Travailleurs latinos-américains: une bouée de sauvetage pour les entreprises

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Les neuf entreprises participantes à la présente mission virtuelle de recrutement qui cible le Brésil, la Colombie et le Mexique ont reçu un peu plus de 5200 curriculum vitae.

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(Québec) À l'autre bout du fil, Louisette Lavoie, directrice des finances chez Béton Bolduc, ne cache pas son découragement. «Cette année, nous avons embauché 25 nouveaux employés. Du nombre, il n'en reste plus que 12, et je suis convaincue qu'il y en a 4 ou 5 autres qui ne finiront pas la saison. Tout est toujours à recommencer.»

C'est pourquoi le fabricant de produits de béton de Sainte-Marie - qui célèbre cette année son 50e anniversaire - se tourne de plus en plus vers le recrutement de main-d'oeuvre étrangère. Il participe actuellement à la troisième mission virtuelle de recrutement en Amérique latine organisée par Québec International.

Béton Bolduc compte déjà 4 Costaricains parmi ses 80 employés. Ils ont été recrutés, il y a deux ans et demi, par l'entremise d'une agence privée.

«Les Costaricains sont de bons travaillants qui ne refusent jamais de faire des heures supplémentaires», souligne Mme Lavoie, en précisant qu'il n'est pas rare qu'un travailleur québécois préfère remettre sa démission plutôt que de travailler le soir ou la nuit. D'ailleurs, Béton Bolduc a suffisamment de contrats sur les bras par les temps qui courent pour instaurer un chiffre de travail de nuit, mais il n'a pas de travailleurs en quantité suffisante sous la main pour mettre en oeuvre ce projet.

«Avec un taux de chômage de 3 % dans la Beauce, les travailleurs ont l'embarras du choix. Il y a toujours un autre boulot qui les attend quelque part», affirme Louisette Lavoie. Celle-ci souligne que les écoles ont des programmes pour former les travailleurs tant recherchés par Béton Bolduc, mais que les inscriptions sont inexistantes. 

«Ici, il n'y a plus personne qui veut travailler dans les usines», tranche-t-elle en rappelant que la formation en usine d'un travailleur était une affaire de trois à six mois. Du temps et de l'argent bien souvent tiré par les fenêtres, car le travailleur lèvera peut-être les feutres quelques mois plus tard.

Sur son site Web, Béton Bolduc - qui a décroché deux importants contrats à Montréal, l'un pour le remplacement d'un tronçon de l'autoroute Bonaventure et l'autre pour la fabrication de béton préfabriqué pour l'échangeur Turcot - affiche présentement des postes d'électromécanicien, d'opérateur de presse, de journalier, d'opérateur de chargeuse sur roues et de mécanicien-soudeur.

Dans le contexte de la mission virtuelle de recrutement en Amérique latine, Louisette Lavoie prévoit réaliser des entrevues avec huit candidats. S'ils répondent aux exigences de Béton Bolduc, ils n'arriveront en Beauce que dans six ou huit mois.

Engouement pour la région de la capitale

Heureusement pour les entreprises comme Béton Bolduc, les chercheurs d'emploi de l'Amérique latine veulent venir travailler dans la région de Québec.

La preuve?

Les neuf entreprises participantes à la présente mission virtuelle de recrutement qui cible le Brésil, la Colombie et le Mexique ont reçu un peu plus de 5200 curriculum vitae. Une augmentation de 15 % par rapport à la mission virtuelle de l'an dernier à laquelle six entreprises avaient participé.

«Entre le 15 juin et le 9 août, il y a eu 391 945 visites sur le site de la mission, soit trois fois plus que l'an dernier», rend compte Marie-Josée Chouinard, directrice de l'attraction de talents chez Québec International.

Des neuf entreprises, six proviennent du secteur des technologies de l'information (Abacus RH, L-IPSE, Paxyl Solutions, Revenu Québec, Systématix et Tel Dig Systems) et trois du secteur manufacturier (AMEC Usinage, I. Thibault et Béton Bolduc). Elles prévoient tenir 211 entrevues de sélection par l'entremise de l'outil de communication Skype dans l'espoir de pourvoir 130 postes.

Il s'agit de la troisième mission virtuelle de recrutement en Amérique latine organisée par Québec International. De plus, l'organisme de promotion économique y a accompagné des entreprises d'ici sur le terrain à deux reprises. Au Brésil, notamment, Québec International a tissé des liens avec des partenaires locaux qui diffusent largement des offres d'emploi québécoises et qui accompagnent les chercheurs d'emploi dans leur projet d'aller gagner leur vie loin de chez eux.

«Les entreprises ont réalisé 103embauches en Amérique latine dans le cadre de nos missions, ce qui représente la venue de plus de 250 personnes dans la région en incluant conjoints et enfants», signale Mme Chouinard. Celle-ci souligne que les travailleurs brésiliens, notamment, choisissaient de vivre l'aventure québécoise dans l'espoir d'assurer un environnement plus sécuritaire à leur famille. Après une année, le taux de rétention des travailleurs de l'Amérique latine est de 95 %. 

En général, les chercheurs d'emplois de l'Amérique latine se distinguent par la qualité de leurs formations générales et leur expérience professionnelle. Par contre, leur méconnaissance de la langue de Molière peut être un obstacle à leur embauche.

 Pour Revenu Québec, les besoins de recrutement dans le secteur des technologies de l'information sont importants. Entre autres, l'agence est à la recherche de 40 analystes en réalisation de systèmes.   

«Nous poursuivons nos démarches au Québec, mais nous ne croyons pas être en mesure de combler tous nos besoins», explique Geneviève Laurier, porte-parole de Revenu Québec.

La solution: le recrutement international

«Bien entendu, nous comblerons tout ce qui est possible par des candidats québécois, mais nous avons de gros doutes sur la possibilité de pourvoir l'ensemble de nos postes. C'est donc dans cette optique que le recrutement international s'est avéré une solution à nos besoins. Le secteur des technologies de l'information connaît, depuis plusieurs années, une pénurie de main-d'oeuvre qui l'empêche de pourvoir à ses besoins. Ainsi, Revenu Québec déploie des stratégies de recrutement étendues pour tenter d'attirer les talents recherchés dans ce secteur.»

En 2011 et en 2012, l'agence gouvernementale avait recruté 26 nouveaux employés lors de missions à l'étranger. Aujourd'hui, 23 d'entre eux évoluent encore au sein de Revenu Québec. 

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