Paber Aluminium: une affaire de famille depuis 34 ans

La fonderie, bientôt dirigée par Geneviève et Bryan... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

La fonderie, bientôt dirigée par Geneviève et Bryan Paris - la relève de Diane Collin et de Luc Paris -, coule plus d'un million de livres d'aluminium par année, soit entre 4000 et 5000 livres par jour.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Cap-Saint-Ignace) «J'ai la chance d'être la fille et la soeur de deux gars qui sont les premiers à lever la main lorsqu'il se présente un défi pour lequel il ne semble pas y avoir de solutions», raconte Geneviève Paris, la directrice générale de Paber Aluminium, une fonderie d'aluminium de Cap-Saint-Ignace, près de Montmagny.

«Ça cause, parfois, des sueurs froides à nos équipes d'ingénierie qui se demandent comment nous parviendrons à réaliser ce qui apparaît irréalisable au premier coup d'oeil.»

Paber Aluminium, c'est une histoire de famille. 

Le père, Luc Paris, la mère, Diane Collin, et leurs enfants Geneviève et Bryan, sont aux commandes de cette entreprise de 95 employés qui a décroché, il y a une dizaine de jours, le Mercuriade décerné par la Fédération des chambres de commerce du Québec à l'entreprise, dans la Belle Province, ayant contribué de façon significative au développement économique de son coin de pays.

Paber est spécialisée dans le moulage d'aluminium de haute qualité pour de grandes sociétés (GE, Siemens, Alstom, Tyco Electronics, etc.) évoluant principalement dans les secteurs des transports, de la défense et de la sécurité, et des équipements médicaux.

L'entreprise moule des pièces qui exigent un niveau de précision frisant la perfection. Entre autres, elle fabrique pour la multinationale Analogic Corporation une partie de la structure des appareils de tomodensitométrie utilisés dans les hôpitaux du monde entier. Des pièces qui ne doivent présenter aucun défaut, aucune trace d'impureté. Des pièces soumises, pour la plupart, à des inspections à l'aide d'un rayon X.

À l'origine, Paber fabriquait des pièces simples. Des luminaires et du mobilier urbain.

L'invasion de produits asiatiques a forcé l'entreprise à prendre un virage majeur.

«Nous avons alors décidé de nous tourner vers des trucs plus complexes. Des pièces qui exigent plus de précision. D'un métier artisanal, nous avons amené le coulage d'aluminium à un niveau technologique avancé», explique Bryan Paris, le vice-président des ventes.

En 1994, Paber devenait la première fonderie d'aluminium au Canada - et l'une des premières en Amérique du Nord - à détenir la certification ISO 9001.

Paber a réussi à faire son chemin dans un marché mondial dominé par des concurrents américains, polonais et espagnols. Aujourd'hui, elle réalise la moitié de ses ventes aux États-Unis. Et bientôt, ça sera la France.

«Les clients viennent chercher notre expertise et aussi le service que nous offrons. Paber n'est pas une grosse entreprise. En moins de deux, nous sommes capables de nous virer sur un 10 cennes», soumet Bryan Paris.

«Nous avons la capacité d'offrir aux clients un produit clé en main, car nous fabriquons la pièce complexe, nous en faisons l'usinage, l'inspection, le traitement thermique, la peinture et le traitement de surface. Dès qu'elle sort de l'usine, la pièce est pratiquement prête à être assemblée sur la chaîne de production de nos clients.»

Rareté de main-d'oeuvre

Paber planche, pour 2015, sur des projets d'agrandissement de ses installations et d'ajout d'une nouvelle ligne de production.

«Nous voulons accroître notre capacité de production de 25 % à 30 %», indique Bryan Paris en mentionnant que la fonderie coulait plus d'un million de livres d'aluminium par année, soit entre

4000 et 5000 livres par jour.

Réalisant actuellement un chiffre d'affaires de 13 millions $ - il a progressé de près de 20 % au cours de la dernière année -, les dirigeants de Paber estiment qu'il serait possible de le faire passer à 15 millions $ avec les capacités actuelles.

Mais il y a un hic!

La main-d'oeuvre disponible se fait rare. Et les finissants dans les écoles offrant les formations spécialisées sont trop peu nombreux.

«Des équipements à la fine pointe de la technologie, nous finissons toujours par en trouver sur le marché. Des employés, par contre, on ne peut pas les inventer», signale Geneviève Paris en rappelant que Paber n'était pas la seule entreprise manufacturière dans cette situation dans la région de Montmagny-L'Islet.

Paber Aluminium a décroché, il y a une... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

Agrandir

Paber Aluminium a décroché, il y a une dizaine de jours, le Mercuriade décerné par la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

La relève se prépare depuis 12 ans

«Il y a quelques années, mon père a voulu essayer la vie à la préretraite. Il a pris une journée. Et depuis ce temps, il accumule les heures supplémentaires pour reprendre cette journée-là!»

De l'avis de Geneviève Paris, ses parents Diane et Luc ne sont pas pressés de prendre leur retraite. «Ils veulent continuer encore quatre ou cinq ans. Mon père dit souvent qu'il tient à être utile, mais pas indispensable.»

Diane Collin et Luc Paris sont les propriétaires de Paber Aluminium, une fonderie d'aluminium de Cap-Saint-Ignace. Leurs enfants, Geneviève, 34 ans, et Bryan, 31 ans, travaillent tous deux au sein de l'entreprise familiale.

Et ils deviendront bientôt les grands patrons.

En effet, dans les prochaines semaines, Geneviève et Bryan Paris détiendront 66 % des parts de l'entreprise. Et lorsque la transaction financière sera conclue, ils seront propriétaires à part entière de Paber.

Le transfert de propriété de l'entreprise ne s'est pas fait à la dernière minute et sur le coin de la table dans la famille Paris. Réglée au quart de tour, la démarche se prépare depuis 12 ans. Oui, depuis 12 ans.

Un bon jour, les parents ont demandé à leurs deux rejetons s'ils désiraient, éventuellement, assurer leur succession. «Nous avons dit oui», se rappelle Geneviève qui complétait, à l'époque, son baccalauréat en administration des affaires.

À partir de cet instant, le processus s'est enclenché. Un coach a été recruté. Un conseil de famille a été formé pour établir des règles claires comme celle, par exemple, de ne jamais parler d'affaires à la maison.

«Nous avons établi un plan minutieusement détaillé afin que nous puissions acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour être en mesure d'occuper les emplois qui suscitaient notre intérêt au sein de l'organisation», explique Geneviève Paris qui a notamment obtenu, en plus de son baccalauréat en administration des affaires, un diplôme d'études professionnelles en fonderie.

Bryan, pour sa part, s'est expatrié à Toronto pour y décrocher un diplôme de technicien en génie industriel avant de revenir au Québec pour obtenir, lui aussi, un baccalauréat en administration des affaires. Il avait à peine 18 ans lorsqu'il accompagna son paternel dans une tournée des clients aux États-Unis. À 21 ans, il partait seul pour convaincre les ingénieurs de grandes multinationales de confier le moulage de leurs pièces d'aluminium hautement spécialisées à une PME de Cap-Saint-Ignace.

«Nous ne sommes pas arrivés aux postes que nous occupons aujourd'hui - Geneviève est directrice générale et Bryan est vice-président aux ventes - du jour au lendemain», commente l'aînée. «Nous avons monté une marche à la fois. Tour à tour, nous avons été préposés, gestionnaires, coordonnateurs. Ainsi, en grimpant les échelons un à un, nous avons pu aussi bâtir notre crédibilité auprès des employés. En d'autres mots, nous avons pris le temps que nous avions à prendre et que nous devions prendre.»

L'entreprise moule des pièces qui exigent un niveau... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

Agrandir

L'entreprise moule des pièces qui exigent un niveau de précision frisant la perfection. Des pièces qui ne doivent présenter aucun défaut.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

«Pour créer des emplois à Cap-Saint-Ignace»

«Quand mon père a fondé l'entreprise, en 1981, c'était pour créer des emplois à Cap-Saint-Ignace. Et 34 ans

plus tard, la mission se poursuit», déclare Bryan Paris.

Recevoir le Mercuriade de l'entreprise au Québec qui a contribué de façon significative au développement économique de sa région a fait un petit velours à la famille Paris qui n'est pas du genre à courir après les grands honneurs. 

«Pour nous, c'est une grande fierté», résume Geneviève Paris. «Ça nous permet de rayonner auprès de nos clients et de nous faire remarquer par les chercheurs d'emploi.»

Embauche

Depuis 2013, l'entreprise a recruté près d'une cinquantaine de nouveaux travailleurs. Elle prévoit en embaucher près d'une quinzaine de plus dans les prochains mois alors qu'un projet d'agrandissement permettra d'accroître la capacité de production de l'usine.

Paber Aluminium ne garde pas pour elle les fruits de sa bonne performance. D'autres entreprises de la région de Montmagny-L'Islet en tirent des bénéfices. 

«Des contrats de sous-traitance pour l'achat de matériaux ou par la réalisation de travaux d'usinage, nous en donnons pour une valeur de 4 millions $ par année aux entreprises de Cap-Saint-Ignace et des municipalités avoisinantes», fait remarquer Bryan Paris.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer