Le nouveau Plan Nord moins ambitieux que sa version initiale

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D'après Québec, les 17 projets miniers actuellement exploités sur le territoire de 1,2 million de kilomètres carrés couvert par le Plan Nord devraient engendrer des investissements de 22 milliards $, créer plus de 10 000 emplois au cours de la phase de construction en plus d'en générer 9730 pendant la période d'exploitation.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Confronté à un cycle baissier du prix des métaux, le gouvernement Couillard a dévoilé mercredi la nouvelle mouture de son Plan Nord, dont les cibles sont presque deux fois moins ambitieuses que sa version initiale, présentée il y a quatre ans.

Ainsi, d'ici 2035, Québec prévoit des investissements totaux de 50 milliards $. En contrepartie, le gouvernement Couillard devrait injecter près de 2,7 milliards $, une somme qui devrait surtout être destinée à l'amélioration des infrastructures au nord du 49e parallèle.

«Les marchés changent par définition, a reconnu le premier ministre Philippe Couillard, au cours d'une conférence de presse à laquelle participait une dizaine de ses ministres, à Montréal. C'est ce qui nous a amenés à être plus conservateurs dans nos prévisions d'investissement.»

La version du Plan Nord mise de l'avant en 2011 par le gouvernement libéral de Jean Charest faisait état de son côté de retombées de 80 milliards $ étalées sur une période de 25 ans en plus de l'ajout de quelque 20 000 emplois.

Québec a par ailleurs dévoilé son plan d'action pour les cinq premières années, soit jusqu'en 2020. Un montant de 1,3 milliard $ de fonds publics sera allongé afin de financer des projets d'infrastructures, comme la construction ou l'amélioration de routes et d'écoles.

«Nous allons investir dans les principales infrastructures routières existantes, a expliqué le premier ministre. On ne fera pas un éventail de routes vers le Nord. On va choisir ce qu'il faut entretenir et développer.»

Malgré la déprime des prix des métaux, M. Couillard a défendu la décision de son gouvernement, affirmant qu'elle visait à créer un climat «favorable aux investissements».

«Le déclic, c'est d'inviter les gens en leur disant qu'il y a un plan, a-t-il dit. Dans l'esprit des investisseurs que j'ai rencontrés à l'étranger, il n'y avait plus de plan depuis deux ans.»

Sur les 50 milliards $ d'investissement, une vingtaine de milliards devraient provenir d'Hydro-Québec, a indiqué M. Couillard. Les infrastructures devraient représenter 2 milliards $. Le reste devrait provenir du secteur minier.

D'après Québec, les 17 projets miniers actuellement exploités sur le territoire de 1,2 million de kilomètres carrés couvert par le Plan Nord devraient engendrer des investissements de 22 milliards $, créer plus de 10 000 emplois au cours de la phase de construction en plus d'en générer 9730 pendant la période d'exploitation.

Le document présenté par le gouvernement Couillard aborde également le dossier des communautés autochtones au nord du 49e parallèle, qui devraient recevoir de l'aide ainsi que des emplois générés par les projets.

Réactions

La version amincie du Plan Nord dévoilée mercredi par le gouvernement Couillard a somme toute été bien reçue par le milieu des affaires, mais les réactions ont été bien différentes du côté des partis d'opposition.

Parmi les engagements, l'investissement dans les infrastructures comme les routes et les écoles a particulièrement été bien reçu par la quasi-totalité des intervenants interrogés.

L'Association minière du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ont estimé que le Plan Nord envoyait un signal de stabilité aux investisseurs.

Même l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador a souligné que le dossier des routes était particulièrement important pour les différentes communautés autochtones de la province.

Son chef, Ghislain Picard, a toutefois hâte de voir si le gouvernement Couillard sera en mesure de respecter ses obligations de consultation avec les Autochtones en ce qui a trait au Plan Nord.

Le Parti québécois (PQ) a cependant déploré la façon de faire du gouvernement Couillard, affirmant qu'il n'y avait pas «d'argent neuf» pour le Plan Nord dans le plus récent budget déposé le mois dernier.

Son porte-parole en matière d'économie, d'entrepreneuriat, de PME et d'exportations, Pierre Karl Péladeau, a estimé que la stratégie déployée par Québec n'était pas une solution de relance économique à «court terme».

De son côté, Québec solidaire a qualifié «d'entreprise de relation publique» l'événement organisé par le gouvernement Couillard, puisque le Plan Nord était connu de tous depuis 2011.

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