Usine d'eau potable: subvention retirée à Sainte-Anne-de-Beaupré

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Cela fait plus de 10 ans que le dossier de l'eau potable traîne à Sainte-Anne-de-Beaupré.

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(Québec) Les libéraux retirent à la Ville de Sainte-Anne-de-Beaupré une subvention promise par les péquistes pour la construction d'une nouvelle usine d'eau potable. Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, aiguille la petite municipalité vers «une alternative moins onéreuse», soit le raccordement aux installations de sa voisine, Beaupré. Le calcul est vivement contesté.

Cela fait plus de 10 ans que le dossier de l'eau potable traîne à Sainte-Anne-de-Beaupré, qui compte 3000 habitants. La municipalité récolte l'eau qui percole sous les champs agricoles, ce qui pose des problèmes de qualité, comme de quantité. Le ministère des Affaires municipales met de la pression pour développer une nouvelle source d'approvisionnement.

En 2012, le ministre de l'époque, le libéral Laurent Lessard, a demandé à Sainte-Anne de produire une étude exhaustive portant sur quatre scénarios. Les firmes BPR et Génio ont été mises à contribution. Les deux scénarios impliquant des sources souterraines ont été écartés, car il n'y a pas de potentiel à première vue.

Génio, dont le rapport a été déposé au ministère en mai 2013, a estimé la facture d'une usine autonome avec approvisionnement dans la rivière aux Chiens à 11,9 millions $. Selon le même consultant, parti des chiffres de BPR, le raccordement à Beaupré coûterait autour de 11,5 millions $.

En janvier 2014, le gouvernement péquiste de Pauline Marois, alors députée de Charlevoix, circonscription qui englobe la Côte-de-Beaupré, a favorisé le projet d'usine autonome. Une aide financière de 8,9 millions $ a été accordée par décret.

Raccordement favorisé

Or voilà que le 3 juin, le maire de Sainte-Anne-de-Beaupré, Jean-Luc Fortin, a appris par lettre que la promesse d'aide financière était retirée et que le raccordement au réseau de Beaupré était désormais favorisé. Le ministre Pierre Moreau présente ce projet comme «plus économique» et fait valoir qu'il «pourra se réaliser dans les meilleurs délais pour le bénéfice de vos citoyens».

Mardi, M. Fortin a convoqué la presse pour dire à quel point il est «assommé, outré». «Ça ne s'est jamais vu de retirer de façon aussi cavalière une subvention», a-t-il martelé.

L'élu municipal ne comprend pas comment le ministre peut favoriser le raccordement à Beaupré, puisque l'étude de Génio ne promettait pas d'économie et soulevait des doutes sur la capacité de la prise d'eau dans la rivière Sainte-Anne. «Il n'y a pas de garantie que l'alimentation par Beaupré va être capable de nous fournir pour les 30 prochaines années», a fait ressortir M. Fortin.

Son conseil est paniqué à l'idée d'avoir engagé 1,7 million $ dans des travaux préparatoires qui pourraient s'avérer inutiles et, surtout, de devoir encore reporter la solution. «C'est un stress permanent pour nous» de fournir une eau de qualité, souligne M. Fortin.

3,5 millions $ de moins

Catherine Poulin, attachée de presse du ministre Moreau, a répliqué mardi que les fonctionnaires, «dont c'est le pain et le beurre de calculer ce genre de choses», ont réanalysé le dossier soumis par Sainte-Anne et conclu que le projet de raccordement à sa voisine coûterait 3,5 millions $ de moins.

Québec assure qu'il n'y a «pas de problème de débit» d'eau. La construction serait également plus rapide, puisque l'usine de Beaupré a été pensée de façon modulaire en cas de besoins futurs. Si Sainte-Anne a déjà engagé des dépenses, elles seront «amplement compensées» par les économies attendues, a mentionné Mme Poulin.

Quant au maire de Beaupré, Michel Paré, il est très disposé à desservir le marché d'à côté. «On peut fournir deux fois Sainte-Anne pour ses besoins des 30 prochaines années», affirme-t-il.

En plus d'un prix de construction moindre, M. Paré fait miroiter une réduction des dépenses d'exploitation. Les deux municipalités pourraient par exemple se partager les salaires des trois personnes nécessaires pour faire rouler une usine.

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