Chantier Davie et budget fédéral: les travailleurs veulent leur part de contrats

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Pour Ann Gingras de la CSN, «le gouvernement fédéral a une occasion en or de changer son approche et de traiter de manière équitable le chantier Davie, comme il l'a fait avec d'autres constructeurs au Canada».

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(Québec) Le chantier naval de Lévis n'est plus l'entreprise qui avait un pied dans la tombe en 2011, font valoir ses travailleurs par l'entremise de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente plus de 750 des 1110 employés de Chantier Davie Canada.

«Avec à sa tête le Groupe Inocea et l'implication de ses travailleurs hautement qualifiés, Chantier Davie Canada a su battre en brèche toutes les embûches rencontrées en 2011, année de sa faillite. Le chantier, qui fête cette année ses 190 ans d'existence et qui a construit 717 navires, a surtout démontré sa capacité de poursuivre sa mission historique», insistent les dirigeants de la CSN dans une lettre adressée au premier ministre Stephen Harper à quelques jours du dépôt, le 21 avril, du budget fédéral.

Ils ne manquent pas de rappeler que Davie a reçu le titre de chantier de l'année en 2014 en Amérique Nord, un honneur décerné par Lloyd's List, une prestigieuse publication qui s'intéresse à l'industrie mondiale des transports maritimes. Il a fait la barbe au constructeur de navires militaires General Dynamics NASSCO de San Diego.

En clair, les travailleurs veulent obtenir leur part de contrats de construction navale accordés par Ottawa.

À commencer par la conversion d'un porte-conteneurs en ravitailleur pour le compte de la Défense nationale qui doit mettre au rancart, plus tôt que prévu, le NCSM Protecteur et le NCSM  Preserver.

«Il s'agit là d'une proposition formulée à votre gouvernement en attendant la livraison de deux nouveaux construits ailleurs et dont les délais de livraison pourraient excéder 2025. Chantier Davie peut réaliser ce projet dans les délais requis», soutiennent les signataires Francine Lévesque (vice-présidente de la CSN), Alain Lampron (Fédération de l'industrie manufacturière), Ann Gingras (présidente du Conseil central Québec-Chaudière-

Appalaches) et Gaétan Sergerie (président du Syndicat des travailleurs du chantier Davie), qui font état des «capacités extraordinaires» du «plus important chantier naval au Canada».

Ils insistent également pour souligner que le Groupe Inocea, qui a investi, selon eux, 10 millions $ en infrastructures et en équipements depuis 2013 «est prêt à prendre rapidement la relève pour répondre aux besoins maritimes canadiens». Rappelons que Davie avait proposé à Ottawa, au printemps dernier, de lui refiler le contrat accordé au chantier Seaspan pour la construction du brise-glace John G. Diefenbaker étant donné que les capacités de production du chantier de Vancouver sont insuffisantes et que les coûts du projet grimpent en flèche. De 720 millions $ à 1,3 milliard $, selon des sources. Au début du mois d'avril, la Ville de Lévis a adopté une résolution demandant au fédéral de permettre à Davie de prendre la relève de Seaspan.

Occasion en or 

«Il ne doit plus faire aucun doute dans l'esprit du fédéral que Chantier Davie Canada a tout ce qu'il faut pour participer pleinement à la construction de navires de toutes catégories», affirme Gaétan Sergerie. «Il dispose d'une main-d'oeuvre qualifiée, de l'expertise nécessaire et des ressources technologiques.»

Pour Ann Gingras, «le gouvernement fédéral a une occasion en or de changer son approche et de traiter de manière équitable le chantier Davie, comme il l'a fait avec d'autres constructeurs au Canada».

Le 7 avril dernier, les dirigeants syndicaux ont eu un tête-à-tête avec le député de Lévis et ministre fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile, Steven Blaney.

«Au printemps 2014, il avait reconnu que Davie avait la capacité et l'expertise nécessaires pour répondre aux besoins en matière de construction de navires de qualité au pays», a rappelé Alain Lampron. «Il nous l'a reconfirmé lors de notre rencontre du 7 avril.»

Au cours des derniers mois, le chantier de Lévis a décroché des contrats pour prolonger la vie de certains navires de la flotte de la Garde côtière, dont 13,6 millions $ pour apporter une cure de rajeunissement au navire polyvalent NGCC Earl Grey. Ce n'est pas suffisant pour assurer le maintien et la pérennité de Davie, soutient la centrale syndicale en rappelant qu'Irving Shipbulding et Vancouver Shipyards avaient obtenu, en 2011, des contrats totalisant 30 milliards $ de la part d'Ottawa dans le cadre de la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale.

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