Employés de l'État: les cotisations exploseront, prévient Coiteux

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux,... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, sent le besoin de défendre les offres gouvernementales faites aux plus de 500 000 salariés de l'État québécois.

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(Québec) Si rien n'est entrepris, la cotisation moyenne des employés des secteurs public et parapublic à leur régime de retraite grimpera à 4347 $ par année dès l'an prochain, indique le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, en entrevue avec Le Soleil. Il presse les syndicats «de reconnaître publiquement qu'il existe un réel problème».

La partie est corsée. Martin Coiteux sent le besoin de défendre les offres gouvernementales faites aux plus de 500 000 salariés de l'État québécois. Particulièrement, celles portant sur leur régime de retraite, dont il a moins parlé jusqu'ici. Sans le dire ouvertement, il s'adresse aux salariés eux-mêmes.

Ceux-ci ont vu leurs cotisations bondir au cours des dernières années, jusqu'à constituer «une ponction énorme» dans leurs revenus de travail, dit-il.

En 2004, un cotisant gagnant un salaire moyen payait 1843 $ par année afin de participer au financement du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics. L'an dernier, c'était 3650 $.

«En 2016, selon les taux qui devront s'appliquer pour assurer la santé adéquate du régime, ça sera 4347 $», observe le grand argentier de l'État.

Le régime de retraite des employés du gouvernement est financé moitié-moitié par les salariés et par l'État. En 1998-1999, la part des contribuables s'élevait à 649 millions $. En 2013-2014, à 2,1 milliards $.

Martin Coiteux fait valoir que «ce n'est pas parce que le partage est de 50-50 qu'il n'y a pas de problème». Il rappelle que «chaque année, avec l'allongement de l'espérance de vie, il y a de moins en moins de cotisants par rapport au nombre de retraités».

«Conséquemment, la cotisation continuerait d'augmenter» si rien n'était fait. «Ça deviendrait de plus en plus onéreux, à la fois pour les participants, les jeunes notamment, et pour les contribuables.»

Le ministre note que le régime est «très vulnérable», car il «dépend essentiellement des rendements des marchés financiers».

Il faut stabiliser les coûts, insiste-t-il. «On a devant nous un problème qu'on a l'occasion de résoudre ensemble aux tables de négociations. On veut le régler pour les

25 prochaines années.»

M. Coiteux estime que ses propositions permettraient «une petite baisse de cotisations pour les participants»; à tout le moins, qu'elles éviteraient une incessante spirale à la hausse.

De 60 à 62 ans

Les propositions du président du Conseil du trésor tablent sur un gel salarial les deux premières années du prochain contrat de travail de ses employés et sur des hausses de 1 % annuellement les trois suivantes.

Les organisations syndicales réclament 4,5 % par an pendant trois ans. Elles demandent le maintien des dispositions actuelles du régime de retraite de leurs membres.

Martin Coiteux veut faire passer l'âge de leur retraite de 60 à 62 ans. Et que leur rente soit calculée selon la moyenne du salaire de leurs huit meilleures années de travail et non plus des cinq. Enfin, que la pénalité applicable pour une prise de retraite anticipée passe de 4 % à 7,2 % par année.

Ulcérés, les syndicats fustigent des offres salariales qualifiées de «faméliques». Ils dénoncent le «pillage» du régime de retraite.

Inquiétudes

Martin Coiteux réitère que les modifications proposées au régime ne visent aucunement à convaincre le plus possible d'employés de prendre leur retraite hâtivement. Ce n'est pas l'objectif, assure-t-il.

Il ajoute que les offres n'ont absolument rien à voir avec le plan de mises à la retraite du gouvernement de Lucien Bouchard à la fin des années 90, lequel s'appuyait sur de réelles mesures incitatives financières.

N'empêche que des syndiqués téléphonent à la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances parce qu'ils craignent que les mesures envisagées par le gouvernement de Philippe Couillard deviennent réalité.

Martin Coiteux le sait. Mais il ne redoute ni hémorragie ni déséquilibre dans la grande fonction publique québécoise. «Il est possible qu'il y ait quelques personnes, déjà sur le point de prendre leur retraite, qui décident de devancer leur départ. Maintenant, ce sera compensé» par le fait que les autres resteront plus longtemps à l'emploi de l'État, dit-il. Et par les embauches qui seront autorisées.

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