharmacienne de formation, déconseillant par exemple leur usage pour les femmes enceintes et les bébés.

«On ne peut pas dire si les huiles essentielles sont dangereuses ou pas: ça dépend de leur composition, de la quantité utilisée et des réactions de chaque personne», conclut-elle, après avoir réalisé une étude sur les expositions aux huiles essentielles, notamment à partir de cas relevés au centre anti-poison du CHU d'Angers.

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