Secteur public: le front commun syndical prépare la grève pour l'automne

Francine Lévesque (CSN), Daniel Boyer (FTQ) et  Lucie... (Archives La Presse Canadienne)

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Francine Lévesque (CSN), Daniel Boyer (FTQ) et  Lucie Martineau (SISP) lors de la manifestation de quelques centaines de syndiqués devant l'Assemblée nationale, en octobre

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le front commun syndical fourbit ses armes en vue d'une grève l'automne prochain dans le secteur public.

En conférence de presse à Québec vendredi matin, les chefs syndicaux ont indiqué que rien n'avance aux tables de négociations qui ont été entreprises en début d'année.

«On fait face à un blocage important», a déclaré la vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Francine Lévesque.

«Il y a des discussions, mais il n'y a pas d'avancées, aucun point n'a fait l'objet d'une entente, alors cela piétine, ce n'est pas normal qu'après six mois, on soit rendu à ce stade-ci», a ajouté la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau, assise à ses côtés.

Aucune proposition officielle n'a été déposée par la partie patronale, a précisé le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Daniel Boyer, en soulignant qu'il n'y a pas eu de règlement sur les grands enjeux convenus, comme l'accès aux services publics, l'organisation du travail, l'attraction et la rétention de main-d'oeuvre ainsi que la précarité.

Les négociations étaient déjà mal parties l'automne dernier avec le dépôt des offres salariales de l'État. Québec propose un gel salarial sur deux ans, suivi d'une hausse de 1 % par an pour les trois années suivantes. Les représentants du secteur public revendiquent pour leur part des augmentations de 4,5 % par an, pour une convention collective de trois ans.

Médiateur demandé

Les leaders des organisations syndicales demandent donc la nomination d'un médiateur pour faire débloquer les pourparlers. Mais du même souffle, les syndicats vont réclamer des mandats de grève à leurs membres et tout préparer dans l'éventualité d'un conflit de travail.

«Ce qu'on demande actuellement à nos militants, c'est de tout planifier ça, et, dès le retour en septembre, là on ira chercher, de façon très claire, des mandats de grève», a expliqué Mme Lévesque.

Mais les troupes sont déjà «mobilisées» et trépignent d'impatience, tandis que des organisations ont même déjà tenu des votes de grève, a souligné M. Boyer.

«Il y a des syndicats qui sont pressés de nous faire savoir qu'ils sont mobilisés et qu'ils seront prêts à passer à l'action, aussitôt qu'on leur dira que c'est nécessaire de le faire», a poursuivi la vice-présidente de la CSN.

Selon les syndicats, l'écueil principal est actuellement l'équité salariale. Le gouvernement demande un règlement global pour les 6000 plaintes déposées à la Commission de l'équité salariale avant de progresser sur les autres enjeux, soutiennent les organisations syndicales, qui trouvent cela inacceptable.

«La question de l'équité salariale, ce n'est pas à la table de négociations que cela doit être traité, c'est à la commission de l'équité salariale, a dit Mme Lévesque. Cela ne devrait pas nous empêcher d'engager des discussions sur le fond.»

Les chefs syndicaux dressaient des pronostics plutôt sombres vendredi matin. M. Boyer a dit être un «éternel optimiste», mais il estime que la «voie de passage» sera difficile, depuis le dernier budget, en raison des compressions dans les réseaux. Idem pour Mme Martineau, «habituellement optimiste, mais pas cette fois-ci».

«Tout ce qu'on voit, ce sont des reculs. (...) Un gel, c'est une diminution salariale», a-t-elle dit.

Mme Lévesque a aussi jugé que ces négociations étaient difficiles, en raison de «l'approche idéologique» du gouvernement, mais elle persiste à croire qu'il y a des «espaces» pour des solutions.

Réaction du gouvernement

Pour sa part, le gouvernement a réagi en affichant un certain calme et en minimisant cette sortie. Le ministre du Travail, Sam Hamad, a indiqué que 5 des 59 tables de négociations avaient déjà demandé des médiateurs et qu'il est normal de demander la médiation pour aider à la négociation. Son ministère fournira les médiateurs demandés.

Il a rappelé que la grève est un droit et que le processus en cours est «simple et normal».

«Il faut rester calme, a-t-il déclaré en point de presse. Il faut être patient dans les négociations.»

Pour sa part, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a aussi affirmé que tout se déroulait actuellement de façon normale. Les parties ont convenu d'accélérer la cadence et de négocier tout l'été, a-t-il précisé.

«Il n'y aura pas de vacances en négociations et on négocie de bonne foi», a-t-il dit, en ajoutant cependant que le «cadre financier n'a pas changé».

Le front commun syndical représente un demi-million d'employés du secteur public.

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