Carrière à Saint-Tite-des-Caps : opposition tous azimuts

La municipalité de Saint-Tite-des-Caps s'oppose à l'exploitation d'une... (Collaboration spéciale, Sylvain Desmeules)

Agrandir

La municipalité de Saint-Tite-des-Caps s'oppose à l'exploitation d'une carrière dans le territoire Sault-au-Cochon, une forêt publique à quelques enjambées du lac Saint-Tite.

Collaboration spéciale, Sylvain Desmeules

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Des résidents s'y opposent. Les municipalités de Saint-Tite-des-Caps et de Petite-Rivière-Saint-François sont aussi contre. Tout comme la MRC de la Côte-de-­Beaupré et des promoteurs d'activités récréotouristiques. Mais l'entrepreneur a toutes les autorisations en main; il pourra lancer rapidement l'exploitation d'une carrière dans le territoire Sault-au-Cochon, une forêt publique, à quelques enjambées du lac Saint-Tite.

«Il n'y a eu aucune consultation», déplore le maire de Saint-Tite-des-Caps, Majella Pichette. «Tout s'est réglé en catimini.» 

Jeudi soir, il convie ses contribuables à une rencontre d'information. Des représentants municipaux, la MRC, des proprios de maisons du coin, un groupe autochtone, les militants du Sentier des caps de Charlevoix. Ils seront tous de la partie. Et qu'est-ce qu'on va dire aux citoyens? «On a l'impression qu'on a tout fait et qu'on est rendu dans un cul-de-sac.»

Les élus municipaux sont montés jusqu'à Québec pour défendre leur point, pour forcer le déménagement de la carrière de pierre qui s'installera à environ un kilomètre à l'est du lac Saint-Tite. On a déjeuné avec le ministre Pierre Arcand, aux Ressources naturelles, et David Heurtel, à l'Environnement, avance le maire Pichette. Et puis? La digestion a été laborieuse : «Ils ont toute l'information, mais ils disent que, légalement, ils ne sont pas capables.»

Au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, on confirme que la cause est entendue. «Le promoteur détient les autorisations requises pour exploiter le site», tranche le porte-parole Nicolas Bégin. «Il a fait tout ce qu'il faut pour démarrer son projet.» Il a même obtenu les autorisations pour couper des arbres, pour le tracé de son chemin... Ne reste plus qu'à lancer les opérations.

Un bail de 10 ans, renouvelable, a été signé en 2013 avec Les entreprises Jacques Dufour et fils, un grand constructeur de routes, connu de la capitale jusqu'à la Côte-Nord. La compagnie possède plusieurs carrières et plusieurs usines d'asphalte sur ce vaste territoire.

Le loyer annuel pour le prélèvement de la pierre sur le paysage étatique sera de 5375 $. Les seules conditions inscrites au document que nous avons consulté limitent les activités de dynamitage, de concassage et de transport entre 7h et 17h du lundi au vendredi. On devra aussi appeler la MRC deux semaines à l'avance pour annoncer les explosions.

Le ministère de l'Environnement a aussi donné son accord à l'exploitation du sol public sur une superficie de 25 hectares, ou 250000mètres carrés. 

Retour en arrière

Majella Pichette a l'impression de remonter le temps, «de revenir 10ans en arrière». En 2004, un projet de carrière dans le même territoire naturel avait été bloqué par les politiques, rappelle-t-il. Le bruit, le paysage dénaturé, les impacts sur la faune et la flore... une flopée d'arguments avait été servie par le gouvernement libéral pour freiner le chantier. À l'époque aussi, toutes les autorisations avaient été octroyées.

Le ministre, un certain Thomas Mulcair, avait également souligné l'effet néfaste d'une carrière sur le développement récréotouristique du secteur, notamment sur les sentiers et refuges installés par la corporation du Sentier des caps de Charlevoix dans le secteur Sault-au-Cochon.

Les mêmes arguments sont aujourd'hui mis de l'avant par les opposants, sans succès. Le préfet de la MRC et maire de Saint-Anne-de-Beaupré, Jean-Luc Fortin, espère néanmoins encore conclure une entente avec le promoteur. Il rêve d'un déménagement de la carrière plus loin, dans le bois, là où on ne trouve pas âme qui vive...

«Entre Saint-Tite et Baie-Saint-Paul, il y a 50 kilomètres où il n'y a pas de maison, ou très peu», renchérit le maire Majella Pichette. «On a des montagnes de roche tout le tour. Il y a moyen de se déplacer.»

Pas de solution, dit l'entrepreneur

«Nous, on ne voit pas de solution.» Guillaume Dufour est ingénieur chez Les entreprises Jacques Dufour et fils. Il démontre une certaine ouverture face aux opposants à son projet de carrière à Saint-Tite-des-Caps. «On est encore disponible pour les rencontrer.»

Seulement, dit-il, la compagnie est prête à lancer les travaux. «On a tous nos permis.» Serait-il ouvert au déménagement? «Pour un site équivalent, c'est sûr que ça pourrait être fait. Mais d'autres sites équivalents, on n'en a pas vu.»

Le grand constructeur de routes veut s'implanter sur la Côte-de-Beaupré pour avoir des matériaux à proximité afin de soumissionner sur des contrats dans la région. Plus loin, le transport grugerait son profit, selon lui.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer