La Grèce commence à manquer de temps pour éviter la faillite

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En Grèce, la population était confrontée mercredi à une huitième journée consécutive pendant laquelle les retraits quotidiens aux guichets automatiques sont limités à 60 euros. Les transferts d'argent vers l'étranger sont aussi pratiquement impossibles et les portes des banques demeurent fermées.

AP, Emilio Morenatti

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Milos Krivokapic, Elena Becatoros
Associated Press
Athènes, Grèce

La Grèce a demandé mercredi l'aide du fonds de sauvetage de l'Europe, alors qu'elle s'affaire à détailler les réformes économiques que ses créanciers réclament cette semaine pour lui éviter l'effondrement financier et une expulsion possible de la zone euro.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras (au centre)... (AP, Jean-Francois Badias) - image 1.0

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Le premier ministre grec Alexis Tsipras (au centre) a reçu autant d'applaudissements que de huées quand il a déclaré devant les parlementaires européens que son pays recherche une entente qui mettra une fin définitive à sa crise financière, et non seulement un remède temporaire.

AP, Jean-Francois Badias

Le gouvernement a demandé un programme de prêts réparti sur trois ans et assuré que le sauvetage sera accompagné de réformes économiques importantes. Aucun montant n'a été évoqué.

Selon une lettre transmise aux responsables du mécanisme européen de stabilité, Athènes s'engage «à mettre en place immédiatement une série de mesures, possiblement dès le début de la semaine prochaine».

Ces mesures incluent une réforme des impôts et des retraites, dont les détails seront dévoilés au plus tard jeudi. Ces deux questions opposent le gouvernement grec et ses créanciers depuis plusieurs mois.

Dans sa lettre, le gouvernement grec dit demander ces prêts «en raison du risque qui plane sur la stabilité financière de la Grèce en tant qu'État membre et sur l'ensemble de la zone euro». Son but est de «retrouver un accès complet et abordable aux marchés financiers pour combler ses besoins futurs de financement, ainsi qu'une situation financière et économique durable», au plus tard d'ici l'échéance du prêt.

Les créanciers de la Grèce réclament les détails des réformes envisagées d'ici à jeudi soir, pour permettre un accord lors d'un sommet des 28 dirigeants de l'Union européenne dimanche.

Sans cette entente, l'effondrement du système bancaire grec semble presque inévitable. Les dirigeants européens ont aussi prévenu la Grèce qu'il s'agit de sa dernière chance de rester au sein de la zone euro.

Le secrétaire américain du Trésor, Jacob Lew, a révélé mercredi que la Grèce et ses créanciers n'étaient plus séparés que par environ 2 milliards d'euros quand le premier ministre grec Alexis Tsipras a décidé de déclencher un référendum - un écart minime lorsque comparé aux centaines de milliards d'euros en dégâts qui pourraient maintenant être infligés à l'économie mondiale.

Pour sa part, le premier ministre français Manuel Valls a estimé que la nouvelle demande d'aide de la Grèce constitue un développement «positif» et que la France refuse d'envisager une sortie éventuelle de la Grèce de la zone euro. Paris essaie aussi d'agir comme médiateur entre Athènes et Berlin.

M. Valls a prévenu que l'implosion financière de la Grèce pourrait avoir des répercussions géopolitiques mondiales, qu'il s'agisse des migrants qui arrivent depuis l'extérieur de l'Union européenne ou d'une détérioration des relations avec la Russie.

Applaudissements et huées

M. Tsipras a reçu autant d'applaudissements que de huées quand il a déclaré devant les parlementaires européens que son pays recherche une entente qui mettra une fin définitive à sa crise financière, et non seulement un remède temporaire.

«Nous devons garantir le financement à moyen terme de notre pays avec un programme de développement et de croissance», a-t-il dit.

M. Tsipras a répété que le résultat du référendum de dimanche - qui a vu les Grecs fortement rejeter une entente précédente - ne signifie pas pour autant une rupture avec l'Europe.

Le camp de gauche du Parlement européen a applaudi quand M. Tsipras a déclaré que l'aide à la Grèce profite uniquement aux banques et non aux Grecs ordinaires. Certains ont appelé au compromis. Le président de l'aile conservatrice du Parlement, Guy Verhofstadt, s'est déclaré «furieux» que M. Tsipras n'ait pas donné de détails spécifiques concernant ses projets de réforme.

Le leader du parti britannique nationaliste UKIP, Nigel Farage, a dit à M. Tsipras: «Votre pays (...) n'aurait jamais dû se joindre à la zone euro« et lui a demandé de renoncer à la monnaie commune. Le Royaume-Uni ne fait pas partie de la zone euro.

En Grèce, pendant ce temps, la population était confrontée mercredi à une huitième journée consécutive pendant laquelle les retraits quotidiens aux guichets automatiques sont limités à 60 euros. Les transferts d'argent vers l'étranger sont aussi pratiquement impossibles et les portes des banques demeurent fermées.

Cobaye

M. Tsipras a déclaré au Parlement européen que la Grèce a servi de «cobaye» depuis cinq ans et que les réformes imposées à son pays se sont traduites par une explosion de la pauvreté et du chômage, pendant que l'économie s'effondrait. L'expérience a clairement échoué, a-t-il dit.

«Nous demandons un accord avec nos voisins, un accord qui nous démontrera que nous disposons d'une stratégie à long terme pour sortir de la crise - ce qui nous montrera qu'il y a une lumière au bout du tunnel. Un accord qui mettra en place des réformes crédibles et nécessaires», a dit le premier ministre grec.

Il a ensuite promis d'aller de l'avant avec les réformes déjà entamées.

«Ne perdons pas de vue que depuis cinq ans, le peuple grec a consenti un effort énorme pour s'ajuster - un processus très difficile d'ajustement. Cela a épuisé la patience et la résilience du peuple grec», a déclaré M. Tsipras.

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