Zones et parcs industriels affichent complet à Québec

Le 19 mai, le maire Régis Labeaume annonçait... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le 19 mai, le maire Régis Labeaume annonçait un investissement de 245 millions $ de Medicago pour la construction d'une usine de production de vaccins dans le nouvel espace d'innovation D'Estimauville, espace qui totalisera 90 000 mètres carrés.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Dans les zones et parcs industriels et de haute technologie de la ville de Québec, il ne reste plus que 7 % d'espace disponible pour la vente de terrains en vue de l'implantation de nouvelles entreprises ou de l'agrandissement de celles qui y ont pignon sur rue.

«Cette situation restreint ou stoppe carrément l'expansion des entreprises», constate Pierre Dolbec, président de la Corporation des parcs industriels de Québec.

Celui qui parle au nom des dirigeants et des propriétaires de plus de 3000 entreprises situées dans les 25 zones et parcs industriels de la région - incluant le Centre national des nouvelles technologies et le parc industriel François-Leclerc de Saint-Augustin, mais excluant le Parc technologique du Québec métropolitain - est évidemment inquiet de la situation.

«Les gens ne se rendent pas compte de l'importance des entreprises des zones et des parcs industriels à Québec. Il y a de grosses sociétés comme EXFO, mais aussi des petits ateliers d'usinage de deux ou trois employés. C'est bien simple, nous constituons le noyau fort de l'économie locale», affirme Pierre Dolbec en signalant qu'entre 55 000 et 68 000 personnes gagnent leur croûte dans les entreprises situées dans les parcs industriels et que ces dernières versaient entre 78 et 80 millions $ en taxes.

Mercredi, la mairesse suppléante de Saint-Augustin, France Hamel, affirmait que ce qui intéressait d'abord et avant tout le maire de Québec, Régis Labeaume, dans une éventuelle refusion avec Saint-Augustin, c'était «de mettre la main sur le parc industriel.»

De l'espace industriel, Saint-Augustin en a à revendre.

Dans la portion nord du parc industriel François-Leclerc - celle située au nord de l'autoroute 40 -, pas moins de 87 % de la superficie totale (5,5 millions de pieds carrés) est disponible, souligne le directeur du service du développement économique de la Ville de Saint-Augustin, Vahé Kasapoglu. En janvier dernier, Saint-Augustin annonçait son intention de réserver une superficie de 2,1 millions de pieds carrés pour la création d'une zone Inno-Techno Sécurité dans l'espoir d'attirer une vingtaine d'entreprises du secteur de la sécurité civile.

Au sud de l'autoroute, le parc industriel François-Leclerc affiche pratiquement complet. Pas moins de 96 % du territoire de 1,3 million de pieds carrés est occupé par des entreprises comme Biscuits Leclerc ou Louis Garneau Sports.

Vahé Kasapoglu affirme que la hausse de 25 % du compte de taxes des citoyens et des entreprises n'a pas fait fuir les investisseurs. «J'en ai été moi-même surpris. Dans mes cartons, j'ai cinq projets d'investissements. La proximité de l'autoroute 40 et de l'aéroport et le service direct que nous offrons aux entrepreneurs constituent, pour nous, un avantage indéniable.»

Complet pratiquement partout

Chose certaine, la Ville de Québec cherche de nouveaux espaces industriels.

«Il faut que l'on trouve d'autres lieux à Québec pour ouvrir des parcs technologiques ou industriels», déclarait le maire Labeaume, le 19 mai, à l'occasion de l'annonce d'un investissement de 245 millions $ de Medicago pour la construction d'une usine de production de vaccins dans le nouvel espace d'innovation D'Estimauville. D'une superficie de 44 000 mètres carrés, l'usine sera construite sur un terrain de 90 000 mètres carrés. L'entreprise prend donc tout l'espace disponible en prévision d'une éventuelle expansion.

L'autre espace d'innovation - celui du secteur Michelet - affichera bientôt complet lui aussi. ABB y construit un nouvel édifice pour abriter ses 200 employés.

«Avec les projets que nous avons sur la table, Michelet devrait se remplir assez vite», confiait à la même occasion le maire de Québec en se gardant bien de révéler l'identité des futurs locataires. Le besoin de nouveaux espaces, «c'est un beau problème que nous avons. C'est juste qu'il faut y voir.»

Comme en témoigne le tableau ci-contre, plusieurs parcs ou zones industriels, faute d'espace, ne peuvent plus accueillir de nouvelles entreprises.

Une réalité qui s'explique, selon Pierre Dolbec, par la venue de nouvelles entreprises et surtout par la croissance de celles qui y sont déjà établies.

Porte-parole de la Ville de Québec, David O'Brien indique au Soleil que les autorités municipales travaillaient sur divers scénarios en vue d'agrandir son réseau de zones et parcs industriels et que les négociations en cours avec des promoteurs et des propriétaires fonciers demeuraient confidentielles.

0%
Taux d'inoccupation dans sept zones industrielles
85%
d'espace disponible pour la vente dans l'espace d'innovation Michelet
24
millions
de mètres carrés en superficie de zones et de parcs industriels dans la ville de Québec

Dans les zones et parcs industriels et de haute... (Infographie Le Soleil) - image 3.0

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Infographie Le Soleil

Main-d'oeuvre et spéculation

Quand elle ne trouve pas d'espace suffisant pour grandir, une entreprise va choisir de réaliser son expansion ailleurs. À Saint-Augustin ou à Lévis, notamment dans le parc industriel Bernières, situé à proximité des ponts. D'une superficie totale de 4,4 millions de mètres carrés, ce parc compte 65 % d'espace inoccupé.

Pierre Dolbec raconte que l'un de ses clients, installé dans le parc industriel Cardinal, a dû réaliser son expansion dans les parcs de Charlesbourg et de Saint-Augustin. «Cet éparpillement a fait en sorte que ses coûts de transport, notamment, ont explosé. Il n'avait pas le choix s'il voulait continuer de croître.»

L'éloignement du centre-ville cause un autre problème aux entreprises : celui de la main-d'oeuvre. «Elle est déjà tellement difficile à trouver! Prendre de l'expansion vers Lévis, par exemple, pose un problème. Les travailleurs voudront-ils suivre?»

Il y a aussi un autre problème : celui des spéculateurs.

«Il y a des espaces disponibles qui appartiennent à des promoteurs qui restent assis dessus et qui font de la spéculation», souligne Pierre Dolbec qui, lui-même, cherche à étendre ses tentacules, mais qui se bute à l'intransigeance d'un propriétaire foncier qui n'est pas pressé de lui vendre, et surtout pas à n'importe quel prix.

«Lorsqu'un promoteur achète un terrain de la ville, il a un délai d'un an pour débuter la construction d'un bâtiment et de six mois pour la compléter. Lorsqu'il l'achète d'un particulier, il n'a aucun délai pour le mettre en valeur», explique David O'Brien. 

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