Yves Jacques, 35 ans plus tard: un «vert» à la tête de La Vie Sportive

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À 60 ans, le propriétaire de La Vie Sportive, Yves Jacques, a laissé, il y a un an, la direction des ventes et des opérations de son magasin à Michel Rochon, un ancien de QuébéComm, de Stéréo Plus et du Village Vacances Valcartier.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) «Ce magasin-là ne m'appartient pas. Il appartient aux clients.»

Yves Jacques l'avoue. Il a été un «frein» à l'expansion de son commerce, La Vie Sportive.

Il a toujours refusé d'accorder des franchises.

Il a toujours repoussé les offres d'achat venant des chaînes de magasins d'articles et de vêtements de sport et de plein air. Et elles ont été nombreuses, ces offres, au cours des 35 années durant lesquelles l'homme d'affaires a été propriétaire, successivement, de Sport Plus, de Vent de Mer et d'Oberson avant d'ouvrir, en 1994, La Vie Sportive, rue Bouvier.

Yves Jacques a toujours craint que les nouveaux acquéreurs, une fois qu'ils se seront approprié le nom La Vie Sportive, vident le commerce de son essence. Qu'ils saccagent son âme. Qu'ils mettent à pied de fidèles employés parce que ceux-ci touchent une rémunération supérieure à celle de la moyenne des ours dans le commerce de détail à Québec.

«J'ai toujours eu trop de respect pour mes clients et pour mes employés pour leur faire ça», raconte-t-il en entrevue au Soleil.

Ça ne veut pas dire qu'il ne croit pas à l'expansion de La Vie Sportive. Au contraire. Il prévient, toutefois, que ce n'est pas lui qui la pilotera de A à Z.

Âgé de 60 ans, le propriétaire de La Vie Sportive a laissé, il y a un an, la direction des ventes et des opérations de son magasin à Michel Rochon, un ancien de QuébéComm, de Stéréo Plus et du Village Vacances Valcartier. «Un homme qui a de belles qualités et généreux, en plus, avec les gens.»

«À 60 ans, tu n'es plus aussi groundé qu'un jeune de 30 ans. Moins présent sur le plancher, tu t'éloignes, veux, veux pas, de ton client», explique Yves Jacques, qui, se décrivant comme un «bon visionnaire», demeure le grand manitou des achats à La Vie Sportive.

S'il voit pousser cinq ou six succursales La Vie Sportive au cours des prochaines années, Yves Jacques promet que jamais ils ne vendront d'armes à feu ou de bateaux à moteur. Question de principe.

Un «écolo» en affaires

Avant même que l'on colle l'étiquette de «vert» à ceux qui vouent un respect à l'environnement et à la conservation de la nature, Yves Jacques s'affichait déjà de cette façon il y a 35 ans.

Avant de se lancer en affaires, en 1979, le Beauportois a étudié en foresterie. Il a roulé sa bosse dans les chantiers. «C'était à l'époque où l'on détruisait l'environnement pour gagner sa vie. La coupe à blanc, c'était la seule façon de faire que nous connaissions. Tu coupes. T'arraches. Merci, bonsoir. L'environnement, on s'en foutait pas mal.»

C'est aussi à cette époque, à la Baie-James, qu'il a appris à aimer la nature et considéré l'importance de la préserver.

La pratique du sport, il l'avait déjà dans la peau.

«Je viens d'une famille de 11 enfants. J'avais la chance d'avoir des parents qui faisaient du sport. C'était plutôt rare dans les années 60. Nous avions un abonnement pour le ski au Mont-Sainte-Anne. Ça nous coûtait 115 $ par hiver pour les 13 membres de la famille.»

Se lancer en affaires a été un naturel pour Yves Jacques, puisque la famille Jacques a géré un commerce de vêtements pour hommes dans Beauport pendant quelques générations.

Au Soleil, Yves Jacques a bien voulu relever quelques-uns de ses secrets pour réussir en affaires.

D'abord, trois mots. Honnêteté. Intégrité. Droiture.

Ensuite, le commerçant doit connaître à fond sa marchandise et déterminer les besoins du client pour lui vendre la «bonne affaire». Idéalement un article qui va lui durer 10 ans, plutôt qu'un produit qui aura fait son temps au bout de trois ans, et ce, même si ça va faire en sorte que le tiroir-caisse résonnera moins souvent. «Il n'est pas toujours évident de trouver l'équilibre entre vendre une marchandise, vendre la bonne affaire au client et assurer la pérennité de l'entreprise.»

S'entourer de personnel compétent est aussi un incontournable. «Habituellement en affaires, la règle veut que tu gardes tes meilleurs employés et que tu te débarrasses des moins bons. J'ai toujours eu de la misère avec cet aspect-là de la vie de patron. Les moins bons, je tente toujours de les rendre meilleurs.»

Et, finalement, être constamment à l'avant-garde. La Vie Sportive a été l'un des pionniers dans le commerce de détail à utiliser le Web pour annoncer ses produits. Yves Jacques reconnaît que, malgré tous les avantages que procure le commerce en ligne, c'est en magasin qu'il est préférable d'acheter un vélo ou une paire de skis de fond.

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