Le fondateur d'Optosecurity quitte la présidence pour lancer FlyScan Systems

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L'entrepreneur Éric Bergeron veillera au bon démarrage de Fly-Scan Systems, une entreprise dérivée de l'Institut national d'optique.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec)
Éric Bergeron se lance une nouvelle fois dans le vide.

Fondateur d'Optosecurity, une firme spécialisée dans la détection des menaces et l'amélioration de l'efficacité opérationnelle des points de contrôle dans les aéroports, l'entrepreneur de 48 ans s'apprête en mettre en orbite FlyScan Systems. Cette entreprise dérivée (spin-off) de l'Institut national d'optique (INO) proposera aux opérateurs de pipelines une technologie de détection des fuites à partir d'un système laser miniaturisé installé sur un drone.

Cet été, Éric Bergeron annonçait sa «retraite». Il laissait la présidence d'Optosecurity entre les mains de Timothy Matthews, celui qui gérait les opérations de la compagnie depuis quelques années. 

À titre de fondateur d'Optosecurity, il conserve son siège au sein du conseil d'administration. Et ses actions. «Tim est un excellent gestionnaire. Un opérateur d'entreprise fort méthodique. Moi, je suis plus instinctif. Plus impulsif. Plus impatient. Plus flamboyant», raconte-t-il au Soleil.

Un «développeur» avant tout

Se décrivant davantage comme un «développeur» qu'un «administrateur», Éric Bergeron estime «avoir donné ce qu'il avait à donner» à son entreprise qu'il a mise au monde il y a 12 ans dans le sous-sol de sa résidence après une visite à l'INO.

Il laisse une compagnie en très bonne santé financière. Une entreprise rentable. Une entreprise dont les revenus sont en constante progression. Une entreprise qui procure une cinquantaine d'emplois de qualité.

«C'est plus facile de réaliser une transition professionnelle comme la mienne lorsque son entreprise se porte bien», explique Éric Bergeron en indiquant que le défi qui attend Optosecurity au cours des prochaines années relève davantage de la «gestion plus traditionnelle» d'une société en croissance que de «l'exploration en pleine jungle», comme c'était le cas lors des premiers pas d'Optosecurity.

D'abord à Bruxelles puis à Toulouse, Optosecurity a fait son entrée, ces derniers mois, dans les grands aéroports européens où son logiciel innovateur permet d'accroître le niveau de sûreté et de productivité aux différents points de fouille, notamment en augmentant le débit des passagers et en réduisant les coûts d'exploitation. Dans cette conquête des marchés mondiaux, la compagnie mise sur un partenariat avec Smiths Detection, l'un des plus importants équipementiers de système de sécurité sur la planète.

Le moment de quitter la présidence d'Optosecurity ne pouvait donc mieux tomber pour Éric Bergeron. «J'ai encore de l'énergie pour créer une nouvelle entreprise en la bâtissant de la cave au grenier. Dans cinq ou six ans, qui sait, je n'aurai peut-être plus suffisamment d'essence dans le réservoir. Et, par-dessus tout, j'ai encore le goût du risque», confie-t-il.

Évidemment, il n'est plus le même entrepreneur qu'il y a 12 ans.

«Mon expérience des tranchées va m'aider considérablement. Je connais les pièges à éviter. Des erreurs, j'en ai commis en masse. Et je vais en faire d'autres! Ce qui est important, c'est que je ne fasse pas les mêmes.»

Éric Bergeron a déjà réussi à cumuler plus... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Éric Bergeron a déjà réussi à cumuler plus de 30 millions $ de financement en capital de risque dans les premières années de fondation d'Optosecurity. 

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Le jour de la marmotte...

Éric Bergeron a l'impression de vivre le jour de la marmotte! 

En 2003, cet ingénieur qui avait fait ses classes notamment chez Innovatech Québec ainsi qu'aux Pays-Bas à titre de vice-président de la division européenne d'un fournisseur américain de logiciels d'infrastructures sans fil se pointait à l'Institut national d'optique (INO) dans l'espoir d'y trouver une technologie à commercialiser. L'INO est constamment à la recherche d'entrepreneurs qui sauront donner une vie commerciale aux découvertes de ses chercheurs.

À cette occasion, on lui avait présenté une dizaine de technologies prometteuses dont une basée sur le corrélateur optique permettant la reconnaissance automatique des objets. Optosecurity s'en inspirera pour concevoir des logiciels de détection des menaces physiques pour les systèmes d'imagerie à rayons X pour le marché des transports et des infrastructures.

L'histoire s'est répétée en juin, alors qu'Éric Bergeron, à la recherche d'un nouveau défi, cognait une nouvelle fois à la porte de l'INO. 

Cette fois, il a craqué pour une trouvaille technologique utilisant le rayon laser pour détecter les fuites pour les oléoducs et les gazoducs. Un rayon laser installé sur un drone.

«Encore une fois, tout est à faire. Devant moi, j'ai une feuille blanche. Je dois donner une vision à l'entreprise. Je dois recruter les meilleurs talents. Ça me stimule au plus haut point», explique celui qui avait réussi à cumuler plus de 30 millions $ de financement en capital de risque dans les premières années pour propulser Optosecurity.

«À la différence que, cette fois, le premier client - ce fameux premier client par lequel tout commence -, il attend au pied de ma porte. Je n'aurai pas cinq ans à attendre avant de le trouver comme ce fut le cas avec Optosecurity.»

En effet, un opérateur de pipeline a accordé un mandat à l'INO pour développer le prototype du système qui permettra de détecter les fuites.

L'inspection des pipelines de gaz naturel se fait déjà à partir d'hélicoptères. L'équipement est lourd et les coûts sont élevés pour les opérateurs.

Dans le cas des conduites de pétrole enfouies dans le sol, l'inspection aérienne est inexistante.

«FlyScan Systems ne vendra pas des équipements aux opérateurs, mais des services d'inspection. Ça permettra d'apporter des revenus récurrents à l'entreprise», signale Éric Bergeron qui veut d'abord se faire les dents au Canada et aux États-Unis avant de percer les autres marchés ailleurs dans le monde.

Entrepreneur en résidence

À l'INO, Éric Bergeron sera le nouvel entrepreneur en résidence dans le cadre d'un programme développé par le centre de recherche et la Ville de Québec.

Cette dernière y investira 2 millions $ d'ici 2020 dans l'espoir de voir pousser 10 nouvelles entreprises technologiques.

«Je lance l'entreprise dans des conditions très favorables qui sont à des années-lumière de celles que j'ai connues il y a 12 ans. De l'argent pour démarrer des entreprises proposant de nouvelles applications industrielles, il y en a trop peu», déplore-t-il en applaudissant l'initiative prise par la Ville de Québec et l'INO.  Gilbert Leduc

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