Manac se retire de la Bourse et demeurera québécoise

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Manac est un chef de file nord‑américain en conception et fabrication de semi‑remorques spécialisées basé à Saint-Georges.

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(Québec) Afin de permettre à Manac de poursuivre son expansion en Amérique, quatre investisseurs québécois ont formé un consortium avec le fondateur de la compagnie, Marcel Dutil, pour acquérir le fabricant de semi-remorques de Saint-Georges. L'entreprise, qui se retirera ainsi de la Bourse, deviendra entièrement québécoise.

La famille Dutil - Marcel et Charles Dutil... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 1.0

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La famille Dutil - Marcel et Charles Dutil - investira 36 millions $ en capital dans Manac. Joint jeudi, le président et chef de la direction de Manac, Charles Dutil, s'est dit satisfait de l'accord qui permettra de conserver les quelque 800 emplois à Saint-Georges et les 400 autres dans les plus petites usines de Manac.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

La famille Dutil investira 36 millions $ en capital dans Manac alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ et Investissement Québec débourseront chacun 17 millions $ en capital et 15 millions $ sous forme de prêt. Le quatrième investisseur, le Fonds Manufacturier Québécois, injectera quant à lui 8 millions $ en capital.

Avec cette nouvelle transaction, Manac - qui soufflera ses 50 bougies en 2016 - passe au rang des entreprises privées. Elle se retira donc de la Bourse deux ans après l'émission d'actions de 60 millions$.

Joint par Le Soleil jeudi, le président et chef de la direction de Manac, Charles Dutil, s'est dit satisfait de l'accord qui permettra de conserver les quelque 800 emplois à Saint-Georges et les 400 autres dans les plus petites usines de Manac.

«C'est une belle conclusion d'un processus qui a débuté il y a quelques mois. Je suis satisfait de l'entente, souligne-t-il. Ce que j'entends de notre équipe et de mes confrères, eux aussi, ils sont satisfaits. Nous avons un conseil d'administration qui juge aussi que c'est satisfaisant pour les actionnaires. Tout le monde est bien content. De plus, la transaction va n'avoir aucun impact au niveau des emplois», assure au Soleil M. Dutil.

Le 30 mars dernier, le concepteur et fabricant beauceron avait souligné être ouvert à une vente de la société, à une fusion ou à un regroupement d'entreprises. Depuis, plusieurs offres d'investisseurs américains et européens ont été déposées sur les bureaux de la direction. Alors, pourquoi avoir choisi l'offre des investisseurs québécois?

«Je ne peux pas répondre», affirme M. Dutil, qui s'est abstenu de voter au conseil d'administration, étant le fils de Marcel Dutil. «La décision de choisir cette offre-là a vraiment remonté au comité indépendant qui a été formé. Je sais qu'il y avait plus qu'une offre et ils ont décidé de retenir celle-ci.»

Le conseil d'administration de l'entreprise a approuvé à l'unanimité la transaction qui représente une somme de 186 millions $, avec la prise en charge des dettes impayées. Les actionnaires toucheront 10,20 $ par action de Manac, soit une hausse d'environ 18,4 % par rapport au cours de clôture moyen de l'action à la Bourse de Toronto pour la période de 20 jours précédant le 30 mars.

«Cette transaction replace Manac sous contrôle entièrement québécois et donnera une bonne stabilité au niveau de l'actionnariat. Nos partenaires vont jouer un rôle important dans la prochaine phase de croissance», a précisé la famille Dutil, par voie de communiqué.

Charles Dutil n'a pas voulu en dire plus sur les projets de la compagnie. «Pour l'instant, la prochaine étape pour nous est vraiment de conclure cette transaction qui devrait prendre selon moi jusqu'à la fin septembre, début octobre. Après, nous allons remettre en place un nouveau conseil d'administration. Nous avons une bonne équipe chez Manac et nous sommes encore relativement jeunes. On va alors regarder quels seront nos prochains défis.»

L'entreprise beauceronne a été contrainte de conclure cette entente après notamment qu'un investisseur privé de New York ait souligné vouloir se retirer de la compagnie.

«Ce n'était pas pour avoir plus de fonds, assure M. Dutil. C'est un investisseur qui regardait la possibilité de sortie. Cela a déclenché le processus, et nos actionnaires voulaient voir les options et nous sommes arrivées à cette conclusion.»

La Société a l'intention de tenir l'assemblée extraordinaire avant le 7 octobre 2015.

En plus de son usine de Saint-Georges, Manac fabrique des remorques dans ses installations situées à Penticton, en ColombieBritannique de même qu'à Oran et à Kennett, au Missouri.

À la Bourse de Toronto, le titre de Manac (TSX : MA) a clôturé jeudi.

Le ministre Daoust se réjouit

Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, était très heureux jeudi de savoir que Manac allait demeurer une entreprise québécoise.

«Notre gouvernement reconnaît l'apport considérable de Manac à la croissance économique du Québec, et c'est pourquoi j'ai mandaté Investissement Québec dès le tout début afin d'accompagner les dirigeants dans leurs démarches visant à conserver la propriété québécoise de l'entreprise. Nous sommes donc fiers de la formation de ce solide consortium, qui permettra de maintenir de nombreux emplois de qualité dans la région de la Chaudière-Appalaches en plus d'assurer l'essor d'une expertise québécoise dans la fabrication de remorques», a déclaré par voie de communiqué M. Daoust.

Le consortium regroupant Investissement Québec, la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ, le Fonds Manufacturier Québécois et Placements CMI (une entité contrôlée par Marcel Dutil) permettra de conserver 800 emplois à Saint-Georges.

=> Manac en chiffres

  • 1966 : année de fondation de l'entreprise à Saint-Georges. Manac opère dans une grange derrière la maison du fondateur Marcel Dutil.
  • Saint-Georges : le siège social de la compagnie
  • 1281 : le nombre d'employés
  • 2013 : entrée de la compagnie à la Bourse de Toronto sous le symbole TSX : MA
  • 103,6 millions $ : à son deuxième trimestre de 2015, dont les résultats ont été divulgués le 31 juillet, le chiffre d'affaires de Manac a augmenté de 43,7 % par rapport à la même période en 2014. C'est la première fois de son histoire que l'entreprise dépassait les 100 millions $. Elle a obtenu un résultat net de 2,5 millions $ ou 0,15 ¢ par action, comparativement à un résultat net de 1,9 million $ ou 0,11 ¢ par action pour la même période en 2014.

La part des nouveaux propriétaires

38 %
à la famille Dutil 
18 %
à la Caisse de dépôt et placement du Québec 
18 %
au Fonds de solidarité FTQ 
18 %
à Investissement Québec 
8 %
au Fonds manufacturier québécois

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