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Achat d'Archambault par Renaud-Bray: un acquéreur qui inquiète l'industrie

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(Québec) La transaction Québecor-Renaud Bray survient au moment où l'attitude de l'acquéreur, Blaise Renaud, qui met la main sur le Groupe Archambault, inquiète dans l'industrie du livre.

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Le nouveau président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion

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Le Groupe Renaud-Bray s'est entendu mardi avec Québecor pour acquérir la chaîne de vente au détail Archambault, qui écoule disques, livres et instruments de musique. L'entente inclut les 14 magasins du groupe, le portail Web archambault.ca et la librairie de langue anglaise Paragraphe.

Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé. Cette dernière doit d'abord être approuvée par le Bureau de la concurrence avant d'être effective. En attendant, Québecor assure toujours la gestion de ses actifs.

Selon l'Association des libraires du Québec (ALQ), tout le milieu - quoique silencieux, mardi - a de quoi s'inquiéter en regard de cette annonce. Pas nécessairement pour les parts de marché que représentera le nouveau joueur ainsi formé, mais bien en raison de l'attitude de l'acquéreur, Blaise Renaud, pdg et héritier du Groupe Renaud-Bray, qui inspire une certaine méfiance depuis un peu plus d'un an.   

Katherine Fafard, directrice générale de l'ALQ, rappelle que Dimedia, l'un des gros distributeurs de livres au Québec, est en conflit depuis avril 2014 avec Renaud-Bray. En un mot - bien que la question soit très complexe - Dimedia accuse Renaud-Bray d'avoir unilatéralement changé certaines règles commerciales, notamment sur le paiement des livres, chamboulant toute la chaîne sur laquelle repose l'industrie. 

Dimedia a répliqué en cessant de distribuer ses titres - au moins 3500 depuis le début du conflit - provenant de dizaines d'éditeurs québécois ou européens au Groupe Renaud-Bray, privant l'entreprise des nouveautés de la dernière rentrée. La chaîne se procure malgré tout certains de ces livres par ses propres moyens, des ouvrages pourtant exclusifs à Dimedia. L'affaire doit être entendue devant les tribunaux. Dimedia n'a pas souhaité commenter la transaction, mardi, préférant en évaluer l'impact. 

Plus récemment, Renaud-Bray a pris une initiative jugée inédite par le milieu. Dans un article du Devoir paru en février, on rapportait que la chaîne avait commandé un titre étranger, un futur best-seller, et l'avait mis en vente avant tout le monde au Québec et plus cher, alors que la norme est de procéder au lancement en même temps à travers la province et au même prix. 

L'ALQ craint donc que le nouveau poids de Renaud-Bray, en absorbant Archambault, ne vienne faire casser cet équilibre que tentent de préserver distributeurs, éditeurs, auteurs et libraires. «Tout le réseau de distribution doit être inquiet, a-t-elle dit. Il faudra d'autant plus que les indépendants se regroupent pour faire un contrepoids.»

Le débat sur le maintien des normes était déjà lancé. Dans une entrevue diffusée en novembre 2014 dans le magazine L'actualité, Blaise Renaud avait été on ne peut plus clair sur sa vision de l'industrie. «La chaîne du livre est une ineptie. On parle comme si chacun dépendait de l'autre. C'est à chacun, dans un marché concurrentiel, d'établir sa mission», avait-il déclaré. Renaud-Bray a refusé notre demande d'entrevue avec M. Renaud, mardi, se limitant à son communiqué de presse.

Archambault et Renaud-Bray représentent conjointement 44 magasins. À l'échelle de la province, strictement dans le marché de la librairie, les indépendants, tous ensemble, sont toujours les plus gros vendeurs, détenant 51 % des parts de marché en 2014. Dans le marché global, incluant les grandes surfaces comme Walmart ou Costco, les pharmacies et les dépanneurs, les indépendants tirent leur épingle du jeu avec un tiers de toutes les ventes de livre.

À noter que Renaud-Bray veut maintenir la marque Archambault. Rien n'indique toutefois que les 14 magasins resteront ouverts. Plus de détails seront connus une fois le travail du Bureau de la concurrence terminé.

Pierre Karl Péladeau a fait son entrée à... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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Pierre Karl Péladeau a fait son entrée à l'Assemblée nationale en tant que chef du Parti québécois, mardi.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Archambault: «Je n'ai pas à donner de feu vert», dit PKP

Le nouveau chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, dit avoir appris en même temps que tout le monde que «cette transaction-là avait été annoncée».

Le jour même où il revêtait les vêtements de chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, M. Péladeau a dû répondre aux questions de journalistes sur la vente par Québecor des activités du Groupe Archambault à Renaud-Bray.

«J'ai quitté mes fonctions [chez Québecor] lorsque je me suis présenté comme candidat dans Saint-Jérôme [pour les élections d'avril 2014]. Certainement qu'il y avait des dossiers qui étaient en suspens au moment de mon départ, mais d'aucune façon je n'ai eu à négocier quoi que ce soit.»

«Je n'ai pas à donner de feu vert, a-t-il poursuivi. Je ne fais pas partie de la direction de Québecor.»

Le caquiste François Legault a voulu mettre le doigt sur ce qu'il estime être le «bobo». «Ce serait normal qu'il soit consulté comme actionnaire majoritaire, mais ça ne serait pas normal» qu'il le soit alors qu'il est chef d'un parti politique et qu'il aspire à devenir premier ministre du Québec.

Pour la énième fois, Pierre Karl Péladeau a indiqué que ses actions de Québecor seront placées dans une fiducie sans droit de regard.

Quelques transactions de Québecor depuis le départ de PKP

Québecor est très active depuis que Pierre Karl Péladeau en a quitté la présidence, en mars 2013. La vente du Groupe Archambault, qui traduit un désir par Québecor de quitter le secteur de la vente au détail, est la plus récente. En voici d'autres dignes de mention : 

Mai 2013

Québecor achète Gestev pour meubler la programmation du Centre Vidéotron. L'entreprise de Québec se spécialise dans l'événementiel sportif et culturel.

Décembre 2013

Sun Media, une filiale de Québecor, vend ses 74 hebdomadaires régionaux à TC Media (Transcontinental). Le Bureau de la concurrence donne le feu vert à la transaction en mai 2014, mais oblige TC à se départir de 34 et de ses 154 publications, dont certaines achetées à Sun Media.

Octobre 2014

Québecor quitte la presse anglophone et se départit de la Corporation Sun Media, vendant tous ses actifs à Postmedia pour 316 millions $. La transaction inclut 175 journaux, dont des titres comme le Ottawa Sun et le Toronto Sun

Novembre 2014

Québecor, par sa filiale Groupe TVA, achète Vision Globale, une entreprise liée au cinéma et à la télévision. La transaction implique les studios Mel's/Cité du cinéma à Montréal et les studios Melrose à Saint-Hubert, qui accueillent des productions québécoises ou étrangères. 

Novembre 2014

Québecor achète 15 magazines à Transcontinental, dont Coup de Pouce et The Hockey News. Le magazine Véro faisait partie de la transaction de 55,5 millions $, mais a finalement été retiré de l'entente. 

Novembre 2014

Québecor annonce l'acquisition des Remparts de Québec, équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Selon The Hockey News, le club a été vendu entre 20 et 25 millions $. 

Avec Jean-Marc Salvet

Fini le commerce de détail

MONTRÉAL - De tout le Groupe Archambault, Québecor ne conserve que les divisions de musique et de spectacle que sont les filiales Musicor et Select. Le conglomérat précise qu'il est toujours propriétaire de 18 maisons d'édition, dont Les Éditions de l'Homme et Libre Expression.

La transaction vise donc à sortir le conglomérat du secteur de la vente au détail et non de la production culturelle, ce qu'admet le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion. «Le secteur de la vente au détail a dû relever d'importants défis en raison de l'évolution des technologies et de l'apparition des plateformes numériques.»

M. Dion s'est félicité que ces activités d'Archambault restent une propriété québécoise.  

D'après La Presse Canadienne

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