Corvée générale pour l'emploi avec La Beauce embauche

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Le président et chef de la direction de Manac, Charles Dutil, est le porte-parole de La Beauce embauche.

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(Québec) Ce matin, il y a 600 postes à pourvoir dans les entreprises en Beauce. Et les perles rares sont trop peu nombreuses. Les employeurs se les arrachent littéralement.

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Une vingtaine d'entreprises beauceronnes apportent leur poids - et leur contribution financière - à l'initiative La Beauce embauche, dont Canam, dirigée par Marc Dutil.

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«Les entreprises se volent des employés», constate Hélène Latulippe, commissaire industrielle au Conseil économique de Beauce. «S'il y a deux employés de plus chez un employeur, c'est parce qu'il y a deux moins chez un autre. Nous devons absolument amener de nouveaux travailleurs dans notre coin de pays.»

En lançant la campagne de promotion La Beauce embauche, la Beauce veut faire savoir à la Belle Province tout entière que la région est à la recherche de travailleurs. Et que son taux de chômage affichait 4,2 % en mai. Il était de 7,6 % au Québec.

Il y a quelques mois, un comité a été formé pour s'attaquer résolument au problème. Il est composé de représentants du Carrefour jeunesse-emploi Beauce-Sud, de la Chambre de commerce de Saint-Georges, du Conseil économique de Beauce, du CLD Robert-Cliche, de la Ville de Saint-Georges et d'Emploi Québec.

Une vingtaine d'entreprises apportent leur poids - et leur contribution financière - à l'initiative. Parmi elles, des fleurons québécois comme le Groupe Canam, Boa Franc, Garaga et Manac. Le président et chef de la direction de Manac, Charles Dutil, est d'ailleurs le porte-parole de La Beauce embauche. Le fabricant de semi-remorques de Saint-Georges, qui a notamment recruté des soudeurs du Costa Rica, cherche actuellement 10 travailleurs.

L'objectif de la campagne de promotion est de recruter une cinquantaine de nouveaux talents d'ici le printemps prochain. On veut aussi attirer des stagiaires de l'extérieur de la région pour certains métiers en pénurie dans l'espoir qu'ils s'enracineront en Beauce.

L'oeil sur Montréal

Puisque les perles rares sont trop peu nombreuses dans la région de la Chaudière-Appalaches - ainsi que dans celle de la Capitale-Nationale - le comité La Beauce embauche a choisi de cibler ses interventions du côté des régions avoisinantes des Etchemins, de l'Amiante et de l'Estrie ainsi que celles de Montréal et de la Mauricie.

«Dans les autres régions du Québec, ce n'est pas évident de faire du recrutement. L'expérience démontre que, souvent, les nouveaux arrivants sont nostalgiques et préfèrent retourner dans leur coin de pays plutôt que de prendre le temps s'établir chez nous», explique Hélène Latulippe.

Quant au recrutement international, le resserrement des règles imposées par le gouvernement fédéral fait en sorte qu'il devient de plus en plus compliqué de miser sur cette stratégie. «Ottawa veut que les entreprises aillent chercher d'abord et avant tout les Canadiens qui sont capables de faire le travail avant d'aller voir à l'international.» 

La Beauce était notamment présente, ces derniers jours, au Salon de l'immigration de Mont­réal afin d'attirer l'attention de la clientèle immigrante qui, bien souvent, peine à se trouver un gagne-pain dans la métropole.

Mercredi prochain, une quarantaine de chercheurs d'emploi montréalais, principalement des immigrants, débarqueront à Saint-Georges et à Beauceville pour rencontrer des employeurs.

«Nous irons également rencontrer les jeunes dans les écoles de métier et les centres de formation professionnelle pour les inciter à venir faire leur stage en milieu de travail en Beauce», souligne Hélène Latulippe. «Nous allons multiplier les contacts avec les organismes qui s'occupent des personnes sans emploi, notamment à Montréal, pour leur faire connaître nos besoins.»

La Beauce embauche sera également présente dans les médias traditionnels et sociaux.

Les attraits beaucerons

«Ce que l'on vend aux chercheurs d'emploi, c'est notre qualité de vie incomparable en Beauce et les nombreuses perspectives de carrière», informe le coordonnateur de la campagne, Jérôme Gendreau.

Un site Web (LaBeauceembauche.com) a été mis en ligne pour afficher les postes disponibles dans les entreprises des MRC Beauce-Sartigan, Robert-Cliche et Nouvelle-Beauce et pour mettre en évidence les avantages de vivre en Beauce, dont les bons salaires versés par les entreprises, les coûts avantageux pour se loger, les déplacements faciles entre la maison et le travail et l'environnement idéal pour élever une petite famille.

Ce que la Beauce recherche? Des travailleurs non spécialisés (opérateurs et manoeuvres) et spécialisés (machinistes, soudeurs, électromécaniciens, programmeurs, ingénieurs et techniciens). «Les besoins se font sentir de plus en plus également dans les entreprises de services», signale Jérôme Gendreau.

*****

La Beauce perd plus de travailleurs qu'elle en gagne

Chaque fois qu'il doit pourvoir un poste, David Hamel sait qu'il devra s'armer de patience. Les candidatures atterrissent sur son bureau au compte-gouttes. «Ça prend une éternité avant de finir par trouver la bonne personne. Et plus ça va, plus ça prend du temps.»

David Hamel est directeur des opérations chez Clermond Hamel, une entreprise familiale de Saint-Éphrem spécialisée dans la fabrication de bois de construction. Un peu plus de 130 personnes travaillent pour cet employeur qui exporte la moitié de son bois aux États-Unis.

Au plus fort de la crise économique, les jeunes ont déserté les programmes de formation spécialisée en foresterie et en technologie du bois. Ils n'y sont pas retournés depuis. 

«J'ai mis une croix sur l'embauche d'affûteurs et de classeurs. Il n'y a en pas sur le marché. Je dois former les travailleurs sur le tas. Ce n'est pas toujours la situation idéale», expose David Hamel en soulignant qu'il était de plus en difficile de retenir la main-d'oeuvre - «des jobs, il y en a à la tonne dans la Beauce et les travailleurs le savent» - et que le vieillissement des troupes commençait à se manifester. Le nombre de salariés qui prennent leur retraite ne cesse d'augmenter.

«La Beauce est l'une des premières régions au Québec - sinon la première - à afficher un solde migratoire négatif. Ça nous frappe pour la première fois en 2015», signale Hélène Latulippe, commissaire industrielle au Conseil économique de Beauce. En d'autres mots, la Beauce perd plus de travailleurs qu'elle en gagne.

Les nombreux départs à la retraite, le vieillissement de la population en âge de travailler et l'attrait de la jeune génération pour les grandes villes sont autant de facteurs qui font craindre le pire dans les milieux d'affaires en Beauce. D'autant plus qu'il faudra combler pas moins de 40 000 postes au cours des trois prochaines années, selon la boule de cristal d'Emploi Québec.

Les perspectives à long terme montrent donc que la situation actuelle ne serait que la pointe de l'iceberg.

Un portrait pour le moins inquiétant pour le secteur manufacturier beauceron qui profite, ces dernières années, d'un bel élan de croissance, selon les bilans effectués par le Conseil économique de Beauce et les CLD de La Nouvelle-Beauce et Robert Cliche. Ainsi, les ventes totales des entreprises ont augmenté de près de 5 % entre 2013 et 2014 pour afficher 4,3 milliards $.

Tout ça explique pourquoi la Beauce tout entière met l'épaule à la roue dans cette grande corvée pour l'emploi. «Que les trois MRC travaillent la main dans la main dans un même projet, ça n'arrive vraiment pas souvent», conclut Hélène Latulippe.

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