Gentec Électro-Optique: en progression constante depuis 2007

Le président de Gentec-EO, Michel Giroux, montre des... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le président de Gentec-EO, Michel Giroux, montre des appareils de mesure, des joulemètres et des wattmètres, que son entreprise fabrique pour mesurer la chaleur et l'intensité des faisceaux laser.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Seule au Canada dans son marché de niche pour les appareils de mesure de l'énergie et le calibrage des lasers, Gentec Électro-Optique a le vent dans les voiles depuis 2007. Huitième au monde cette année-là, Gentec-EO est maintenant troisième. Son président, Michel Giroux, estime que la compagnie occupera le deuxième rang d'ici deux ans environ.

L'entreprise fabrique entre autres des joulemètres et des wattmètres pour mesurer la chaleur et l'intensité des faisceaux laser. D'ailleurs, lorsque cette entreprise était à part entière dans Gentec Canada, le service a fabriqué des faisceaux laser et des outils de mesure.

Scission de l'entreprise

Lorsque le frère de Michel Giroux, François, a repris l'entreprise des mains de leur père, qui dirigeait la compagnie depuis 1978, le service d'électro-optique engloutissait de l'argent, alors qu'un conflit travail de près d'une année, en 1997, a fait perdre des plumes à l'entreprise. On décide de scinder l'entreprise (spin-off) pour créer Gentec-EO en 2000. «La création de la nouvelle entité a été appuyée financièrement par Innovatech et le Fonds de solidarité de la FTQ, se souvient Michel Giroux. Les débuts ont été assez lents pour reprendre des parts de marché. C'est en 2007, lorsque j'ai racheté l'ensemble des parts de nos partenaires, que nous avons commencé à croître plus rapidement dans ce marché de niche. Avec mon frère François, nous sommes associés à parts égales dans les deux compagnies.»

De quelques personnes, une douzaine tout au plus en 2000, Gentec-EO a commencé son expansion pour compter cette année une soixantaine d'employés. De ce nombre, six emplois sont aux États-Unis, à Portland, en Oregon, à la suite de l'achat d'une compagnie ayant «développé des technologies intéressantes pour Gentec-EO», ajoute M. Giroux.

«Nos appareils de mesure s'utilisent sur les longueurs d'onde des lasers de 200 nanomètres à 12 microns. Mais nous avons aussi des appareils pour les faisceaux du type térahertz variant de 13 à 600 microns. Pour nous, estime-t-il, c'est une voie d'avenir, bien que les faisceaux du type térahertz en sont encore à leurs premiers balbutiements.»

Si, au départ, 90 % des produits et des appareils de mesure étaient principalement utilisés par les scientifiques dans les centres de recherche des universités et des entreprises privées comme l'Université Laval, l'Institut national d'optique ou encore le secteur militaire, aujourd'hui, vend sa technologie pour des applications du laser hors des centres de recherche, comme dans la médecine pour les traitements (urologie, cardiologie, ophtalmologie, dermatologie) et dans le secteur industriel, comme l'automobile pour la soudure et la découpe de pièces. Ce peut être des cartes mères de contrôle informatisé, des processeurs, de la mémoire, des panneaux solaires fabriqués à partir d'outil utilisant des lasers.

Une présence importante à l'international

Les affaires de Gentec-EO se négocient à l'international. Seulement 3 % du chiffre d'affaires provient du marché canadien. Le tiers des affaires sont conclues en Europe (Allemagne, France), un autre tiers en Amérique du Nord et le dernier tiers en Asie (Corée du Sud, Japon, Chine et Singapour). Certaines années, le chiffre d'affaires était en croissance de 3 à 5 % et d'autres années, il atteignait 50 %.

«Nous vendons des produits finis», explique Michel Giroux, président de Gentec-EO. «Mais aussi en grande partie des composantes et des produits de détection pour les utilisateurs de lasers. La moitié de notre production, ce sont des composantes standards pour l'industrie, alors que l'autre moitié est adaptée à des spécifications particulières.»

Au moment de l'entrevue, M. Giroux venait d'obtenir un contrat de 500 000 $, première tranche d'une commande dont la seconde partie sera de 1,7 million$, avec le Commissariat à l'énergie atomique de France pour de capteurs de grande dimension pour des lasers de type mégajoules pour un projet de «fusion atomique par confinement inertiel». 

«C'est le genre de projet particulièrement intéressant, explique-t-il, parce qu'il permet des études de la fusion atomique sans devoir faire exploser une bombe atomique dans un désert.»

La moyenne des contrats, précise-t-il, varie entre 1500 $ et 5000 $. Alors, un contrat de plus de 2 millions $, c'est pas mal d'eau au moulin pour l'entreprise québécoise. 

À la recherche du bonheur

Lorsqu'il aborde l'avenir de l'entreprise, Michel Giroux laisse de côté pour un instant l'aspect haute technologie pour parler de création d'emploi dans une perspective de recherche du bonheur.

«Ce qui me rend le plus heureux, avoue-t-il, c'est de créer un emploi et de rendre quelqu'un heureux. Cependant, les nouveaux employés doivent savoir qu'ici, nous sommes orientés famille. La famille est plus importante que le travail. C'est une question de valeur que j'ai apprise avec les années.»

Or, lors de l'évaluation de candidats potentiels, M. Giroux cherche des personnes qui partageront les mêmes valeurs que les siennes et celles des autres travailleurs dans les laboratoires et les sections d'assemblage. Bien sûr, il y a la compétence. Mais la compétence, opine-t-il, elle s'acquiert. Les valeurs font partie de l'acquis.

Et ces valeurs, ce sont le respect, le gros bon sens, la famille et la rigueur. C'est ce qui crée le climat pour pouvoir faire des affaires, affirme-t-il. 

Histoire de famille

Gentec inc. a été fondée en 1959 par l'ingénieur Jean-Marie Langevin et le professeur Théodore Wildi. Elle se spécialise alors dans la réparation et l'entretien des appareils électroniques et électriques, ainsi que dans la fabrication des stabilisateurs électriques en plus de produire de l'équipement didactique.

L'entreprise passera aux mains de Jean-Luc Giroux, père de François et de Michel, qui devient l'un des actionnaires en 1978. François Giroux reprendra les rênes en 1992 après le décès de son père.

Dans les années 70, l'entreprise commence à concevoir des faisceaux laser et des instruments de mesure. Au milieu des années 80, la direction remarque que la division laser dépense plus d'argent qu'elle n'apporte de fonds dans l'entreprise. On songe à une restructuration qui arrivera finalement en 2000 avec le détachement de la division qui deviendra Gentec Électro-Optique.

Depuis 2000, Michel Giroux gère les destinées de Gentec-EO. Il a racheté les participations du Fonds de solidarité de la FTQ et d'Innovatech en 2007.

En 2010, Gentec-EO achète Spectrum Detector, de Portland, en Oregon, pour obtenir une technologie qui l'intéresse dans le développement de ses produits. 

Les deux frères Giroux sont partenaires dans les deux entreprises. 

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