Politique énergétique québécoise: l'industrie éolienne veut une plus grande place

Jean-Frédéric Legendre et Frédéric Côté veulent convaincre l'État... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Jean-Frédéric Legendre et Frédéric Côté veulent convaincre l'État québécois que le secteur éolien doit prendre une place importante de la nouvelle Politique énergétique.

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(Carleton) Les représentants de l'industrie éolienne veulent convaincre le gouvernement du Québec de la pertinence de poursuivre la croissance de la production d'électricité générée par le vent, compte tenu des coûts décroissants de cette filière.

Tant Frédéric Côté, directeur du Techno-centre éolien du Québec, que Jean-Frédéric Legendre, de l'Association canadienne de l'énergie éolienne, savent qu'ils doivent convaincre l'État dans un contexte de critiques de cette filière.

Les porte-parole de l'industrie éolienne ont mis l'accent sur cette nécessité de croissance cette semaine lors du colloque annuel du Techno-centre éolien, à Carleton, en Gaspésie. La publication prochaine de la Politique énergétique du Québec 2016-2025 motive ce message.

«On a besoin d'une politique énergétique qui va donner un cadre stable à l'industrie éolienne [...] On veut porter le taux de pénétration de puissance, rendu à 10 % quand tous les parcs acceptés lors du dernier appel d'offres seront en production. Aller à 15 %, techniquement, ne pose pas de problème», précise Frédéric Côté.

La capacité de production de l'énergie éolienne, à 2880 mégawatts (MW) actuellement au Québec, atteindra 4100 MW en 2017, soit 10 % des 40 000 MW de capacité de puissance. Parce qu'il ne vente pas toujours, la production éolienne se situe à environ 35 % de sa capacité, parfois plus.

«La beauté de l'énergie éolienne, c'est que sa production est plus forte quand le Québec en a le plus besoin. L'influx d'hiver atteint 45 % [...] C'est synchronisé avec le profil de consommation», ajoute M. Côté.

Le mode de calcul d'Hydro-Québec, qui évalue la contribution des différents types de production d'énergie à partir de la lecture donnée lors de la minute de consommation de pointe, généralement tôt le matin, quand il vente peu, a parfois donné mauvaise presse à l'éolien lors des deux derniers hivers. La contribution moyenne sur 24 heures est beaucoup plus avantageuse, et plus fidèle à la réalité, note M. Côté.

Le prix de 6,3 cents du kilowatt, déposé par les promoteurs des parcs éoliens à construire d'ici 2017, «est très compétitif [...] Ce qui n'est pas dit, c'est que si on avait mis d'autres sources à contribution, il y aurait aussi eu des hausses de tarifs», ajoute-t-il.

Jean-Frédéric Legendre rappelle que le secteur éolien agit avec transparence. «En quelques clics, on a accès à tous les détails des contrats éoliens. «C'est quoi, le coût de production de la Romaine?» demande-t-il à propos du nouveau barrage nord-côtier, nébuleux quant au coût de production.

Tous deux assurent que l'ajout de 300 à 350 mégawatts éoliens par an d'ici 2025 donnerait la chance à l'industrie manufacturière québécoise de tenir jusqu'au remplacement des parcs entrés en production depuis 2004 et la stabilité nécessaire pour augmenter leurs exportations.

«La clé, c'est la stabilité et la prévisibilité», note M. Côté. «L'industrie préfère produire des composants en fonction d'un volume régulier, plutôt que d'être soumise à des fluctuations, comme 100 MW une année, et 700 l'année suivante», dit M. Legendre.

Appuis politiques

Ils reçoivent des appuis, dont ceux des maires de Gaspé, de New Richmond et de Matane, où sont situées les principales usines de composants en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent. Elles ont du travail pour les deux prochaines années.

«Les critiques de l'industrie disent que l'éolien, c'est du "BS" déguisé pour la Gaspésie. C'est un mensonge. Il y a 1200 emplois ici, mais 5000 dans tout le Québec, dont 1000 à Montréal [...] Les surplus? Le Québec importe de l'électricité quatre mois par an», dit le maire de Gaspé, Daniel Côté.

«Si on veut que la filière continue à investir, ça prend quelque chose [de nouveaux parcs éoliens] pour 10 ans. Après ça, les entreprises pourront investir», souligne Éric Dubé, maire de New Richmond.

«L'éolien ne vient pas de la Gaspésie. Quand le projet du Suroît a été rejeté, les Québécois ont demandé de l'énergie verte», dit Jérôme Landry, de Matane.

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