Industrie de la rénovation au Québec: poussée de croissance

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Les propriétaires de résidences ont investi plus de 12 milliards $ en rénovations, l'an dernier.

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(Québec) De 2013 à 2014, la valeur des investissements en rénovations effectués par les propriétaires à leur résidence principale a totalisé 11,9 milliards $. Ils ont dépensé 672 millions $ de plus en 2014 pour retaper leur cuisine, leur salle de bain ou pour rafraîchir les fenêtres, la toiture et les planchers. Une poussée de croissance de 6 % entre 2013 et 2014, alors qu'elle avait été de 3 % entre 2012 et 2013.

Pour l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), il ne faut pas chercher bien loin la raison de cet engouement des propriétaires pour la rénovation de leur milieu de vie : la mise en place par le gouvernement du Québec des programmes de crédits d'impôt à la rénovation ÉcoRénov - de regrettée mémoire - et LogiRénov.

Ce dernier, également, ne sera bientôt qu'un souvenir, déplore l'APCHQ qui fait pression sur les élus à l'Assemblée nationale afin de rendre permanent le crédit d'impôt à la rénovation. 

En effet, les propriétaires ont jusqu'à mardi pour signer un contrat avec un entrepreneur qualifié pour bénéficier de cette mesure fiscale qui propose un remboursement correspondant à 20 % des dépenses admissibles jusqu'à un maximum de 2500 $. Rappelons que la première tranche de 3000 $ des travaux ne compte pas dans le calcul. 

Si la signature du contrat avec un travailleur doit se faire avant le 30 juin, les travaux, eux, devront être réalisés et payés au plus tard le 31 décembre prochain afin de pouvoir réclamer le crédit d'impôt.

Économiste à l'APCHQ, Georges Lambert s'attend à ce que le marché de la rénovation ralentisse au lendemain à compter du 1er janvier 2016.

«Dans la région de Montréal, les dépenses en rénovation avaient chuté de 10 % en 2010 lorsque le crédit d'impôt pour la rénovation résidentielle qui était en vigueur l'année précédente avait pris fin», fait-il remarquer en soulignant que le moment est mal choisi pour laisser le marché de la rénovation en plan. «Le marché de la revente se porte bien par les temps qui courent. Il faut se rappeler qu'une revente de maison, ça représente en moyenne 12 000 $ en rénovations de toutes sortes dans les deux années qui suivent la transaction.»

L'effet de LogiRénov

En avril 2014, au moment où le gouvernement libéral annonçait la mise en place de LogiRénov - une mesure qui devrait, à terme, se traduire par un allégement fiscal de plus de 330 millions $, générer près de 3 milliards $ en dépenses de rénovation et soutenir plus de 20 000 emplois - l'APCHQ estimait que les dépenses de rénovation allaient progresser d'environ 10 % pour les années 2014 et 2015, soit près du double de la croissance moyenne d'environ 5 %.

Ce pourcentage sera-t-il atteint?

«Il est trop tôt pour se prononcer», répond Georges Lambert. «Il faudra voir l'ensemble des données de 2015 afin de tracer un bilan de LogiRévov. Chose certaine, le programme a fait croître les activités de rénovation au Québec. Parlez-en aux entrepreneurs qui vont en avoir plein les bras d'ici le

31 décembre avec tous les contrats qu'ils ont à réaliser!»

À ce sujet, l'APCHQ fait valoir que la rénovation est la «force tranquille» de l'industrie de l'habitation. En effet, les activités de rénovation, de réparation et d'entretien accaparent près de 60 % des 26 milliards $ d'investissements et de dépenses dans le secteur de l'habitation résidentielle comparativement à 30 % (7,7 milliards $) pour celles liées à la construction de maisons neuves (voir le tableau).

Pour mesurer l'impact de LogiRénov sur le terrain, l'APCHQ a sondé, l'automne dernier, les rénovateurs.

«Un répondant sur cinq nous a signifié que LogiRénov avait eu un impact sur leurs activités et que leur clientèle manifestait plus d'intérêt pour la rénovation avec l'entrée en vigueur du crédit d'impôt», expose M. Lambert.

L'enquête d'opinion révélait également que le tiers des consommateurs prévoyait recourir aux services d'un entrepreneur plutôt que d'exécuter eux-mêmes les travaux, que 32 % d'entre eux avaient l'intention de devancer la réalisation des travaux et qu'un pourcentage pratiquement équivalent allait profiter de l'occasion pour faire exécuter des travaux plus importants que prévu.

Le sondage avait également démontré que le crédit d'impôt avait eu un effet positif sur le chiffre d'affaires de plus de 70 % des rénovateurs en 2014. Pour 21 % d'entre eux, l'impact avait été de 10 % à 25 %.

Bonne affaire pour tous

En plus d'être une bonne affaire pour les consommateurs, les entrepreneurs, les travailleurs et les marchands de matériaux, les crédits d'impôt entraînent des retombées économiques et fiscales non négligeables. Par exemple, un projet de rénovation de 35 000 $ rapporte 10 488 $ en revenus gouvernementaux, dont 7605 $ dans les coffres du gouvernement du Québec.

«Ultimement, ces crédits d'impôt auront permis de doubler la croissance des dépenses en rénovation pour 2014-2015 et le gouvernement aura récupéré en très grande partie son investissement grâce aux retombées fiscales qui en auront découlé. En incitant les ménages à faire appel à des professionnels de la rénovation, les crédits d'impôt sont aussi un moyen efficace de lutter contre l'évasion fiscale», faisait valoir l'APCHQ en octobre dernier dans un mémoire présenté devant la Commission d'examen de la fiscalité québécoise.

Le budget 2012-2013 du gouvernement du Québec signalait que les pertes fiscales liées au domaine de la construction atteignaient 1,5 milliard $ annuellement. De ce nombre, 65 % seraient attribuables au secteur résidentiel. Ainsi, les pertes estimées pour les activités liées à la construction résidentielle seraient de 975 millions $. Selon le ministère des Finances, ces pertes découlent des pratiques illégales, dont la facturation de complaisance, la malversation et le travail au noir.

Meilleur retour sur investissement au moment de la revente

Cuisines
de 45 % à 55 %
Salles de bain
de 30 % à 50 %
Fenêtres
de 30 % à 45 %
Toiture
de 35 % à 45 %
Planchers
de 5 % à 20 %

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