Goldcorp inaugure la mine d'or Éléonore en présence des Cris

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La mine Éléonore aura nécessité des investissements de plus de 2,5 milliards $ de la part de Goldcorp.

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(Baie James) Avant de parler d'économie et de profits, tous les dignitaires, Cris comme Blancs, à l'inauguration de la mine Éléonore de Goldcorp, vendredi matin à la Baie-James, ont insisté sur la nécessité d'établir des relations interpersonnelles entre les parties avant de négocier, sur l'importance du respect de l'environnement et des traditions des nations autochtones ainsi que sur les retombées sociales pour les communautés locales en termes de développement durable.

Il y a 20 ans ou 30 ans, ce type de discours aurait été utopique. Mais, autant pour la direction de Goldcorp que pour les représentants cris, l'entente ayant permis la réalisation de la mine sera maintenant la nouvelle mesure au Québec et au Canada pour les développements miniers à venir.

Les investissements de plus de 2,5 milliards $ de Goldcorp auront des retombées positives pour les Cris de la Baie-James, non seulement parce que 20 % des travailleurs sont des Cris, mais aussi parce que des fournisseurs de la mine et des entreprises qui ont travaillé à la construction de l'usine proviennent des communautés du Nord-du-Québec en obtenant 193 millions $ en contrats.

Outre les 1300 employés de la mine, on note 4800 emplois indirects. Et les retombées économiques prévues sont de l'ordre du milliard de dollars par année pour les 15 à 20 prochaines années.

Plus encore, de nouvelles entreprises ont vu le jour sur le territoire, comme celle qui fabrique tous les vêtements de protection personnelle, les dossards et les gilets.

John Paul Murdoch était le conseiller juridique des Cris négociateurs de l'accord intervenu en 2011. Il se souvient des premières rencontres où les discussions fusaient de toutes parts sans avoir nécessairement de lien entre elles.

Pourtant, c'est ce qu'il fallait. D'abord, établir des relations interpersonnelles, apprendre à se connaître avant de commencer à établir les exigences des uns et des autres. «Les avocats des deux parties, nous avions été envoyés dans un coin, dit-il en souriant. Ils avaient besoin de se parler avant que l'on vienne rédiger les détails de l'entente.»

Entente essentielle

Chuck Jeannes, président de Goldcorp, et Guy Belleau, directeur général de la mine, qui a aussi participé aux négociations, affirment que l'entente avec les Cris était essentielle et majeure.

«Nous sommes une industrie qui creuse des trous», lance Chuck Jeannes. «Nous savions qu'avec l'aide des Cris nous pourrions faire autrement pour respecter l'environnement et leurs attentes. L'acceptabilité sociale du projet était primordiale, tout comme il était nécessaire d'avoir des relations cordiales avec la communauté crie. Nous savons qu'il est possible de faire des profits tout en respectant les traditions, en aidant à la formation professionnelle des gens de la région. Partout où nous sommes au Canada, nous avons des ententes de partenariat avec les communautés locales, mais ici c'est la plus importante de toutes parce qu'elle trace la voie aux autres industries.»

De son côté, le grand chef du Grand conseil des Cris, le docteur Matthew Coon Come, s'est dit très heureux en entrevue de l'aboutissement du projet et des bonnes relations qui se sont développées entre les gens de la mine et les Cris. Il note avec bonheur le respect des traditions, car chez les Cris on ne déplace pas un chasseur, un trappeur ou un pêcheur de son territoire. Goldcorp a respecté les demandes du grand-maître des trappeurs, l'autorité suprême dans la communauté, et il est très heureux que cela se soit passé dans le respect.

«Nous ne sommes pas contre le développement industriel, avait-il dit pendant la cérémonie. Nous voulions que nos droits soient respectés, que la terre et la faune soient protégées, car nous sommes fils de chasseurs, de pêcheurs et de trappeurs. En plus, nous voulions avoir des retombées concrètes pour les communautés et des avantages économiques.»

Goldcorp a visiblement compris, au point qu'il y a, tout près de la mine, un site traditionnel où les Cris peuvent partager leur culture avec leurs voisins blancs.

Le Soleil était l'invité de Goldcorp.

«Nous ne sommes pas contre le développement industriel.... (Photo collaboration spéciale, Yves Therrien) - image 2.0

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«Nous ne sommes pas contre le développement industriel. Nous voulions que nos droits soient respectés», a dit le grand chef du Grand conseil des Cris, Matthew Coon Come (à gauche. )«Nous savions qu'avec l'aide des Cris nous pourrions faire autrement pour respecter l'environnement et leurs attentes», a dit Chuck Jeannes, président de Goldcorp. 

Photo collaboration spéciale, Yves Therrien

Michael Mayappo, le sage de la communauté crie

Si la mine Éléonore a pu être inaugurée vendredi, c'est en grande partie en raison de l'implication du trappeur cri Michael Mayappo, qui a mis dans la balance toute sa crédibilité de grand-maître de la trappe pour que le projet soit accepté par la communauté.

Il avait l'assurance que l'implantation se ferait dans le plus grand respect des valeurs fondamentales de la population locale et les membres du conseil de bande ont appuyé ses prises de position.

L'histoire a commencé au début des années 2000, lorsque le prospecteur André Gaumont a découvert le gisement. Le trappeur et le prospecteur se sont liés d'amitié. Plus le projet avançait, plus les discussions s'intensifiaient, plus Michael Mayappo croyait que la mine pouvait apporter du bien à la communauté crie, raconte John Paul Murdoch.

«Au départ, un projet de mine soulevait de nombreuses craintes et des inquiétudes, car l'industrie minière n'avait pas une bonne réputation chez nous», continue M. Murdoch. «Nous avions d'abord peur pour l'eau et la pollution. C'est Michael qui a lui-même expliqué comment fonctionneraient le système de filtration et le traitement pour ne rejeter que des eaux traitées. Il avait confiance et les cris ont eu confiance en sa parole. Sans cette confiance, le projet n'aurait pas levé de terre.»

Lors des cérémonies d'inauguration de la mine Éléonore, Goldcorp a pris le temps d'honorer la mémoire de l'homme décédé il y a trois ans. Le camp permanent de la mine portera son nom et un portrait du trappeur a été réalisé dans un tableau confectionné de particules de pierre. Il sera exposé sur le mur principal pour rappeler à tous le rôle crucial que Michael Mayappo dans la réalisation du projet.

Tous ceux connus s'accordaient pour dire qu'il était un sage. Son épouse, dans un discours plein d'émotion, racontait qu'il était toujours doux avec tout le monde. Même avec ses enfants lorsqu'elle lui demandait de les corriger, il parlait avec douceur. C'était un sage.

Un lingot d'or... (Photo collaboration spéciale, Yves Therrien) - image 3.0

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Un lingot d'or

Photo collaboration spéciale, Yves Therrien

1,2 million $ pour un lingot

Très peu de personnes savent le jour et l'heure de la coulée des lingots d'or dans la raffinerie, pas même le directeur général de la mine. Un lingot pèse 32 kilos et vaut 1,2 million $ environ.

Pendant le chantier de construction des installations de la mine, la compagnie devait gérer quelque 70 vols par semaines. Dans cette période, la cafétéria de la mine préparait quelque 5000 repas par jour.

La sécurité est omniprésente. On ne peut sortir seul faire un tour sur les routes pour prendre des photos. Non seulement il faut être accompagné, mais il faut porter chaussures de sécurité, dossard, casque protecteur, lunettes de protection et gants. Sans oublier le petit livre des règlements de la mine.

Sécurité aussi dans les autobus.

Le chauffeur ne démarre pas si un passager n'a pas bouclé sa ceinture de sécurité. D'ailleurs, lors d'une récente rencontre à Québec des membres du conseil d'administration de Goldcorp, la règle est tellement bien implantée que la direction a fait des pieds et des mains pour avoir des minibus dotés de ceintures pour les passagers.

La mine est alimentée par une ligne électrique de 120 kV provenant du barrage Eastmain 1. Assez pour éclairer une ville de 10 000 habitants.

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