Chantier Davie: tir groupé sur Blaney

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Le Chantier Davie, à Lévis, s'apprête à mettre à pied 200 travailleurs, faute de boulot, en raison des tergiversations du gouvernement de Stephen Harper.

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(Québec) «Steven Blaney se fout carrément de nous autres», tonne le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN), Gaétan Sergerie.

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Le ministre de l'Économie, Jacques Daoust.

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Le chef syndical a passé les dernières heures à essayer de remonter le moral des 205 salariés de Chantier Davie Canada qui se retrouveront sans emploi, aujourd'hui, à la fin de leur quart de travail. «Les gars pleuraient dans les ateliers.»

Comme Le Soleil le révélait jeudi, la direction du chantier maritime de Lévis doit procéder à la mise à pied temporaire de travailleurs à compter d'aujourd'hui. D'autres licenciements pourraient survenir dans les prochaines semaines.

Un geste que doit poser l'entreprise qui n'a plus de boulot à offrir à ces travailleurs et qui attend une décision d'Ottawa à sa proposition de reconvertir un porte-conteneurs en navire de ravitaillement pour combler des besoins urgents de la Marine royale à la suite de la mise au rancart prématurée du NCSM Protecteur et du NCSM Preserver.

«Mes premières pensées vont aux travailleurs et aux familles touchées par ces mises à pied», a indiqué, par voie de communiqué, le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile et député de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney.

Ce dernier et le gouvernement de Stephen Harper ont été les cibles, jeudi, de tirs groupés venant des représentants des travailleurs syndiqués et des ministres québécois Jacques Daoust et Sam Hamad.

«Je ne suis pas content», a déclaré Jacques Daoust (Économie, Innovation et Exportations). «J'ai parlé à six ministres fédéraux et j'ai écrit à une septième. Et je n'ai pas encore de résultats», a-t-il indiqué en rappelant que les carnets de commandes des chantiers d'Halifax et de Vancouver débordaient, eux, de contrats fédéraux. «Va-t-on être obligé de supplier Ottawa pour avoir des contrats au Québec?» a-t-il ajouté en rappelant que Davie avait décroché le titre de chantier maritime de l'année en Amérique du Nord en 2014 décerné par Lloyd's List, une prestigieuse publication qui s'intéresse à l'industrie mondiale des transports maritimes.

«Il faut que Steven Blaney grouille», a tranché son collègue Sam Hamad (Travail, Emploi et Solidarité sociale). «Je ne peux quand même pas aller tirer les cheveux de Steven pour l'inciter à bouger. Il n'a plus de cheveux!»

Le ministre se défend

Dans son communiqué, Steven Blaney a signalé que la proposition soumise par Davie pour dépanner la Marine royale - et qui assurerait du travail au chantier pendant deux ans - est à l'étude.

«Je suis confiant qu'elle sera évaluée dans le meilleur intérêt de la Marine royale et des contribuables.»

Il a fait remarquer qu'à titre de député de Lévis-Bellechasse, il s'assurait «que la compétence et la crédibilité du chantier soient reconnues».

Il a également tenu à préciser que Davie était en activité depuis 2012 «grâce à un important appui financier d'Exportation et Développement Canada» et que le chantier avait récemment reçu des contrats de rénovation pour trois navires de la Garde côtière canadienne.

Des «miettes»

Pour Gaétan Sergerie, ces «petits» contrats ne sont que des «miettes» pour un chantier de la capacité de Davie.

Avec le projet de reconversion d'un porte-conteneurs, Davie a présenté, selon lui, le «meilleur projet» compte tenu des besoins immédiats de la Marine royale.

Dans ses échanges avec Steven Blaney - les deux hommes se sont parlé jeudi -, Géatan Sergerie dit comprendre que l'opposition au projet de Davie proviendrait des «bureaucrates». Et non pas des élus conservateurs qui seraient favorables au projet.

«Davie serait-il sur une liste noire?» a posé la présidente du Conseil central Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras.

Si c'est le cas, il faut alors que les politiciens mettent leurs culottes et cessent de faire des promesses aux travailleurs, affirment les leaders syndicaux qui en ont assez des promesses des conservateurs et des appels à la patience.

«Disons que nous éprouvons un malaise, aujourd'hui, à demander aux travailleurs qui viennent d'être mis à pied d'être patients», a fait remarquer Ann Gingras.

«Nous ne demandons pas la charité. Ce que nous voulons, c'est de bénéficier du même traitement que les autres chantiers canadiens. Pas plus. Pas moins», a-t-elle réclamé.

Les leaders syndicaux craignent que les conservateurs attendent le début de la campagne électorale avant d'annoncer une bonne nouvelle pour Davie.

«S'ils agissent de la sorte - et c'est que nous craignons -, c'est épouvantable.»

Le ministre Jacques Daoust dit souhaiter, lui aussi, que l'annonce d'un contrat pour Davie ne soit pas liée à un quelconque calcul électoraliste. «Ça serait une drôle de façon de faire de la politique.» Avec Simon Boivin

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