Monastère des Augustines: trois femmes d'affaires et de coeur mènent la restauration à terme

Isabelle Duchesneau, Gisèle Picard, soeur Lise Tanguay et... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Isabelle Duchesneau, Gisèle Picard, soeur Lise Tanguay et Marie Rübsteck dans la chapelle du monastère de l'Hôpital général de Québec

Le Soleil, Erick Labbé

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Lieu d'histoire et d'avenir

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Lieu d'histoire et d'avenir

Construit au tout début de la Nouvelle-France, le monastère des Augustines de L'Hôtel-Dieu de Québec est un immense chantier sur le point de se terminer. Une transformation majeure qui aura nécessité un investissement de quelque 40 millions $. Cette étape n'est pas que physique pour ce lieu d'histoire aujourd'hui tourné vers l'avenir. Découvrez, au fil des semaines, ce profond changement autorisé par la communauté religieuse. »

(Québec) Ce n'est probablement pas évident au premier regard, mais la supérieure générale d'une communauté religieuse doit avoir des talents certains de gestionnaire pour s'occuper de plusieurs édifices, des services et de tous les détails. En soi, c'est une vraie PME.

Ce n'est pas sans raison que l'Association des femmes entrepreneures de Québec (AFEQ) a choisi trois femmes associées à l'oeuvre de la communauté des Augustines de Québec pour les présenter comme des entrepreneures inspirées et inspirantes lors d'une table ronde au monastère de l'Hôpital général pour parler du legs majeur que la communauté fait au patrimoine québécois.

Soeur Lise Tanguay, supérieure générale de la Fédération des monastères des Augustines, Marie Rübsteck, directrice générale de la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, et Isabelle Duchesbeau, directrice générale du Monastère des Augustines (incluant le Musée et l'hôtellerie), ont expliqué tour à tour les grandes étapes qui ont mené au projet majeur en voie d'être réalisé près de L'Hôtel-Dieu.

Si Gisèle Picard, présidente de l'AFEQ, pensait depuis deux ans à inviter les Augustines pour les présenter comme modèle inspirant de la fibre entrepreneuriale chez les femmes en affaires, car elles ont toujours eu à coeur leur mission et sa pérennité.

La supérieure des Augustines et les religieuses de la communauté réfléchissent depuis de nombreuses années à leur avenir, d'autant plus que les nouvelles recrues sont rares, et à ce qu'elles pourraient laisser comme patrimoine pour l'ensemble de la province.

«C'est une oeuvre de jeunesse qui se réalise dans l'âge mûr», lance soeur Tanguay en citant un auteur français. «Nous avons un legs fondateur de l'histoire de la médecine et des soins en Nouvelle-France», rappelle celle qui dirige la communauté installée à Québec quelques années à peine après la fondation de Québec par Champlain.

Vision d'avenir

Comme gestionnaire, soeur Tanguay devait avoir une vision d'avenir, un plan d'intervention pour que tout puisse se mettre en place pour céder ce patrimoine de la communauté afin qu'il soit accessible à toute la population en toute sécurité. En même temps, elle devait penser à l'avenir de la toute la communauté en préservant les valeurs de la mission des Augustines, qui navigue entre le soin du corps et le soin des âmes. 

Or le Musée de l'hôtellerie dirigé par une femme, de même que la fiducie ayant aussi à sa tête une laïque pour assurer la survie de l'oeuvre, prolonge la mission du monastère ouvert au public avec un sous-titre comme «l'aventure en soi». En effet, on y proposera une aventure intérieure, celle de l'histoire d'une communauté de soignante, mais une aventure intérieure pour chaque personne en visant la santé globale : celle du corps, de l'esprit et de la spiritualité, peu importe la croyance ou la religion. 

Ainsi, le legs des Augustines devient une extension de la notion de prendre soin de l'autre dans un contexte différent de la mission fondatrice.

C'est d'ailleurs cette réflexion, cette vision de ces femmes inspirées et inspirantes qui a touché Gisèle Picard, au point d'honorer publiquement trois femmes dans la lignée de cette communauté en affaires à travers 375 ans de présence au Québec.

«Oui, nous avons été des femmes d'affaires, rappelle soeur Tanguay, car nous avons géré des monastères et des hôpitaux sans faire de déficit jusqu'à ce que l'État prenne en charge les hôpitaux dans les années 60. Les soeurs ont du faire des sacrifices pour joindre les deux bouts et équilibrer leur budget, insiste-t-elle, car, si elles avaient des fermes pour nourrir les malades, ce sont ces derniers qui avaient les meilleures parts pour recouvrer leur santé, alors que les religieuses se contentaient des restes.»

Et le futur établissement sera un havre de paix, soutient soeur Tanguay, où «nous continuerons de soigner des corps et des coeurs, puisque les gens viendront s'y re-cueillir, c'est-à-dire, s'y cueillir de nouveau».

Les trois femmes étaient heureuses et touchées que l'on reconnaisse leur engagement de femmes d'affaires et de femmes de coeur dans un projet aussi gigantesque que prenant.

«Comment avez-vous convaincu les élus et les gens d'affaires?» demandait Renée Hudon, l'animatrice de la table ronde. «En leur tirant l'oreille pour une visite et avec du sucre à la crème», a répondu soeur Tanguay avec un large sourire!

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