Les SDC de Québec veulent leur part des recettes des parcomètres

La conseillère municipale Chantal Gilbert a confirmé que... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La conseillère municipale Chantal Gilbert a confirmé que des pourparlers sont en cours entre les Sociétés de développement commercial et la Ville. «Nous sommes très ouverts», a-t-elle commenté.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les sept Sociétés de développement commercial (SDC) de Québec réclament à l'administration Labeaume une part des recettes des parcomètres installés sur les principales artères commerciales. En se stationnant, les automobilistes pourraient ainsi contribuer à assurer la pérennité, l'autonomie et le rayonnement des rues sur lesquelles ils font leurs emplettes.

Des pourparlers sont en cours avec la conseillère municipale Chantal Gilbert, qui s'occupe du dossier des SDC à la Ville de Québec. «Nous sommes très ouverts», a commenté l'élue qui planche sur ce dossier avec son collègue aux transports, Rémy Normand.

Satisfaite du travail des SDC qui se sont multipliées ces dernières années sur le territoire de la municipalité, Mme Gilbert reconnaît volontiers que celles-ci auront du mal à boucler leur budget lorsque l'entente de financement avec la Ville prendra fin en 2016. En fonction de leur taille, les SDC peuvent recevoir de l'administration municipale jusqu'à 50 000 $ annuellement pour assurer leur fonctionnement. À titre d'exemple, la SDC centre-ville de Québec dispose annuellement d'environ 300 000 $ dont un peu moins de la moitié provient de la cotisation de ses membres. La balance provient de différentes ententes de partenariat et, évidemment, de la municipalité.

Seulement pour la portion de la rue Saint-Joseph située entre les rues de la Couronne et Saint-Dominique, les nouvelles bornes de stationnement implantées le 16 juillet 2014 ont rapporté à la Ville de Québec 340 500 $ en date du 31 mai, un montant obtenu par Le Soleil grâce à la Loi d'accès à l'information. L'on peut facilement imaginer que l'ensemble des parcomètres de la rue, soit jusqu'à Caron, ont généré des recettes équivalent au double de cette somme sur 12 mois.

Hausse des tarifs?

Le «fonds des parcomètres» que les SDC réclament irait puiser directement l'argent en provenance de ces revenus. Le modèle existe déjà sur le Plateau-Mont-Royal depuis 2012. La métropole l'a mis sur pied puisqu'elle ne voulait plus financer les associations commerciales à partir de son budget. Les tarifs ont alors augmenté de 1 $ dans l'arrondissement afin d'être en mesure de verser des redevances aux SDC en fonction de leur taille. Celles-ci ont explosé depuis, passant de 312 000 $ la première année à 1,69 million $ en 2015, ce qui représente une hausse de 541 %, selon ce que différents médias ont rapporté. Aucun conseiller en communication à la Ville de Montréal n'était disponible vendredi pour confirmer ces chiffres.

Si l'idée est retenue, Chantal Gilbert veut cependant éviter une telle situation en imposant un plafond des montants pouvant être transférés aux SDC. Et à la SDC centre-ville, qui est l'instigatrice de la requête, on assure qu'il n'est pas question de hausser les tarifs de stationnement en ville puisque ceux-ci l'ont déjà été il y a quelques années.

Le président du conseil d'administration et copropriétaire du Café Nektar sur Saint-Joseph, Guillaume Michaud, croit que la solution imaginée pour assurer la survie et l'autonomie des associations comme celle qu'il dirige s'impose de manière naturelle. «Il faut que les commerçants bénéficient de l'achalandage qu'ils créent», fait-il valoir.

La lettre transmise à l'administration Labeaume à la fin mars et signée par les sept SDC de Québec décline la proposition en plusieurs volets, dont le plus important est d'assurer un financement à celles qui n'ont pas (encore) de bornes de stationnement sur leur territoire, comme Saint-Sauveur et Limoilou. Quant aux artères qui disposent de parcomètres, un pourcentage serait versé en fonction des revenus qu'ils génèrent et du nombre d'espaces de stationnement. Et comme à Montréal, plus une SDC compte de membres, plus elle recevra d'argent.

Quête de subventions

«On passe notre temps à aller chercher des subventions pour créer des événements et améliorer nos milieux», explique M. Michaud, citant en exemple l'événement de design Signé Saint-Roch qui a lieu chaque année sur son territoire. Il croit qu'un fonds des parcomètres permettrait aux SDC de se concentrer sur l'essentiel et de ne plus se perdre dans les dédales administratifs, puisque les associations commerciales pourraient obtenir plus que les 50 000 $ octroyés annuellement par la Ville et ainsi disposer d'un budget leur assurant une marge de manoeuvre beaucoup plus grande.

«C'est le principe de l'utilisateur payeur», illustre le directeur général de la SDC du quartier Montcalm qui a des parcomètres sur l'avenue Cartier. Marc-André Pâlin croit que les consommateurs peuvent trouver intéressant de savoir que 25 sous sur les 2,25 $ qu'ils payent pour se stationner va à l'amélioration du mobilier urbain ou encore à la nouvelle place publique du coin. Le dg tient par ailleurs à souligner que les discussions avec la Ville de Québec vont bon train et que celle-ci démontre une belle ouverture par rapport au projet.

La SDC du Vieux-Québec, la plus récente formée et la plus importante en taille, voit d'un bon oeil l'initiative. Le dg, Maxime Calixte, estime que le programme tel que présenté est intéressant puisqu'il permet de diversifier les sources de financement des associations commerciales. Son collègue dans Limoilou, Mathieu Montmartin, n'a quant à lui pas souhaité émettre de commentaires tandis que plusieurs autres SDC n'ont pas rappelé Le Soleil vendredi. La conseillère Chantal Gilbert assure qu'une décision sera rendue très bientôt.

***

Revenus de plus de 5 millions $

Entre 2007 et 2012, la Ville de Québec a amassé en moyenne 4,9 millions $ annuellement grâce aux parcomètres sur son territoire. Mais avec la venue des nouvelles bornes électroniques installées il y a trois ans, elle estimait être en mesure d'aller récupérer au moins 5 % supplémentaire. Le montant total peut facilement être désormais estimé à plus de 5 millions $.

Les SDC en chiffres

Nombre de SDC au Québec: 48 

  •  Montréal: 16
  •  Québec: 7
  •  Autres villes: 25 

Nombre moyen d'employés: 2,5

Nombre moyen de membres: 456 

  • Nombre moyen de membres à Québec 130 

Budget annuel moyen: 377 000 $ 

Budget Destination centre-ville (à Montréal) qui compte 8000 membres: plus de 3,5 milions $ 

Cotisation moyenne des membres au Québec 1800 $ 

  • Cotisation moyenne des membres à Québec 450 $

Les sept SDC de Québec

  • Centre-ville 
  • Maguire
  • 3e Avenue 
  • Montcalm
  • Faubourg Saint-Jean
  • Vieux-Québec
  • Saint-Sauveur

Données de 2013 fournies par Catherine Raymond, ex-porte-parole des SDC du Québec

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