Budget 2015-2016: petit guide en neuf points

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a rencontré... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a rencontré les médias mercredi et a tenu à montrer qu'il n'avait pas - austérité oblige - respecté la tradition d'acheter des souliers neufs.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La plupart des chiffres figurant dans ce texte sont tirés du budget 2014-2015 présenté en juin et du Point sur la situation économique et financière dévoilé en décembre.

> DES REVENUS DE PRÈS DE 100 MILLIARDS $

Les revenus de l'État québécois devraient totaliser 99,7 milliards $, apprendrons-nous aujourd'hui lors du dévoilement du budget 2015-2016 du gouvernement Couillard; 80,5 milliards $ proviendront de ses propres perceptions fiscales et 19,2 milliards $ de transferts fédéraux.

Selon ses prévisions, Québec recueillera 28,4 milliards $ grâce à l'impôt des particuliers. Les taxes à la consommation compteront pour 18,4 milliards $ de ce qu'il percevra. Environ 6,3 milliards $ viendront de l'impôt des sociétés.

L'enveloppe dévolue à la Santé et aux Services sociaux pour 2014-2015 s'est élevée à 32,4 milliards $.

Celle de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur a été de 17milliards $.

Les intérêts que le Québec paie sur sa dette devraient s'élever à 11milliards $ durant l'année qui vient.

> «L'EFFORT» EN CHIFFRES

Le 4 décembre, Philippe Couillard a soutenu que 81 % de l'effort pour parvenir au «déficit zéro» avait jusque-là été réalisé par le gouvernement lui-même; qu'une part de 11 % provenait de mesures fiscales touchant les entreprises, tandis que les contribuables n'avaient «pris en charge que 8 %».

Le premier ministre promettait alors ceci : «Le chemin qui reste à faire ne sera pas fait par les contribuables.»

En fin d'année dernière, le Parti québécois a évalué à 800 millions $ la hausse du fardeau fiscal depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux. Aujourd'hui, il la chiffre à près de 1 milliard $.

L'évaluation du chef caquiste François Legault s'élève à 1,4milliard $. Il englobe tout : la hausse des tarifs d'électricité, des taxes scolaires, des tarifs de garde pour enfants, des taxes d'assurance auto et des droits d'immatriculation.

En décembre, le ministre des Finances a déclaré que «près de 85 % des mesures nécessaires au retour à l'équilibre budgétaire» avaient été «identifiées» (bien que pas toutes annoncées). Il restait 1,1milliard $ à dénicher.

Pour mettre cette somme en perspective, notons que l'impact de la modulation du tarif des services de garde subventionnés sera d'environ 190 millions $ par année.

> ÉQUILIBRE ET SURPLUS

Le document Le point sur la situation économique et financière indique que le déficit pour l'année en cours, celle se terminant le 31mars, sera de 2,3 milliards $. Le «déficit zéro» sera au rendez-vous pour l'année financière débutant le 1er avril.

En décembre, le gouvernement prévoyait dégager des surplus budgétaires de 455 millions $ en 2017-2018.

> EFFETS À VENIR

Il y a quatre mois, Québec a annoncé quelque 600 millions $ en réduction de «dépenses fiscales» et «autres mesures relatives aux revenus» pour l'année financière commençant la semaine prochaine.

  • Le gouvernement a alors décidé de réduire de 20 % à 10 % le taux du crédit d'impôt pour les cotisations syndicales et professionnelles.
  • Il augmentera le droit d'immatriculation pour les véhicules munis de moteurs de forte cylindrée.
  • Le taux de taxe sur les primes d'assurance automobile grimpera de 5 % à 9 %, ce qui correspondra à 20 $ par an pour un véhicule de promenade.
  • Le gouvernement introduit des seuils de dépenses minimales pour les entreprises désireuses de bénéficier de crédits d'impôt en recherche et développement.
  • Il impose une surtaxe temporaire aux banques et aux institutions financières.

> LA MESURE DES DÉFIS

Le-s chiffres inscrits dans le budget 2014-2015 donnaient la mesure du défi. La croissance des dépenses de l'État s'était élevée à 4,2 % en 2013-2014. Pour l'année en cours, elle devait être réduite à 1,8 %, un chiffre corrigé à 2,1 % par la suite.

La croissance des dépenses doit être abaissée à 0,7 % pour l'année financière à venir, du jamais-vu!

Selon le budget de l'an dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux est appelé à contenir la croissance de ses coûts à 2,7 % en 2015-2016; le secteur de l'Éducation, à 1,9 %.

Il était alors prévu que tous les autres ministères réduisent carrément leurs dépenses de 1,5 % en 2015-2016. Ces mêmes prescriptions figureront-elles dans le budget présenté aujourd'hui par Carlos Leitão?

> DEUX AUTRES DONNÉES

En décembre, le ministère des Finances tablait sur une croissance économique de 1,9 % au Québec en 2015 (et de 2,5 % au Canada). 

La dette brute du Québec caracolera à 206 milliards $, ce qui correspondra à 55,1 % du PIB. Un sommet. Il est prévu que cette dette fonde un peu au cours des années suivantes.

> LES «NÉGOS»

Les salaires des quelque 540 000employés de l'État comptent pour près de 60 % des dépenses des programmes gouvernementaux.

Québec a programmé un gel salarial les deux premières années de leur prochain contrat de travail et une hausse de 1 % annuellement les trois suivantes. Il veut faire passer l'âge de leur retraite de 60à 62ans.

> LA MODULATION

Si le projet de loi 28 est adopté à temps, le tarif de garde à 7,30 $ par jour ne subsistera que pour les ménages ayant un revenu de moins de 50 000 $ par année à partir du 1er avril.

Il sera modulé à 8 $ par jour par enfant pour une famille gagnant 75000 $, à 11,41 $ pour celle ayant un revenu de 100 000 $ et à 14,41 $ pour celle touchant 120000 $. En tenant compte de la déduction fédérale, le coût réel pour un ménage gagnant 100000 $ ne sera pas de 11,41 $ par jour, mais de 9,09 $.

Les Québécois acquitteront cette contribution additionnelle lorsqu'ils produiront leur déclaration de revenus.

Lorsqu'il était au pouvoir, le Parti québécois entendait faire passer les tarifs de 7 $ à 9 $ par jour pour tous.

> LES DEUX COMMISSIONS

Lors de la présentation du budget 2014-2015, Québec avait annoncé la création de la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise et de la Commission de révision permanente des programmes. Celle sur la fiscalité devait générer 650millions $ d'économies en 2015-2016. L'autre devait en identifier pour 3,2 milliards $.

Le gouvernement Couillard a leurs recommandations en main. Il s'en est inspiré et continuera de s'en inspirer d'ici la fin de son mandat, sans nécessairement aller jusqu'à toutes les mettre en oeuvre.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer