Marie Dooley contrainte de fermer boutique

La designer Marie Dooley... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La designer Marie Dooley

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Marie Dooley va rebondir dans le monde des affaires. Elle l'affirme avec conviction. Contrainte de fermer ses deux boutiques, elle tourne la page sur une époque, sans amertume, mais avec tristesse.

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Les boutiques Marie Dooley Signature et Marie Dooley Le Salon fermeront leurs portes au cours de l'été. 

Le Soleil, Yan Doublet

«Je n'en veux pas à personne, avoue-t-elle, mais je dois passer à autre chose. Je n'ai ni perdu ma créativité ni mes capacités de gestionnaire. Je vais continuer dans le monde des affaires.»

Le marché du commerce de détail est en profond changement. Marie Dooley n'est pas la première ni la dernière à en subir les conséquences. «Les gens ne magasinent plus comme avant. Ils ne visitent plus les boutiques, mais ils magasinent en ligne avant d'aller sur place acheter le produit, analyse-t-elle. Cela favorise les grandes chaînes au détriment des boutiques artisanales.»

Soutenant que les prix de ses vêtements n'ont pas augmenté depuis 10 ans, elle constate pourtant que les perceptions de la clientèle sont tout autres. Ils pensent que ses produits sont trop chers de sorte qu'ils vont à la recherche d'un bas prix. 

Cette perception est partagée par de nombreux commerçants dans le marché du détail, comme le propriétaire de Globus, Claude Poudrier, pour qui le secteur du vêtement avait tué l'entreprise, car la clientèle cherchait des soldes et les prix les plus bas avant la qualité du produit.

«L'avènement des vêtements faits en Chine a porté un dur coup à l'industrie de la mode, continue Mme Dooley. J'ai travaillé à contre-courant pendant 10 ans et je ne me résoudrai jamais à faire fabriquer mes créations en Asie. Le marché du "pas cher" a tellement pris de place que je suis contrainte de fermer mes deux boutiques.»

Les boutiques Marie Dooley Signature et Marie Dooley Le Salon fermeront donc leurs portes au cours de l'été puisque la créatrice de mode qui cumule 30 ans de carrière, dont 22 ans avec pignon sur rue sur le boulevard René-Lévesque à Québec, a choisi de réorienter sa vie professionnelle.

L'artisanal malmené

«J'ai toujours cru que la création et le travail artisanal étaient une plus-value dans le monde de la mode, mais je dois constater qu'il n'en est rien, craint-elle. Je dois me rendre à l'évidence et je me retire du commerce de détail.»

Par contre, si elle est manifestement triste en entrevue, elle quitte le commerce avec le sentiment d'avoir fait de belles réalisations et mis au monde des créations originales. Cependant, les cycles commerciaux ayant évolué au point de naître et disparaître sur de plus courte période, elle choisit avec conviction de passer à une autre étape dans sa vie professionnelle, bien qu'elle ait choisi de conserver sa clientèle corporative et continuera de desservir le marché des uniformes signés pour les entreprises.

Si Marie Dooley, la désigner, ferme ses boutiques, la femme d'affaires, elle, n'abandonne pas sa passion. Elle a l'assurance de rebondir dans un autre domaine «en regardant vers l'avenir, non en s'apitoyant sur le passé».

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