Les commerçants de la rue Saint-Joseph exaspérés par les camions du chantier voisin

Depuis quelques semaines, les camions chargés ont pris... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Depuis quelques semaines, les camions chargés ont pris l'habitude de suivre la rue Saint-Joseph jusqu'à la rue du Pont, plutôt que d'effectuer un virage serré dans la rue de la Couronne.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les commerçants de la rue Saint-Joseph en ont ras le plumeau des camions qui entrent et sortent du trou creusé à la place Jacques-Cartier. Les mastodontes circulent dans la rue marchande, soulevant des nuages de poussière, causant des embouteillages et creusant des ornières dans le pavé, lesquelles laissent présager un autre douloureux chantier.

Les travaux ont commencé à l'automne à l'angle des rues Saint-Joseph et de la Couronne. Les pics creusent, et les pelles mécaniques vident l'espace pour construire un stationnement souterrain d'une centaine de cases. 

Depuis quelques semaines, les camions chargés ont pris l'habitude, en sortant du chantier, de suivre la rue Saint-Joseph plutôt que d'effectuer un virage serré dans la rue de la Couronne. Ils circulent ainsi jusqu'à la rue du Pont, où ils tournent à droite pour rejoindre le boulevard Charest ou à gauche pour filer vers le nord. 

Dans l'intervalle, ils dérangent les voisins. «On est dans l'excavation donc quand il mouille, ça bouette et quand c'est sec, ça fait de la poussière», résume Catherine Raymond, directrice générale de la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de Québec. 

Celle-ci accueille les plaintes des commerçants comme des citoyens, qui n'en peuvent plus de ce régime. Elle s'est mise à calculer : certains jours, des camions passent toutes les trois minutes dans la rue commerciale. «Ça n'a pas de bon sens!» lance Mme Raymond. 

Jean-Patrick Rusk, de la boutique de vêtements Baizenville, confirme que la colère gronde. «Avec l'hiver long et dur qu'on a vécu, ouvrir les portes, c'est important pour que la clientèle entre», fait-il valoir. Mais la marchandise se couvre de poussière et il faut sans cesse faire le ménage. De plus, l'ambiance de magasinage est gâtée par le bruit et les embouteillages, dit-il, exaspéré. 

Pavé endommagé

Raymond Dewaele, copropriétaire de Lucie Côté Cuisine, partage tous ces tourments. Et il ajoute, en pointant la chaussée, que les camions lourds ont bousillé le pavé de la rue Saint-Joseph. Résultat : quand il pleut, des rigoles se créent et les passants se font arroser par les voitures. «Quand ils vont devoir refaire la rue, on ne sera pas avancés. Ça va être fermé ici et les clients ne viendront plus», dénonce-t-il. 

Des plaintes ont été acheminées à la Ville de Québec, une pétition circule, et la SDC a fait des représentations. 

«Il y a eu beaucoup, beaucoup de circulation, et on est conscients que ça a été difficile pour les commerçants», a commenté vendredi Mireille Plamondon, porte-parole de l'administration municipale. 

Celle-ci fait remarquer que «la configuration du chantier fait que les camions ne sont pas capables de tourner rue de la Couronne sans avancer et reculer, avancer et reculer», ce qui retarde le chantier et perturbe la circulation, toujours dense dans le secteur. Il y aurait même danger, avec l'effet domino, que les voitures refoulent jusque dans la côte d'Abraham. 

Mme Plamondon assure toutefois que le nombre de camions est en diminution et continuera de baisser - c'était un ou deux à l'heure vendredi -, puisque le gros de l'excavation est effectué.

Des mesures d'atténuation

Il apparaît impossible d'interdire la rue Saint-Joseph à ceux qui continueront de rouler, mais la Ville a convenu de mesures d'atténuation avec l'entrepreneur responsable du chantier, Garoy. Ainsi, aucun poids lourd ne circulera à l'heure du dîner, entre 12h et 13h, et la chaussée sera nettoyée au moins tous les matins, peut-être plus. La rampe d'accès au chantier pourrait également être modifiée pour faciliter la circulation des camions. Des discussions doivent toutefois avoir lieu avec le Réseau de transport de la Capitale, très présent dans le secteur, qui devrait revoir le positionnement de ses arrêts encore une fois. 

Joint par Le Soleil, Kevin Létourneau, chargé de projet pour Garoy, a lui aussi plaidé que des «raisons techniques» obligeaient les camions à choisir Saint-

Joseph plutôt que de la Couronne. Il s'est toutefois dit sensible aux récriminations des citoyens et à l'affût de moyens pour diminuer les désagréments dans le quartier. Selon Catherine Raymond, de la SDC, l'entrepreneur était moins collaborateur jusqu'à présent «parce que lui, il sauve du temps et de l'argent». Cela pendant que les commerces qu'elle représente pâtissent. Un recours juridique est envisagé si la situation ne s'améliore pas. 

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