Le Concorde: un pari «très risqué» qui rapporte gros

Le propriétaire du Concorde, Jean Guy Sylvain, et le... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Le propriétaire du Concorde, Jean Guy Sylvain, et le président de Restos-Plaisirs, Pierre Moreau, se sont montrés bien heureux mardi des succès de l'hôtel et son restaurant tournant, le Ciel.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Ça tourne rond au Concorde. Le célèbre hôtel connaît un taux d'occupation enviable un an et quatre mois seulement après sa réouverture. Le propriétaire, Jean Guy Sylvain, pourrait déjà clamer avoir remporté la mise au terme d'un pari "très risqué".

«Vous avez fait une bonne affaire?» questionne un journaliste. «J'en suis convaincu», répond tout sourire M. Sylvain, qui a fait l'acquisition du Concorde à la suite d'une saga digne d'un Vaudeville. Il ne s'attendait pas à une reprise aussi forte et rapide pour un établissement qui frôlait pourtant la faillite. Et les chiffres le prouvent.

Au cours de la première année, du 1er juin 2014 au 31 mai 2015, l'hôtel a généré 82 000 nuitées pour un taux d'occupation annualisé d'environ 55 %. Depuis le début de l'été 2015, Le Concorde est passé en «vitesse du son» avec un taux d'occupation de 85 % en juin, près de 100 % en juillet et août et 94 % en septembre en date de mardi. 

«C'est mon 20e hôtel et je n'ai jamais vu ça», avoue M. Sylvain, qui ne s'attendait visiblement pas à un tel succès dans un laps de temps aussi court. «Je ne dis pas mission accomplie tout de suite. On s'est donné trois ans pour être sûr que ça fonctionne bien. Mais c'est 60 % plus enviable que je pensais au début. C'était l'aventure la plus risquée dans laquelle je me lançais», rappelle-t-il.

Selon M. Sylvain, ce succès est attribuable à plusieurs facteurs, principalement à la baisse du prix des chambres et à l'image de véritable attraction touristique qu'il a redonnée au Concorde, notamment grâce à son association avec Restos Plaisirs, groupe qui gère le restaurant tournant Ciel!, le Jaja La Pizz du rez-de-chaussée et les banquets.

«On sent que les gens se sont approprié le restaurant», lance fièrement Pierre Moreau, en parlant du Ciel!. L'idée était d'en faire un lieu de restauration abordable qui serait aussi fréquenté par les résidents de Québec. Depuis son ouverture en octobre 2014, le restaurant a accueilli 150 000 clients.

Pour son groupe, le défi était aussi relevé que celui de M. Sylvain. «Nous avons fait en quatre mois ce qui prend habituellement deux ans à faire», précise M. Moreau. Il fallait non seulement trouver un concept et élaborer un menu. Restos Plaisirs devait transformer de fond en comble l'ancien restaurant l'Astral, usé par le temps.

Une piscine quatre saisons

Après avoir rénové 105 des quelque 400 chambres, le hall et d'autres aires communes comme les salles de réunion, M. Sylvain prévoit poursuivre cet automne la mise à niveau de l'hôtel. Environ 70 autres chambres et 25 suites seront rénovées. 

Toutefois, le projet majeur demeure la transformation en piscine intérieure de la piscine extérieure du quatrième étage qui donne sur les plaines d'Abraham. «C'est un secteur très venteux. Elle est sous-utilisée. Elle sera vitrée et accessible à l'année avec l'aménagement d'un jardin intérieur», explique le proprio, qui parle d'un autre investissement de plusieurs millions de dollars.

Un hôtel, point final

M. Syvlain souhaite plus que jamais conserver la vocation hôtelière du Concorde même si la Ville a levé son règlement de contrôle intérimaire qui empêchait toute modification à l'usage du Concorde. «Je suis un hôtelier et je veux que ça demeure un hôtel. La Grande Allée a besoin d'un établissement comme celui-ci pour créer de l'achalandage dans les restaurants et autres commerces», conclut-il.

Le Concorde a fait couler beaucoup d'encre en 2014. Après une fermeture de trois mois en début d'année, Loews, qui exploitait l'hôtel, avait vendu l'édifice au patron des Résidences Soleil, Eddy Savoie. L'homme, que le maire Régis Labeaume ne portait pas dans son coeur, voulait en faire une résidence pour aînés. L'administration du maire avait bloqué le projet, refusant le changement de zonage nécessaire à la conversion de l'édifice.

D'autres investisseurs avaient alors manifesté leur l'intérêt à développer une formule de condo-hôtel, mais le maire les avait soupçonnés d'être liés à la mafia. Un règlement municipal avait été voté pour empêcher toute autre vocation que l'hôtellerie. L'hôtelier Jean-Guy Sylvain a profité de l'échec de la vente pour se présenter comme le plus sérieux acquéreur potentiel.

Interrogé sur le sujet à l'hôtel de Ville, le maire Labeaume s'est réjoui des succès de M. Sylvain. «On a bien fait de ne pas permettre que ça soit une résidence pour personnes âgées. On a eu raison de mener la bataille», a-t-il commenté.  

Avec Ian Bussières

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer