Béton rongé: la modernisation du siège social de la CSST suspendue

Le siège social de la CSST subit déjà... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le siège social de la CSST subit déjà une cure de jouvence intensive: démolition de deux ailes, rénovation complète et agrandissement afin de rapatrier 700 employés.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le béton de la fondation du siège social de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) est rongé, a appris Le Soleil. Le vaste chantier de modernisation et d'agrandissement de 130 millions $ est arrêté jusqu'à nouvel ordre. On envisage jusqu'à la construction d'un tout nouvel édifice sur un terrain différent. La facture sera salée, voire très salée.

En avril, Le Soleil révélait que la CSST a eu une grosse surprise souterraine pendant les travaux d'importance en cours sur la rue Bourdages, à Québec : les têtes des 180 pieux qui soutiennent l'édifice sont fissurées. Les experts mandatés pour évaluer le tout ont rendu leur verdict : «"Est-ce que les têtes de pieu, dans l'état où elles sont, on peut les laisser comme ça?" La réponse, c'est non, on doit les réparer», révèle une porte-parole auprès des médias, Hélène Simard.

«Les instances décisionnelles de la CSST ont demandé que différents scénarios soient évalués, ajoute-t-elle. On regarde même pour la possibilité d'une nouvelle construction sur un autre site.» La CSST évaluera également s'il est pensable de «poursuivre» le projet immobilier de 130 millions $ en cours en y ajoutant la réparation des pieux de fondation...

Voilà qui sera extrêmement dispendieux? «En effet. [...] C'est sûr que ce sont des réparations majeures. C'est important, c'est majeur, en termes de temps aussi, admet Mme Simard. C'est sûr qu'on n'est pas dans des travaux de l'ordre de quelques centaines de milliers de dollars. On est dans l'ordre de millions de dollars.»

La CSST ne veut toutefois pas nous fournir le montant investi jusqu'à maintenant dans le projet. Elle refuse aussi de rendre publique l'estimation des onéreux imprévus. 

On comprend toutefois que le chantier est sur la glace? «Oui. Chez nous, on parle de mise en veille du chantier.» Seuls des travaux accessoires sur un débarcadère se poursuivront jusqu'à l'automne; cet équipement serait «essentiel».

L'impact est appréciable. Le bâtiment de 45 ans subissait une cure de jouvence intensive : enlèvement de l'amiante par curetage des murs, démolition de deux ailes, rénovation complète et agrandissement afin de rapatrier 700 employés qui viendraient rejoindre les quelque 1000 collègues déjà sur place. Les coûteux travaux devaient s'étirer jusqu'à la fin de 2017. 

L'échéancier et le budget ne tiennent plus

Mais c'était avant de découvrir que les têtes des 180 pieux sont fissurées. L'échéancier ne tient plus, tout comme le budget. «Tout cela devra être actualisé.»

Que se passe-t-il? «C'est un phénomène qui est complexe et qui est rarement constaté dans les bâtiments existants parce que c'est un phénomène habituellement qui n'est pas visible. Il n'y avait aucun signe apparent.» Son nom : réaction alcali-granulat, ou RAG. En gros, en présence d'eau, il y a réaction chimique dans un certain type de béton qui se dégrade. Justement le type de béton qui compose les têtes des pieux sur lesquels repose la structure du siège social de la CSST.

C'est réparable? «Il y a des solutions techniques qui existent, assure Mme Simard. Mais, avant de procéder, il faut évaluer les coûts exacts.» Aussi, il faudra déterminer combien de temps dureraient ces nouveaux travaux - «D'aller réparer les fondations, ça ne se fera pas en deux semaines.» - et s'il est possible d'intervenir sous l'édifice tandis qu'un millier d'employés y bossent...

Il faudra donc plusieurs mois avant d'être fixé. «Ça pourrait nous amener jusqu'à la fin 2015 avant qu'on ait des réponses finales.»

En plus, il y a une nouvelle variable à prendre en compte. Le gouvernement aimerait ajouter «environ 200» fonctionnaires à la CSST, souligne Hélène Simard. Les libéraux ont annoncé leur intention de regrouper la Commission des normes du travail et la Commission de l'équité salariale et la CSST. «C'est un nouveau facteur [...] à considérer pour la suite des choses.»

Un bâtiment «sécuritaire»

Même si les 180 pieux qui supportent le siège social de la CSST sont fissurés, l'organisme public soutient que ses employés n'ont pas à être anxieux en se présentant au boulot. «Le bâtiment actuel est sécuritaire, assure une porte-parole, Hélène Simard. Les employés n'ont aucunement raison de s'inquiéter. On s'entend, on est la CSST, on ne prendrait aucun risque à ce sujet.»

Les travailleurs pourraient devoir rester sur place durant quelques années encore, peu importe si on décide de construire un nouveau bâtiment ailleurs ou si on préfère réparer les pieux de fondation.

Mme Simard, vous n'avez pas peur d'entrer au travail chaque matin? «Je n'ai aucune inquiétude. Le bâtiment, il est sécuritaire et c'est preuve à l'appui. C'est signé par des ingénieurs. Il n'y a aucune inquiétude à ce sujet.» 

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