Sites de réservations: des hôteliers de Québec négocient une cote réduite

L'Association des hôteliers a demandé aux sites de... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

L'Association des hôteliers a demandé aux sites de réservations d'arrêter d'utiliser leur nom pour faire de la publicité, notamment par l'achat de noms de domaine.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Après un peu plus de deux ans en poste comme présidente de l'Association des hôteliers de la région de Québec (AHRQ), Michelle Doré est sur le point de relever deux des objectifs les plus importants qu'elle avait pour cible, soit diminuer la commission perçue par les compagnies de réservations en ligne pour une nuitée et limiter leur pouvoir de vente au Québec.

Ne possédant pas le poids de négociation des grosses chaînes hôtelières comme le Fairmont ou le Hilton, l'AHRQ a décidé au cours de la dernière année de former un comité composé de propriétaires hôteliers indépendants, qui représente environ 6000 chambres des 10 796 de la région de Québec. 

«On voulait avoir plus de pouvoir pour négocier. L'AHRQ est unique comme association puisque 85 % des membres sont des indépendants, note Mme Doré. Et ils [les sites de réservations en ligne] ont été très sensibles à nos demandes.»

Pour l'heure, pour Expedia.ca, c'est environ 25 % de commission par nuitée que les hôteliers indépendants cèdent à la plateforme de réservation en ligne. Pour Booking.com, c'est entre 15 % et 18 %. Mme Doré n'a pas voulu statuer sur la nouvelle cote qu'allait prendre Expedia.ca, soulignant qu'un contrat était signé, et que l'autre est toujours entre les mains des avocats.

«On veut s'assurer que tout est bien correct, mais le pourcentage est à la baisse pour Expedia.ca, souligne-t-elle, satisfaite du travail accompli jusqu'à présent. Selon nos informations, il s'agirait de plus de 4 % de diminution. 

Avec la diminution de la cote prise par le site Internet de réservations, les hôteliers indépendants vont donc avoir plus d'argent dans leur portefeuille pour notamment payer leurs employés et mettre au goût du jour leur bâtiment. «Nous voulions une relation d'affaires plus saine avec ses compagnies. Nos contrats, qui se renouvelaient chaque année, dataient de 2008», affirme la présidente. «Lorsque tu payes des commissions outrancières, c'est plus difficile de réinvestir dans ta propriété. De la région de Québec, c'est plus ou moins 16 millions $ qui partaient en commissions par année.»

À l'étranger

L'objectif premier de l'accord signé en 2008 était de faire connaître à l'étranger les hôteliers de la région sans avoir à dépenser des sommes faramineuses pour de la publicité. «On était loin de se douter qu'un jour ils [les intermédiaires] iraient chercher des clients à l'intérieur du Québec même, soutient Mme Doré.

  Parmi les autres demandes que l'AHRQ a notamment faites à Expedia.ca et à Booking.com, il y a l'arrêt de l'achat des noms de domaine. «Lorsque tu vas sur Internet et que tu inscris le nom d'un hôtel, le premier site est souvent celui d'une compagnie de réservations. Les gens pensent que c'est le site de l'hôtel et ils réservent, déplore Mme Doré. C'est pourquoi nous leur avons demandé d'arrêter de faire de la publicité avec notre nom. On veut récupérer notre client local.»

Comment va-t-on faire pour limiter la publicité aux clients du Québec? «À partir de l'adresse IP de l'ordinateur. Par exemple, lorsque notre client du Saguenay-Lac-St-Jean nous cherchera, l'annonce des OTA [Online Traveler Agency] ne s'affichera plus. En comparaison, le client en France qui ferait la même recherche aurait dans ces résultats de recherche les liens payants des OTA», explique Mme Doré.

Visibilité canadienne

Le long labeur des derniers mois de AHRQ n'est pas passé inaperçu dans le reste du Canada, puisque l'Association canadienne de l'hôtellerie a contacté Mme Doré. «Ils regardent ce que nous avons accompli et ce que nous avons créé comme groupe de rapprochement avec nos membres. Il faut se parler pour avancer...»

Lors de son arrivée en poste en 2013, Mme Doré avait aussi promis de faire bouger les choses dans le dossier de l'hébergement illégal. «Nous travaillons toujours très fort. En 2013, il y avait

350 établissements illégaux, et on peut penser aujourd'hui qu'il y en a près de 400 à Québec et dans les quartiers centraux. Nos lois ne sont plus adaptées à la réalité. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut présumer que des annonces vont avoir lieu cet automne», souligne-t-elle.

Pour les prochaines années, la présidente de AHRQ a notamment comme objectif de continuer à développer la communication entre les hôteliers. «Il faut aussi voir comment l'industrie va être en 2020. C'est quoi qui s'en vient. Quels sont les changements?» soutient Mme Doré. «Les associations vont avoir comme défi de comprendre les demandes du public qui sont extrêmement changeantes.»

L'hôtellerie, une industrie «différente»

L'hébergement représente la plus large part des dépenses des touristes, selon une étude commandée par l'Association des hôteliers de la région de Québec (AHRQ).

«Nous sommes une industrie différente des autres. Nous n'exportons pas un produit, nous importons un consommateur», soutient la présidente de l'AHRQ, Michelle Doré. «Lorsque tu exportes un produit, la valeur est là et tu enrichis l'économie locale. Le tourisme, lorsque tu importes un consommateur, c'est beaucoup plus large comme résultat. Tous les autres secteurs en bénéficient», ajoute la femme d'affaires.

Alors où se situe l'hôtellerie par rapport aux autres industries? «Je me suis posé la question de comment quantifier cela», affirme Mme Doré. «Ça rapporte quoi aux gens? Dans notre étude, si 1 est le chiffre parfait pour voir comment l'industrie accroît l'économie d'une région, l'hôtellerie se situe à 0,83. Le deuxième, ce sont les arts et spectacles à 0,81. Le troisième est l'extraction minière, pétrole et gaz à 0,75. Vous allez dire que les arts et spectacles, c'est local, mais ils ont beaucoup de subventions, c'est pourquoi ils rapportent moins à la société».

«De l'argent neuf»

«Cela signifie que plus les hôtels vont être performants dans une région, plus la région va s'enrichir», avance Mme Doré. «L'hôtellerie, c'est de l'argent neuf pour une région. C'est important d'y investir.»

En 2011, selon des données de Statistiques Canada, 34,8 % des dépenses des touristes sont liées à l'hébergement dans la région de Québec. Les dépenses touristiques totales sont estimées à 1,404 G$. Les dépenses en hébergement ont été de 488,6 millions $ en 2011.

Selon l'étude de l'AHRQ, en 2012, les revenus totaux des 109 membres de l'association [aujourd'hui 111 membres] ont été de 301,6 millions $ (avant taxes).  

En bref

Disponibilité en baisse

Depuis 2007, le nombre total de chambres disponibles a diminué de 9,7 %. Entre 2012 et 2014, la région a perdu 835 chambres. Ce sont les plus petits établissements (moins de 40 chambres) qui ont été le plus fortement touchés avec une baisse de 23,1 % des chambres disponibles depuis 2007. «Peut-être ceux qui sont le plus touchés par l'hébergement illégal», note la présidente de l'Association des hôteliers de la région de Québec, Michelle Doré. En 2014, le taux d'occupation moyen annuel a atteint un record, avec 61,7 %. «Il faut cependant prendre en considération que l'hôtel Le Concorde, situé sur la Grande Allée, a été fermé durant une partie de 2014 et aussi le Manoir St-Castin, à Lac- Beauport», conclut Mme Doré.

***

Hausse du prix moyen par chambre

Le prix moyen par chambre loué dans la région de Québec depuis 2007 a bondi de 14,85 $, pour se situer à 136,75 $ en 2014. Pour les petits établissements (mois de 40 chambres), le prix moyen par chambre a augmenté de 25,4 % durant cette période, passant de 89,90 $ à 112,76 $. Pour les établissements de 40 à 199 chambres, la progression du prix de la chambre a été d'un peu moins de 10 %, de 115,38 $ à 126,60 $. Finalement, pour les établissements de grande taille (plus de 200 chambres), le prix moyen par chambre a augmenté de 12,7 % entre 2007 et 2014. Après avoir réajusté leur prix à la baisse en 2013 (- 1,28 $ pour le prix moyen), la bonne année en tourisme d'affaires de 2014 leur a permis de hausser leur prix à 159,12 $ par chambre.

***

Le chiffre : 23,8 %

C'est la progression du revenu par chambre disponible depuis 2007 pour toutes les catégories d'établissements. Ce sont les plus petits établissements qui ont connu la plus forte augmentation avec une croissance de 35,8 %, soit 35,96 $ en 2007 à 48,83$ en 2014. En 2014, le revenu moyen par chambre disponible pour un hôtel de 40 à 199 chambres était de 81,66 $. Pour un établissement de plus de 200 chambres, le revenu moyen était de 107,72 $, soit 18 ¢ de plus qu'en 2008 lors du 400e anniversaire de la ville de Québec. 

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer