Le Canada en récession

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L'économie canadienne dégongle, notamment pour cause de chute du prix du pétrole.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

L'économie canadienne s'est contractée pour un deuxième trimestre consécutif depuis le début de l'année, entraînant du même coup le pays sur le territoire de la récession technique, qui pourrait toutefois s'avérer de courte durée.

Les données publiées mardi par Statistique Canada font état d'un fléchissement de 0,5 pour cent du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre, sur une base annualisée. Il s'était déjà contracté de 0,8 pour cent pendant les trois premiers mois de l'année.

En comparaison, l'économie américaine a progressé de 3,7 pour cent lors du deuxième trimestre.

Dans son plus récent rapport, l'agence fédérale souligne avoir révisé le recul de 0,6 pour cent initialement constaté au premier trimestre puisque la performance de l'économie canadienne a finalement été plus faible que prévu au cours de cette période.

Cette première récession technique - qui correspond un recul du PIB pendant deux trimestres consécutifs - en six ans est attribuable principalement à la déprime des prix dans des matières premières, notamment du côté du pétrole ainsi que du gaz.

«Les sources de faiblesse sont conformes à nos prévisions, a noté l'économiste principal au Mouvement Desjardins, Benoit Durocher. Avec l'impact de la baisse des prix du pétrole, les investissements des entreprises ont reculé de façon importante.»

Le secteur de l'extraction minière, de l'exploitation en carrière et de l'extraction des hydrocarbures a entre autres affiché un repli notable de 4,5 pour cent.

Statistique Canada a toutefois constaté une certaine reprise économique en juin, où le PIB a affiché une progression de 0,5 pour cent, mettant ainsi fin à une glissade qui s'est échelonnée sur cinq mois.

«C'est l'élément le plus encourageant (des données de Statistique Canada), affirme M. Durocher. Cela n'a pas été suffisant pour sauver le deuxième trimestre, mais il permet d'entreprendre le troisième sur une note positive. C'est bon signe pour un retour à la croissance économique dès le troisième trimestre.»

Le dernier bond de l'économie canadienne supérieur à 0,5 pour cent avait été enregistré en juin 2013 (0,63 pour cent).

L'augmentation au mois de juin est notamment attribuable à une progression de 3,1 pour cent de l'activité dans le secteur des ressources naturelles - son premier gain après sept baisses mensuelles consécutives.

Courte récession attendue

Des économistes interrogés ont tempéré l'ampleur de la contraction de l'économie canadienne depuis le début de l'année.

«La ponction dans le secteur pétrolier est très grande, mais la croissance demeure au rendez-vous dans presque tous les autres secteurs, a analysé l'économiste en chef adjoint de la Banque Laurentienne, Sébastien Lavoie. Il n'y a pas de détresse majeure.»

Il faut remonter à 2009, lors de la dernière récession mondiale, pour observer une contraction de l'économie canadienne pendant deux trimestres consécutifs. Le PIB avait alors fléchi de 8,7 pour cent au premier trimestre et de 3,6 pour cent lors des trois mois suivants.

Au deuxième trimestre de 2015, en dépit de la contraction du secteur des ressources naturelles, d'autres indicateurs, comme les dépenses des ménages, se portent un peu mieux, a noté mardi Statistique Canada.

Alors que les taux d'intérêt demeurent faibles, l'agence fédérale a observé une progression de 0,6 pour cent des dépenses des consommateurs d'avril à juin, ce qui est en grande partie attribuable aux achats liés au transport, en hausse de 1,5 pour cent. Pour les trois premiers mois de l'année, les dépenses des ménages avaient légèrement augmenté de 0,1 pour cent.

De plus, après deux trimestres négatifs, les exportations canadiennes ont grimpé de 0,1 pour cent au deuxième trimestre.

Sur une base mensuelle, le commerce de gros a grimpé de 1,0 pour cent en juin, après avoir fléchi de 1,1 pour cent en mai. Après une contraction de 1,6 pour cent en mai, la production manufacturière a quant à elle augmenté de 0,4 pour cent au mois de juin.

«Le pire est derrière nous, a estimé l'économiste en chef adjoint de la Banque Laurentienne. La croissance sera au rendez-vous au cours des prochains mois. La locomotive principale sera les exportations, principalement vers les États-Unis.»

Pour sa part, le secteur de la finance et des assurances a avancé de 0,7 pour cent en juin, alors que le secteur des arts et spectacles a bondi de 6,4 pour cent, notamment grâce à la présentation de la Coupe du monde féminine de soccer de la FIFA à travers le pays.

Dans ses plus récentes prévisions, effectuées à la mi-juillet, la Banque du Canada a dit prévoir une croissance de 1,1 pour cent de l'économie canadienne en 2015.

Stephen Harper... (PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS) - image 2.0

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Stephen Harper

PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS

Ces chiffres sont publiés au moment où l'état de l'économie s'impose comme le thème majeur de la campagne pour les élections législatives du 19 octobre.

Ils risquent de placer sur la défensive le premier ministre conservateur Stephen Harper, au pouvoir depuis 2006, alors que l'opposition appelle à «un changement de régime».

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